Débarqué en mars 2006, quelques mois à peine après la sortie de la Xbox 360, The Elder's Scrolls IV : Oblivion s'est rapidement et pour longtemps imposé comme l'un des meilleurs jeux de rôle disponibles sur consoles. Cinq ans après, la relève est enfin là avec un cinquième opus, Skyrim, bien décidé à frapper à nouveau un très grand coup. Pari réussi pour Bethesda ?Le Retour du RoiOblivion, voilà un nom que les nombreux amateurs de RPG à l'occidental ont toujours sur le bout de leurs lèvres, plus de cinq ans après la sortie du jeu sur la machine de Microsoft. Il faut dire que les développeurs de Bethesda Softworks ont frappé un grand coup en offrant une expérience incroyablement immersive et d'une richesse inégalable. S'embarquer dans les événements d'Oblivion pouvait monopoliser facilement plus d'une centaine d'heures de votre temps, voire beaucoup plus pour les plus acharnés. L'annonce d'une suite à ce monument du RPG après la parenthèse Fallout a suffi à ranimer la flamme des rôlistes, persuadés de tenir là le dernier grand jeu du genre sur cette génération de machines. Après de nombreuses heures passées à arpenter les terres de Bordeciel, le constat est sans appel : la console de Microsoft tient bien là l'un des jeux majeurs de sa ludothèque, même si l'on regrette un aspect technique légèrement en retrait. Explications !

A l'instar d'Oblivion, qui vous glissait dès les premières secondes du jeu dans la peau d'un prisonnier, Skyrim vous place dans celle d'un condamné à mort conduit à la petite bourgade d'Helgen pour être exécuté. Alors que le bourreau s'apprête à réduire au silence vos compagnons d'infortune, un énorme dragon surgit et met très rapidement à feu et à sang la cité. Profitant de la pagaille semant le trouble parmi les gardes, vous en profitez pour vous faire la belle, bien aidé par l'un de vos camarades. C'est une certitude, ces premiers instants dans l'univers de Skyrim ne perturberont pas les inconditionnels d'Oblivion, avec une introduction linéaire d'une bonne trentaine de minutes, indispensable pour faire connaissance avec le gameplay avant d'être livré à soi-même dans un univers vaste regorgeant de dangers. Car oui, si vous avez la vie sauve, vous apprendrez très vite que votre monde court à sa perte depuis l'assassinat du haut roi de Tamriel et les nombreuses alliances qui se dessinent autour des nombreux prétendants au trône. Comme si un malheur ne suffisait plus, les dragons, oubliés de toute la province de Bordeciel depuis des siècles, refont leur apparition, semant la mort et la destruction partout où ils passent. Un seul être semble capable de sauver l'empire, celui dont parlent les prophéties : l'enfant de dragon, un héros possédant le pouvoir de la voix, le seul capable d'affronter et de venir à bout des dragons. Vous vous en doutez : ce héros, c'est vous !

Cependant, avant de vous lancer corps et âme dans l'aventure, une petite séance de personnalisation s'impose. Du sexe de votre héros à son apparence physique en passant par sa race, vous pourrez laisser libre court à votre imagination, même si le rendu final se montre légèrement décevant. Si la modélisation des personnages a fait de gros progrès depuis Oblivion, force est de constater qu'elle reste dans Skyrim en retrait, surtout en comparaison de ce que propose la concurrence. Mais ne nous arrêtons pas à ce genre de détails et concentrons nous plutôt sur les innombrables qualités du jeu. Si l'apparence physique est purement esthétique, le choix de la race est en revanche plus important en déterminant les caractéristiques du personnage. Du guerrier habile au corps à corps à l'elfe maitrisant l'arc en passant par les voleurs ou encore les mages, les habitués d'Oblivion navigueront en terrain connu. Cependant que l'on se rassure, le choix de la race n'est pas une fin en soit puisqu'il sera possible de le personnaliser à sa convenance au cours de l'aventure. Oui, vous avez bien lu : les développeurs ont quelque peu simplifié la personnalisation des personnages et surtout enlevé certaines barrières dans leur évolution. Désormais, le joueur est totalement libre de mettre sur pieds le héros de son choix, aucune limite ne venant entacher sa progression. De même, le gain de niveau ne se fait toujours pas comme dans n'importe quel RPG, à savoir en combattant et résolvant des quêtes, mais tout simplement en maitrisant les nombreuses compétences à disposition. Si dans Oblivion, seules les plus importantes permettaient un gain de niveau, toutes les compétences de Skyrim permettent l'évolution. Au final, la liberté est accrue et permet de totalement changer le style de son personnage en cours de jeu, sans avoir à recommencer une partie. Cette liberté est certes appréciable mais mettre sur pied un personnage totalement équilibré pourra se montrer préjudiciable face à certains monstres. L'on ne peut donc que vous conseiller d'essayer de personnaliser un minimum votre héros pour ne pas éprouver de trop grosses difficultés. Signalons toutefois qu'il est possible de changer la difficulté du jeu à tout moment, même en plein combat ! Difficile dans de telles circonstances de ne pas progresser au sein du jeu !

La refonte du système d'évolution des personnages n'est pas terminée puisque désormais, à chaque changement de niveau, il vous faudra déterminer la jauge que vous souhaitez voir progresser entre la magie, indispensable pour jeter des sorts ; la santé et la vigueur, utilisée pour frapper ; ou encore sprinter. Enfin, à chaque niveau, vous gagnez également un point de compétence permettant de perfectionner l'aspect de votre choix. Après avoir sélectionné la constellation que l'on souhaite voir évoluer, correspondant aux différentes compétences telles l'archerie, l'armure lourde/légère, le combat à une ou deux mains ou encore le crochetage, on peut débloquer de nouvelles caractéristiques, en fonction du niveau de la dite compétence, perfectionnant par exemple la capacité de crocheter certaines serrures ou augmentant au contraire les chances de réaliser des coups puissants plus dévastateurs. Le système d'évolution se révèle au final très riche, complet et assimilable très rapidement.

Si les développeurs ont revu la gestion de l'expérience, ils en ont également profité pour revoir l'interface du jeu, sans doute l'un des aspects les plus critiquables de cette nouvelle production puisque se contentant de vulgaires listes où il devient parfois difficile de s'y retrouver, surtout en cas d'inventaire assez surchargé. Pourtant, l'accessibilité est à nouveau mise en avant avec un menu simplifié qui s'articule autour de quatre sous menus principaux : les compétences, les objets, la magie et la carte. Signalons à ce propos que cette dernière n'est pas non plus un modèle du genre avec une navigation peu précise et un zoom manquant de puissance. Inutile de s'attarder davantage sur ces quelques déceptions tant les qualités foisonnent !

Tout d'abord, et à l'instar d'Oblivion, on est agréablement surpris par la richesse de l'univers proposé. La carte est vaste et regorge d'activités en tout genre. Si la quête principale a le mérite de nous tenir en haleine entre 30 et 40 heures, se contenter de la suivre bêtement vous ferait passer à côté de dizaines d'heures de plaisir supplémentaires. C'est bien simple : chaque conversation est un prétexte pour vous donner une nouvelle quête. Les PNJ n'hésitent pas à requérir vos services pour récupérer un précieux objet volé ou au contraire liquider un ennemi un peu trop encombrant. A cette multitude de quêtes s'ajoutent bien évidemment les guildes, que l'on découvre dans les villes principales et qui offrent des dizaines de quêtes supplémentaires. Arpenter en long, en large et en travers le monde de Bordeciel se comptera en centaines d'heures de jeu, d'autant plus qu'un système inédit permet de générer de nouvelles missions secondaires, histoire de continuer à explorer le monde, même après avoir terminé la quête principale. Si les quêtes sont primordiales pour progresser, vous pourrez également vous adonner à quelques activités annexes comme la confection de potions, la cuisine ou encore la création d'armes et armures (la création des sorts de magie a en revanche été abandonnée). Bref, le gameplay se montre si riche que l'on se sent parfois perdu, tiraillé entre les dizaines de quêtes qui s'accumulent et l'envie de faire progresser son personnage en mettant sur pieds un équipement de qualité.

Si le gameplay n'a pas perdu de son efficacité, la jouabilité se montre elle aussi à la hauteur en reprenant les ingrédients d'Oblivion et en y saupoudrant un soupçon de réalisme supplémentaire, notamment au niveau de la gestion des mains. Il vous fait en effet apprendre à gérer vos deux mains en choisissant l'équipement adéquat, comme par exemple une épée dans la droite et un bouclier ou un sort magique dans l'autre. En revanche, si vous optez pour une arme à deux mains, il vous sera tout simplement impossible d'utiliser la magie ou encore de vous protéger avec un bouclier. Heureusement, un système de favoris permet d'accéder rapidement à son meilleur équipement d'une simple pression sur la croix directionnelle. Pour le reste, l'interface est assez classique avec la touche A utilisée pour effectuer les actions, X pour dégainer ou ranger son arme, Y pour sauter et B pour entrer dans les menus. La touche LB permet de sprinter tandis que RB permet d'utiliser les cris, sorte de pouvoirs magiques que l'on débloque en affrontant les dragons. La vue subjective, plus immersive, est bien évidemment conseillée, bien qu'il soit possible de passer en vue à la troisième personne d'une simple pression sur le stick droit, surtout pour ressentir la puissance des coups lors des combats. Ces derniers sont d'ailleurs plus réussis que dans Oblivion avec une puissance mieux restituée et mise en scène lors des coups puissants. En revanche, l'on n'échappe pas aux traditionnels bugs qui voient le personnage rester coincé dans le décor alors que rien ne semble se dresser face à lui ou encore certains ennemis traverser des environnements de façon surprenante (avez-vous déjà vu un mammouth escalader les montagnes et rester immobile les deux pattes en avant dans le vide?).

Inattaquable en terme de contenu et de jouabilité, et ce en dépit du dernier paragraphe, le jeu l'est un peu plus sur le plan technique. La présence des bugs, déjà évoquée, est certes regrettable, tout comme l'aspect technique clairement en retrait. L'animation a fait des progrès mais reste encore perfectible avec des personnages à l'allure robotique et aux animations parfois hachées. La fluidité est en revanche en nette progrès avec des ralentissements peu fréquents. Dommage que les temps de chargement ne soient pas mieux optimisés, gâchant un peu l'immersion en coupant le rythme de la progression dès lors que l'on change d'environnement. Enfin, terminons ce chapitre sur les performances techniques en touchant quelques mots sur le clipping particulièrement prononcé en extérieur et surtout l'utilisation de textures en basse résolution très peu agréables à voir, surtout en gros plan.

Perfectible sur le plan technique, le jeu est en revanche une franche réussite sur le plan artistique. Le style nordique choisi pour cette nouvelle aventure est une pure merveille, offrant des paysages d'une richesse ahurissante. Très vaste, la carte offre une diversité bienvenue, des montagnes enneigées aux plaines plus verdoyantes, traversées de légers cours d'eau ou au contraire de rivières déchaînées. L'architecture n'est pas en reste avec des villes parfaitement modélisées et surtout variées, chacune d'elles offrant une diversité visuelle grandement appréciable. En dépit du clipping, on reste également ébahi devant la profondeur de champ du moteur graphique et la richesse des paysages. On apprécie également la diversité de la flore, mais aussi la présence de la faune, lapins, renards ou autres cerfs n'hésitant pas à s'enfuir à votre approche, conférant un sentiment de vie bienvenu à ce vaste univers. Sur le plan sonore, les développeurs ont également fourni un travail de titans en soignant plus particulièrement les musiques, d'une qualité remarquable, berçant à merveille chacun de vos pas. Les bruitages ne sont pas en reste et brillent par leur diversité tandis que l'on appréciera globalement le travail des doubleurs français, d'une manière générale d'excellente qualité. On signalera toutefois la présence de bugs sonores heureusement peu fréquents !
test écrit par Olivier
Graphismes
8 / 10Difficile de ne pas être impressionné par les qualités esthétiques de Skyrim, offrant un monde vaste et cohérent d'une grande richesse visuelle et ce en dépit d'une technique loin d'être irréprochable.
Jouabilité
8 / 10La prise en main est instinctive et le " nouveau " gameplay d'une grande richesse. Seule l'interface se révèle perfectible mais finalement non pénalisante dans la progression.
Son
9 / 10Les musiques du jeu frôlent la perfection, tout comme les bruitages, d'une grande richesse, et les doublages français assez convaincants. Dommage qu'il subsiste quelques bugs.
Durée de vie
10 / 10Rares sont les jeux à pouvoir tenir en haleine plus d'une centaine d'heures sans que l'on éprouve la moindre lassitude !
Fun
9 / 10Difficile de ne pas être happé par cette nouvelle aventure, prenante et immersive, offrant une totale liberté de mouvements. Impressionnant !