
The Saboteur
publié le 3 décembre 2009- Etat : Disponible
- Développeur :Pandemic Studios
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Guerre
- Genre :Infiltration
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
- 03/12/2009
- 03/12/2009
- inconnue
Développé par un studio qui n’existe déjà plus (!), The Saboteur nous transporte en pleine Seconde Guerre Mondiale. Une fois n’est pas coutume le voyage ne s’effectuera pas sous forme de FPS, mais bel et bien à bord d’un GTA-like ! Les développeurs de chez feu Pandemic signent ici un titre de qualité, leur permettant (façon de parler), de sortir par la grande porte. Test complet.
L’originalité. Voilà certainement ce qui défini le mieux The Saboteur. Non pas dans la forme : au final, ce n’est qu’un GTA-like de plus ; mais dans le fond : un background inédit très bien exploité, une ambiance unique et parfaitement rythmée, un scénario entraînant et une bande sonore au top. On regrettera logiquement qu’EA ait décidé de se séparer de ces personnes de talent, qui composaient jusqu’à encore il y a peu de temps les studios Pandemic. Une décision qui reste pour le moins incomprise, mais qui forcément nécessite ces quelques lignes, ne serait-ce que pour alimenter l’éternelle polémique. Quoi qu’il en soit et au risque de gâcher le suspense, j’annonce haut et fort que The Saboteur tient sa place dans la ludothèque de tout bon joueur Français, sain et bien portant, qui est un tantinet fier de sa nation ! Car même si le combat pour la liberté n’est pas l’objet principal du soft, ce dernier représente à lui seul un hommage à celles et ceux qui se sont battus pour notre pays. Discours salvateur certes, mais Dieu que c’est fun de tout faire exploser et d’envoyer des nazis outre-tombe !

Sean Devlin, protagoniste au centre de cette affaire, est un Irlandais mécanicien de formation. Rien ne le présageait à venir s’exiler en France, et encore moins à rejoindre les rangs de la Résistance pour combattre l’envahisseur ! Pourtant, suite à un concours de circonstances, ce dernier n’a pas le choix et doit fuir pour sauver sa vie. Il emmène avec lui Véronique et Vittorio, deux amis qui deviendront des personnages clés du scénario. L’élément déclencheur, faisant de notre héros un héros au sens propre du terme, se situe dans son passé plus ou moins récent. Son nom : Jules, un frère de cœur qui a été assassiné par un général nazi. C’est ce dernier que Sean va poursuivre tout au long de l’histoire, afin de mener sa propre guerre, ayant pour seule motivation la vengeance. Il va donc se servir de la Résistance et de ses moyens pour retrouver cet homme. Bien entendu, la cause qu’il défend est intimement liée avec celle des français et, au final, elle deviendra sienne tout autant.
C’est donc un Sean bourrin que l’on retrouve au tout début de l’aventure, n’ayant que ses bâtons de dynamite comme seules et uniques armes. Huit en tout, que l’on pourra choisir de poser où bon nous semble, afin de faire le plus de dégâts possibles ou simplement pour éliminer une cible en particulier. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que des cibles, il y en a un paquet ! Aussi appelées missions libres, ces dernières sont éparpillées aux quatre coins de la carte, formant un nuage de petits losanges gris lorsque l’on porte le zoom au plus éloigné. Pas loin de 500, elles représentent en réalité des signes de l’occupation nazie. Tanks, postes de garde, miradors, autant de symboles qui contribueront à diffuser la propagande aryenne dans les rues de Paris et de sa région. Bien vite, Sean débloquera d’autres armes (qu’il pourra se procurer contre de la monnaie de contrebande) auprès de revendeurs pas très clairs. Des compétences acquises avec l’expérience de ces actes lui permettront également de devenir meilleur dans certains domaines. Par exemple, tuez 15 nazis avec un fusil à lunettes pour obtenir une médaille de bronze en Visée, et votre tremblement se verra diminué lorsque vous tenez quelqu’un en joue avec votre arme ; atteignez l’argent et le recul après un tir disparaîtra. Ces compétences viendront renouveler sans cesse le gameplay et vous encourageront à utiliser telle ou telle arme, telle ou telle technique ou un mode de transport en particulier (l’exemple qui me vient à l’esprit et qui s’en rapproche le plus est certainement celui des Défis dans le mode multijoueur de Call of Duty).

The Saboteur rempli parfaitement son rôle de GTA-like. La ville de Paris et ses environs représenteront pour vous un terrain de jeu des plus vastes, aux environnements variés et surtout aux ambiances changeantes. Car comme nous l’avons expliqué dans notre preview complète et dans notre dossier spécial consacrés au titre, les quartiers de la ville seront amenés à changer de couleur ! Libérez une partie de Paris de la vermine nazie et elle retrouvera son atmosphère vivante et colorée. L’effet de style qui se dégage ainsi du jeu est à la fois intrigant et très immersif, les seuls éléments conservant leur coloris étant les emblèmes nazis, le sang ou d’autres détails que les développeurs auront voulu mettre en avant. Côté technique, le moteur de jeu utilisé est au départ celui de Mercenaries 2, revu et amélioré pour l’occasion. Le résultat n’est pas criant de réalisme, mais suffit à nous plonger dans le Paris des années 1940 avec brio. Couplez ces détails aux petits divertissements décrits plus haut et à ceux dont j’ai volontairement fait l’impasse et vous obtiendrez autant de bonnes (ou mauvaises) raisons qui vous pousseront à mettre les missions scénario de The Saboteur de côté !
L’aspect scénario, parlons-en justement. A nouveau comme dans un GTA, les missions qui vous sont proposées par des PNJ apparaissent en gros sur la carte, symbolisées par des lettres désignant votre contact (de couleur dorée pour les missions « scénario »). Ces dernières vont du sabotage de base (faire exploser un véhicule nazi), à l’attentat orchestré minutieusement (assassinat d’un haut-gradé avec un fusil sniper), en passant par des objectifs à chaque fois plus ou moins classiques, comme libérer un prisonnier ou infiltrer un poste de garde pour recueillir des informations. En mode infiltration, subtiliser un uniforme ennemi sera une nécessité pour ne pas alerter les gardes, qui se comporteront de la même manière que dans un Hitman ou dans un Assassin’s Creed. Marchez lentement pour ne pas attirer l’attention ; courrez ou escaladez un bâtiment et l’alarme sera aussitôt déclenché. Quelque soit votre tempérament, vous aurez systématiquement la possibilité d’effectuer votre boulot de la manière douce ou de la manière forte. Une fois la mission accomplie, il faudra échapper aux nazis (si toutefois vous avez été démasqué) en sortant d’un périmètre rouge dessiné sur la carte. Encore une fois classique, mais toujours aussi efficace. Notez que le scénario vous conduira aux quatre coins de la map et prendra rapidement de l’ampleur. Comptez ainsi une quinzaine d’heures pour en venir à bout, aussi je vous conseillerais de prendre votre temps et de varier les plaisirs en effectuant de temps à autres quelques missions annexes et des missions dites libres.

Vos phases d’exploration seront très largement facilitées par le physique de notre Irlandais, qui sera capable d’escalader n’importe quel bâtiment ! Les toits de Paris n’auront ainsi plus de secret pour vous, ce qui vous assurera une issue de secours permanente et des raccourcis par dizaines. Attention tout même à ne pas trop chauffer les soldats ennemis, car ces derniers se montrent très vite agressifs et surtout tenaces une fois l’alarme déclenché. Il ne sera ainsi pas rare d’observer quelques baisses de framerate lorsque de nombreux éléments s’afficheront sur l’écran, comme par exemple lors d’une course-poursuite en voiture. Rien de quoi gâcher l’expérience de jeu fort heureusement, qui se retrouve largement améliorée grâce à la bande son du titre, qui reste véritablement l’un de ses points forts. Que ce soit au niveau musical qu’au niveau des doublages, la qualité est omniprésente. France oblige, de nombreux titres et passages des dialogues sont en Français : des morceaux typiquement milieu du vingtième siècle qui collent parfaitement au cadre général ; des discussions extrêmement variées qui une fois passées en VO regorgent de clins d’œil à notre patrie. Bref, le tout contribue très largement à nous immerger dans le Paris de la Seconde Guerre, tout en nous procurant une dose de fun des plus satisfaisantes.
• Un jeu en France !
• Les effets visuels : couleur et nuances de gris
• La durée de vie et l'expérience de jeu
• De rares chutes de framerate
• Pas très beau
Verdict
The Saboteur s'impose comme étant l'une des expériences vidéoludiques de l'année. Avec son gameplay évolutif, son cadre inédit et surtout son ambiance unique, il séduira tout amateur de GTA et viendra compléter aisément de nombreux emplacements vides sous vos sapins de Noël. Pandemic Studios réalise ici un dernier projet original, mêlant oppression et combat pour la liberté tout en sachant garder une touche d'humour à l'Hollywoodienne. Assurément l'une des surprises de cette fin d'année 2009.

Graphismes
7 / 10Loin de la performance d'un GTA, The Saboteur reste néanmoins agréable à regarder, en partie grâce à ses effets visuels mélangeant couleurs et nuances de gris. Quelques chutes de framerate sont à signaler, mais survenant dans de rares circonstances.
Jouabilité
8 / 10Simple mais efficace, The Saboteur réussit à proposer une évolution dans sa jouabilité. Des compétences se débloquent au fur et à mesure de votre progression, vous évitant ainsi une lassitude prématurée. Idem pour les missions, tout aussi diversifiées.
Son
9 / 10Les doublages sont très convaincants, contribuant largement à nous immerger dans l'ambiance du Paris des années 1940. Les musiques quant à elles collent parfaitement au contexte, le tout regorgeant de clins d'œil à destination de nous autres Français.
Durée de vie
9 / 10Le jeu est entièrement solo, mais la tonne de choses à faire qui vous attend vous occupera durant un bon paquet d'heures ! Pour le scénario à lui seul, comptez une quinzaine d'heures. Pour le reste, ce chiffre peut facilement être triplé !
Fun
8 / 10Déambuler dans les rues d'un Paris de la Seconde Guerre au rythme d'un air pour une fois chanté en Français, saboter les plans des nazis et découvrir ce qui attend Sean dans sa prochaine mission est une expérience qu'il serait bête de rater !