Test de jeu / Xbox 360 / Superstars V8 Racing

- publié le 24 juillet 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :25/06/2009
- Développeur :Milestone
- Distributeur :Codemasters
- Thème :Automobile
- Genre :Simulation
Après avoir réussi à percer dans le monde de la moto avec SBK, Milestone revient à la charge en s’attaquant cette fois-ci à la course automobile, et plus précisément à la série Superstars Racing. Se voulant être une simulation pure et dure, est-ce que Superstars V8 Racing a les reins solides pour au moins arriver sur la plus petite marche du podium ? Réponse.
Il ne faut pas s’y méprendre avec le titre, Superstars V8 Racing ne reprend pas le célèbre championnat australien nommé V8 Supercars. C’est ici un tournoi italien d’une dizaine de courses regroupant les plus grosses cylindrées européennes comme les BMW série 3, Mercedes classe C, Audi A4, Jaguar Type-S , etc. Une sorte de « petit DTM à l’italienne » si l’on veut résumer rapidement. Le contexte est donc largement moins dépaysant, et comme cité deux lignes auparavant le nombre de pistes est déjà très limité. Le menu reste classique avec une partie multijoueur uniquement en ligne, et solo qui regroupe la course simple, le week-end de grand prix, l’entrainement, le championnat en lui-même et le mode défi. C’est justement sur ce dernier qu’on ira faire un petit tour dès les premières minutes, histoire de juger de la qualité du mode et de sa durabilité. L’habit ne fait pas le moineLes vingt challenges, divisés en quatre catégories, vont du contre-la-montre aux duels, en faisant un petit détour vers la case checkpoint, pour enfin finir vers divers scénarios comme rattraper un groupe de véhicules dans les deux derniers tours, ou bien essayer de garder sa position avec des pneus en mauvais état. Les défis s’avèrent trop peu nombreux pour nous tenir en haleine plus de deux heures mais aussi bien trop facile. On a plus l’impression d’avoir affaire à un tutoriel de Superstars V8 Racing qu’à un vrai un mode défi. C’est dommage. Cependant, ce n’est pas là où le bât blesse réellement. Les vrais problèmes qui nous choquent dès le départ viennent du maniement du véhicule ainsi que des graphismes pas forcément jolis. En effet, on croyait aborder avec le développeur Milestone une simulation aussi pointue que sa série SBK, mais il n’en ait rien. La voiture tourne seulement sur son axe du milieu, ses essieux ne sont donc pas indépendants, ce qui ne ressemble en rien à de la simulation. Aucune sensation d’accroche n’est là, on glisse la plupart du temps sur la piste avec une impression de rouler sur du parquet tout juste ciré plutôt que sur du bitume, et cette impression est encore plus accentuée lorsque les aides sont désactivées. Un énorme paradoxe puisque plus on va dans de la simulation, plus cela ressemble à du Ridge Racer où la voiture dérape à 90 degré dans chaque virage. Un comble.

Les graphismes ne sont pas à l’honneur non plus. Les voitures ont beau être correctement modélisés à l’extérieur, celles-ci ne possèdent pas d’habitacle, et donc pas de vue cockpit, alors que pratiquement tous les jeux de course en ont à l’heure actuelle. Néanmoins, ce n’est pas le plus gros des soucis, car le vrai problème vient du filtre graphique où l’effet de flou est omniprésent sur tout l’écran. Le but étant de cacher les défauts graphiques comme une profondeur de champ pas forcément bluffante, un aliasing masqué et un contraste vert/jaunâtre exagéré. Les développeurs n’ont pas cherché à régler la luminosité pour que chaque tracé ait sa propre personnalité. On aura ainsi l’impression de tourner à chaque fois sur le même circuit, surtout que certains ont juste été transférés de SBK à Superstars V8 Racing comme la piste de Kyalami en Afrique du Sud. La flemmardise nous guette. Monotonie en vueOn se penche alors sur le plat de résistance avec le championnat. Malheureusement la déception est de nouveau présente avec cette atmosphère froide et peu travaillée malgré la présence des 19 voitures en piste. L’intelligence artificielle n’est pas forcément mauvaise et possède quelques ressources, cependant le moteur physique n’excelle pas et l’on n’hésitera pas à s’appuyer sur ses adversaires pour gagner quelques places. Un système de pénalité de cinq secondes à la Gran Turismo fait lui aussi son apparition pour ne pas abuser des raccourcis, mais l’on pestera plusieurs fois sur certaines sanctions alors que notre voiture est passée uniquement sur le vibreur et non sur la pelouse. Bref, un avertissement avant la pénalité aurait été plus judicieux pour calmer nos ardeurs.

Il faut savoir que les conditions météorologiques n’évoluent pas en temps réel et seront choisies avant le début de la séance. La pluie joue plutôt bien son rôle, mais déjà qu’on se sentait pas forcément à l’aise au sec pour ressentir la limite d’adhérence du véhicule, une piste humide devient carrément de la loterie à chaque sortie de virage. Puis, ne pensez pas courir avec une énorme averse tomber sur vous, c’est uniquement le tracé qui est détrempé. Rien de plus. En parlant de la technique, la modélisation des dégâts est là aussi plutôt risible avec seulement le bout du pare-choc qui traine sur le côté, même après un énorme choc contre un concurrent ou dans un mur. On n’espérait pas avoir une répartition du choc sur toute la carrosserie comme un Burnout Paradise, mais cela fait très léger. N’oublions pas le petit passage par la case « online » qui donne la possibilité à 12 joueurs de se rencontrer. Avec une maniabilité peu convaincante et un maximum de dix tracés, on fait très rapidement le tour.
• La licence Superstars
• Les défis intéressants…
• …mais trop simples
• Une jouabilité et une technique perfectibles
• Peu de circuits
Verdict
Même pour 50€, Superstars V8 Racing n'est pas le digne jeu de course que l'on espérait. L'intensité est aux abonnés absents, les graphismes restent décevants et la jouabilité n'est pas encore assez bien adaptée pour que l'on prenne un véritable plaisir. Milestone a donc du pain sur la planche s'ils veulent réellement se faire une place chez la concurrence, ce qui n'est pas gagné pour le moment.
La Ligue XBF

Graphismes
5 / 10Des graphismes décevants, avec un blur persistant et agaçant qui fait office de " cache-misère ". On est loin des ténors du genre.
Jouabilité
5 / 10La jouabilité, quoique axée simulation, n'est pas des plus intéressantes. On ne ressent pas la limite d'adhérence, et les essieux de la voiture ne sont pas indépendants. On est donc loin d'une simulation poussée.
Son
6 / 10Les véhicules possèdent un bruit de moteur satisfaisant, sans pour autant nous éblouir. Il manque quand même un peu de punch lors des passages de rapport pour faire frémir les amateurs de course.
Durée de vie
5 / 10Un championnat classique de dix courses, un mode défi composé seulement de 20 challenges et un online à 12 joueurs anecdotique. C'est peu.
Fun
5 / 10La maniabilité de Superstars V8 Racing plombe totalement le plaisir de jeu. Avec en plus des pénalités qui tombent facilement et une gestion des dégâts approximative, le titre de Milestone n'est pas des plus plaisants.