Test de jeu / Xbox 360 / Top Spin 4

Les jeux de tennis, aussi populaires soient-ils, ne sortent toutefois pas en si grand nombre que cela, et à ce titre peu de séries existent à ce jour. Si au début régnait sans aucun doute la série des Virtua Tennis de SEGA, l’arrivée de Top Spin premier du nom sur la Xbox venait chambouler cet état de fait. Se voulant plus axé simulation, ce dernier avait rencontré un franc succès auprès de la communauté des joueurs. Après deux opus un peu décevants sans pour autant être dénués de qualités, voilà que débarque enfin le quatrième épisode de la série. Serait-ce enfin la simulation ultime de tennis dont les joueurs rêvent tant ? Ca se pourrait bien… Explications.Un gameplay aux petits oignonsAprès un Top Spin 3 plutôt complexe et ne visant finalement que les plus patients et exigeants, les petits gars de chez 2K Czech se sont retroussés les manches pour nous pondre une quatrième itération qui puisse répondre aux besoins et attentes de tous, que cela soit les joueurs occasionnels ou les puristes. Cette fois, il semblerait que ces derniers soient enfin parvenus à trouver un gameplay ajusté à la perfection. En effet, lorsque l’on se surprend à enchaîner les matchs alors que l’on se lassait plutôt rapidement sur les premiers opus, on est en droit de penser que ça y est, peut-être que la fameuse solution miracle a été découverte.
Ici, fini les combinaisons de touches compliquées et les coups risqués, place désormais au timing. Toute la philosophie de ce quatrième épisode est basée là-dessus. Pour cela, on dénote deux types de coups principaux : les coups puissants et les coups précis. Les effets du genre lift, lobs et slice sont évidemment toujours de la partie, mais agiront toujours sous le coup du timing. Les coups puissants devront être chargés au préalable en restant appuyé sur le bouton, pour ensuite le relâcher pour envoyer la balle de l’autre côté le plus fort possible. Il faudra donc de ne pas relâcher la touche trop tôt, sous peine de sortir un coup dont la puissance s’avérera si ridicule qu’il s’agira régulièrement de punition derrière. Dans le cas où l’on relâcherait trop tard la touche, la balle sortira du court ce qui nous amènera donc à la faute.

L’autre catégorie de coups existante sont les coups précis : ici point besoin de charger au préalable celui-ci, une simple pression rapide fera l’affaire. Cela permet de jouer la balle très rapidement (le fait de charger un coup donne la plupart du temps le moyen à l’adversaire de se repositionner) mais également de l’envoyer flirter avec les lignes, ce qui s’avère souvent très pratique lorsque notre adversaire s’amuse à nous faire courir d’un côté à l’autre du court. Mais une fois encore, la notion de timing est toujours présente, et il s’agit cette fois d’appuyer sur la touche au moment opportun pour un maximum d’efficacité. Une arme très efficace contre les joueurs qui se contentent de bourriner.
Pour le reste, plusieurs choses sont à prendre en compte, comme la fatigue des joueurs représentée par une jauge qui diminuera plus ou moins rapidement selon les échanges. Par exemple, s’ils sont longs et physiques, il faut se préparer à souffrir lors du prochain point. On peut également dénoter une inertie des joueurs plus lourde que par le passé, ce qui aura pour conséquence de se faire prendre plusieurs fois par des contre-pieds dévastateurs. A nous donc d’anticiper comme il se doit les réactions de l’adversaire, en analysant le jeu de celui-ci. Car oui, la notion de stratégie dans Top Spin 4 est réellement présente, et si l’on ne prend pas en compte le type de jeu de notre adversaire, c’est souvent synonyme de défaite. Pour donner une idée, si notre adversaire est du type service/volée, il sera de bon augure de préparer des passings bien choisis, de jouer long et bien sûr de se positionner en fond de court.

Et c’est donc là qu’intervient une autre des principales nouveautés de ce Top Spin 4, les points de compétences ne sont désormais plus attribués par catégorie de coups, mais sont dorénavant fournis sous forme de « packs ». Il existe ainsi trois types de packs bien distincts : service/volée, défense de fond de court et enfin attaque de fond de court. On peut upgrader notre avatar jusqu’au niveau 20 maximum, donc à nous de voir quel type de jeu nous voulons approfondir. Pour augmenter son niveau il faut au préalable gagner de l’EXP sur le terrain, en réalisant de bonnes performances évidemment. D’ailleurs, il est possible d’en gagner quel que soit le mode de jeu choisi : Carrière, Roi du court, Académie Top Spin, Exhibition pour ce qui est du solo ; Circuit Mondial pour le jeu en ligne. Nous reviendrons sur cette partie un peu plus tard dans ce test.Un contenu conséquentEn solo, le gros du morceau provient évidemment toujours du mode Carrière, un peu plus étoffé que par le passé. Ici, il s’agit de suivre l’évolution de notre personnage que l’on a créé de toutes pièce à l’aide d’outils plus ou moins élaborés (le résultat dépendra du temps que vous passerez dessus) sur plusieurs saisons. Chaque mois, il sera possible de participer à une session d’entraînement (contre un partenaire ou lors d’un évènement spécial) et un tournoi (mineur, majeur, Masters ou Grand Chelem). Pour toujours plus de plaisir, il est possible de déterminer les règles des matchs et la difficulté de l’IA, pour une fois très coriace à partir du niveau difficile/pro. Il ne sera pas rare de se battre comme un forcené pour ne serait-ce que décrocher un point tant l’IA s’avère efficace et parvient régulièrement à nous surprendre, pour notre plus grand plaisir.

On pourra cependant regretter le peu de joueurs dans cette carrière, car en effet il ne sera pas rare de croiser régulièrement les mêmes têtes. Ce ne sera d’ailleurs pas le seul problème lié à cette carrière : majorité de courts et évènements proviendront du troisième opus, sans noter d’améliorations visibles la plupart du temps, ce qui est un peu dommage. D’autant plus que le jeu ne dispose pas de toutes les licences des tournois, dont Wimbledon par exemple qui est aux abonnés absents. Toutefois le contenu reste plutôt étoffé, et le gameplay aux petits oignons permet d’oublier ce détail pas si gênant que ça finalement.
En ce qui concerne les autres modes solos (jouable jusqu’à quatre en local toutefois), cela reste assez classique avec le mode Exhibition qui permet de prendre le contrôle de quelques stars du tennis (Nadal et Federer sont aussi terribles qu’en réalité) même si l’on peut regretter le relatif faible nombre de protagonistes, une trentaine tout au plus. Le mode Roi du court permet quant à lui de s’affronter à tour de rôle, le gagnant restant sur le terrain et les autres joueurs devant le détrôner pour prendre sa place. Très sympa à plusieurs. Quand à l’Académie Top Spin, elle s’avère très utile notamment au niveau des conseils prodigués par notre entraîneur, ainsi qu’aux exercices qui permettent de maîtriser des coups pas forcément évidents à sortir (mention spéciale aux amortis).

Pour ce qui est des modes en ligne, le mode Circuit Mondial est certainement le plus intéressant des deux, puisqu’il nous permet de faire progresser notre personnage du mode Carrière dans un mode en ligne extrêmement bien fichu. Il est toutefois préférable avant de démarrer que notre personnage soit déjà au niveau 20, sous peine de se prendre raclée sur raclée. Le but du jeu est simple, sur des saisons d’une durée d’une semaine (chaque saison est réinitialisée le lundi dans la nuit), il s’agit de monter tout en haut du classement. Pour cela, il est possible pour le joueur de participer au maximum à sept tournois virtuels : quatre tournois majeurs en deux tours, deux Masters en trois tours et un Grand Chelem en quatre tours. Plus le tournoi est prestigieux, et meilleure est notre performance dans celui-ci, plus le nombre de points attribué est conséquent. Il faut donc bien veiller à ne pas attaquer directement par un tournoi prestigieux si l’on ne s’est pas bien préparé auparavant. Pour cela il est toujours possible de faire des matchs rapides, mais qui font gagner beaucoup moins de points. A la fin de la saison, le premier du classement est désigné comme grand vainqueur. Le plus agréable dans tout ceci provient du fait que les bourrins très présents sur le troisième opus sont ici beaucoup moins représentés en raison de la nouvelle orientation du gameplay, qui fait littéralement des merveilles. De plus, le lag est quasiment absent, ce qui donne lieu parfois à des matchs de toute beauté. Un vrai plaisir.

Le mode 2K Open quant à lui permet de faire monter notre star préférée au plus haut rang en gagnant le plus de matchs possibles pour lui faire glaner des points. A la fin de la saison (le système est le même que celui du circuit mondial), la star en première position se voit déclarée victorieuse. Malheureusement, on remarque que c’est régulièrement Nadal (pour ne pas dire tout le temps) qui fait office de tête d’affiche… Au moins, ça colle à la réalité. Que cela soit en réel ou virtuel, le numéro 1 mondial fait toujours des ravages.RéalisationSi tout ceci paraît bien joli, Top Spin 4 à toutefois quelques défauts comme par exemple des graphismes qui n’ont pas ou peu évolués depuis l’opus précédent. En effet, la modélisation de certaines stars n’est pas des plus réussies, et les courts n’ont pas subit d’améliorations notables depuis la version précédente. On peut également citer les temps de chargement très fréquents et assez longs, ce qui aura tendance à taper sur les nerfs à la longue.

L’ambiance sonore est en revanche assez bonne, avec un public qui réagit progressivement lors d’un échange long et spectaculaire. Les animations ne sont pas en reste également puisque l’on arrive bien à reconnaître les petits détails qui différencient un joueur de l’autre. Le service de Nadal par exemple, ou son attitude de victoire avec son poing et genou levés sont extrêmement bien représentés, ce qui pourra même s’avérer troublant par moment, le joueur ayant vraiment l’impression d’assister à un vrai match. Bref, une belle réussite.
• Un gameplay exigeant mais pas inaccessible
• Un mode online enfin digne de ce nom
• Du fun à l'état pur
• Pas beaucoup d'évolution graphique
• Chargements fréquents et plutôt longs
• Inertie des joueurs assez lourde
Verdict
Ce Top Spin nouveau est sans conteste le plus réussi de la série et surclasse d'ailleurs toutes les autres simulations de tennis. En raison d'un gameplay exigeant sans pour autant être inaccessible aux non-initiés, Top Spin 4 parvient à nous transcender lors des matchs, avec des points plus spectaculaires les uns que les autres tout en restant réalistes, sans aller dans la surenchère comme dans un Virtua Tennis par exemple. Les modes de jeu, aussi bien hors ligne qu'en ligne, ont bénéficié d'un soin tout particulier et se révèlent très intéressants même sur la longueur. La partie technique s'avère être le seul point noir qui pourtant ne pèse pas bien lourd dans la balance, le tout étant facilement corrigeable pour une éventuelle cinquième itération. C'est désormais officiel, FIFA est au foot ce que Top Spin est au tennis : une référence.
La Ligue XBF

Graphismes
7 / 10Ils n'ont pas ou peu évolués depuis l'opus précédent, on retrouve les mêmes courts et la modélisation des personnages reste inchangée. Les animations des joueurs en revanche sont bluffantes de réalisme.
Jouabilité
9 / 10Le tout se révèle particulièrement instinctif, et l'on se surprendra au fil des matchs à tenter de nouvelles choses qu'on se pensait incapable de produire. Seule l'inertie lourde des joueurs peut parfois s'avérer frustrante.
Son
8 / 10L'ambiance sonore lors des matchs est satisfaisante, avec un public qui réagit en fonction des échanges. Pour le reste, la musique des menus fait correctement son boulot. Pas grand-chose à signaler donc.
Durée de vie
10 / 10Finir le mode carrière demande un sacré bout de temps, mais pour peu que vous accrochiez au jeu en ligne, la durée de vie devient alors quasi infinie. On revient également très facilement dessus le temps d'une partie entre amis.
Fun
9 / 10Les passionnés de tennis y trouveront leur compte, avec une retranscription quasi parfaite de ce sport. Le gameplay bien équilibré permet d'affronter n'importe quel type de joueur pour peu que l'on ait une certaine notion de stratégie. Un must-have.