Test de jeu / Xbox 360 / Resident Evil 6

- publié le 24 octobre 2012 par francoishb
- Plateforme : 360
- Date de sortie :inconnue
- Développeur :Capcom
- Distributeur :Capcom
- Thème :Horreur
- Genre :Action / Aventure
Plus qu'une licence de jeux vidéo, Resident Evil est clairement devenu avec les années l'un des symboles d'une certaine culture pulp. Le zombie est désormais à la mode mais la série de Capcom nous rassasiait déjà de viandes avariées quand les autres éditeurs en étaient encore au stade des mascottes kawaï. Cette année 2012 est l'illustration parfaite de la portée de la licence avec la sortie d'un film au cinéma et de deux longs métrages d'animation. N'oublions pas le manga dont le deuxième tome est annoncé pour le mois de décembre. Bref, de très nombreux supports sur lesquels l'univers de Resident Evil se décline et trace des lignes pas toujours très simples à suivre. Après une escapade un poil polémique en Afrique et une virée en enfer dans la campagne espagnole, la série revient à ces premiers amours, les zombies, avec non pas un mais trois théâtre des opérations et autant de campagnes. Une ambition clairement sans précédent qui, malgré de très bonnes intentions, peut laisser songeur sur la cohérence du résultat final.
Les racines du malVéritable icône de l'âge d'or de la première playstation, la série Resident Evil a marqué son époque d'une empreinte indélébile et encore aujourd'hui très tenace. Loin des jeux d'arcade qui régnaient sans partage le titre de Capcom avait l'ambition de jouer sur un nouveau ressort, la peur. Même si l'histoire retiendra que le genre du survival horror a été inventé par Alone in the dark, c'est véritablement Resident Evil qui l'aura porté vers les sommets et le succès commercial. Les première minutes cultes des aventures de Jill et Chris restent aujourd'hui encore dans la mémoire des joueurs. La claque était graphique, l'angoisse était réelle mais le ton était déjà un peu kitch. Un trait qui ne s'est jamais effacé avec le temps bien au contraire. La série a ensuite tenté petit à petit de conserver un équilibre entre frisson et action jusqu'au fameux Resident Evil 4 qui franchit le Rubicon et transporta la licence sur les terres du jeu d'action. Un passage sans retour puisque Resident Evil 5 marchait sans broncher dans les pas de son prédécesseur. Alors que la série nous a gratifié depuis d'un superbe Resident Evil Revelations sur 3DS les joueurs pouvaient attendre que Resident Evil 6 soit l'épisode du retour aux sources mais, et c'est un constat qui s'applique à l'ensemble du jeu, le bilan est finalement difficile à résumer par une seule étiquette.
Le joueur est conservateur, c'est bien connu, même s'il ne veut pas l'admettre. A chaque changement de gameplay dans une licence les fans se déchaînent et crient à la trahison. Les étiquettes ont la peau dure et les fans ont la critique acerbe. Avec ce Resident Evil 6, Capcom a donc entrepris de concilier l'inconciliable, une entreprise à nulle autre pareille (comme disait l'autre), bref, proposer un Resident Evil qui alterne les moments de frissons tout en rivalisant avec les blockbusters grand spectacle qui sévissent sur cette génération de console. Le début du jeu vous plonge d'ailleurs sans préliminaires dans un prologue où vous incarnez Leon (le héros de RE 2) qui aide sa collègue Helena visiblement blessée. S'en suit une succession assez effrayante de QTE qui rythment cette séquence pour à peu près tout et n'importe quoi. A tel point qu'on aurait presque préféré une bonne vielle cinématique d'ambiance. La suite est nettement plus animée et nos deux compères vont traverser une ville ravagée par le chaos et infestée de zombies. On avance en défouraillant à tout va comme dans un épisode de Gears of War et la maniabilité du jeu montre déjà quelques faiblesses lors des phases les plus animées. Le ton est donné, le jeu sera une succession de couloirs et l'on peut dire adieu à une certaine liberté d'exploration. En contre partie, le spectacle est cependant au rendez-vous et ce prologue vous laisse ensuite le choix entre l'une des trois campagnes disponibles par défaut. Une quatrième se débloque d'ailleurs ensuite ce qui fait de ce Resident Evil 6 le plus copieux de toute l'histoire de la série. C'est bien simple, chaque campagne vous retiendra entre 15 et 20 heures et constitue presque un jeu à part entière. Avec une telle durée de vie, le jeu remplit déjà son contrat mais semble également dépassé par ses ambitions en alternant des environnements certes très variés mais pas toujours aussi inspirés les uns que les autres.
Sans maîtrise la puissance n'est rien
Cette sensation que certains passages sont mieux maîtrisés que d'autres s'affirme d'autant plus que chaque campagne est marquée par un gameplay certes identique dans ses fondamentaux mais avec une volonté totalement différente dans son application. Si l'on choisit de suivre l'ordre chronologique proposé par le menu du jeu, on enchaînera donc les aventures de Leon et Helena avant d'enfiler le treillis de Chris et Pier Nivans, pour ensuite prendre le contrôle de Jake Muller (fils d'un célèbre personnage de la série) et de Sherry Birkin. Le jeu propose bien évidemment de vivre ces aventures en coopération et le plaisir du jeu n'en sera que plus grand dans tous les cas. Pour autant, l'IA se révèle très efficace, même si on lui reprochera quelques moments d'égarement, bloquée contre un mur alors que vous êtes au sol. Les binômes se suivent donc et ne se ressemblent pas, ce qui constitue l'un des nombreux points déstabilisant de ce Resident Evil 6. Chaque campagne est généreuse et propose des environnements vraiment variés, tout comme le bestiaire qui impressionne par sa diversité. Le titre donne en effet l'impression de naviguer entre plusieurs genres, au risque de déplaire aux fans mais surtout sans totalement convaincre à chaque fois. Le constat est un peu sévère et si l'on met de côté une attente des fans qui est forcément faussée par une image idéalisée de la série et des lointains souvenirs qu'elle engendre, force est de constater que malgré de nombreuses améliorations ce Resident Evil 6 ne convainc pas encore sur des points aujourd'hui impardonnables pour un titre de cette ambition.
Le plus gros défaut du jeu réside dans le placement de la caméra, derrière l'épaule du héros comme dans tout bon TPS, mais un peu trop proche pour vous permettre de bien voir l'action. On notera cependant que la caméra peut enfin être orienter avec le stick droit. On pourrait penser que ce "cadrage" est volontaire et participe à un sentiment d'angoisse mais ce serait trop vite passer sous silence la désagréable impression de ne pas être maître de son destin. Il ne faut pas confondre peur et frustration et pour achever ce tableau peu glorieux, on notera encore que lors des corps à corps (disons plutôt des QTE) la caméra à la désagréable manie de vous faire perdre encore plus vos repères. Certes, et heureusement, le personnage est autrement plus maniable que dans le précédent Resident Evil 5 et on notera (enfin !) la possibilité de pouvoir tirer en se déplaçant ou encore celle de faire des roulades pour esquiver les attaques. En revanche, le système de couverture est tout simplement raté. Si dans les campagnes de Léon et Jake cela ne gênera pas trop le joueur, le défaut sautera aux yeux lors de la campagne de Chris, puisqu'elle est clairement celle qui lorgne le plus vers l'action sans concession. Le joueur appréciera également une refonte totale du système d'inventaire beaucoup moins contraignant que dans les épisodes précédents. Là encore le constat pourra partager puisque si le jeu se révèle ainsi plus accessible, il perd également une autre part de son aspect survie. C'est bien simple, il est quasiment impossible de tomber à cours de munitions et on peut emporter avec soi tous les objets et armes que l'on trouve.
Généreux et maladroit
Bien que le sentiment de peur semble reléguer au second plan (encore que cela reste une chose difficilement vérifiable, un peu comme les films qui font pleurer), Resident Evil 6 propose malgré tout un challenge assez corsé et surtout particulièrement long. Si le premier aspect pourra une fois encore être imputé au gameplay parfois brouillon, le second est vraiment l'un des points forts du jeu qui lui permet de poser son ambiance dans la durée et même de proposer un scénario certes classique mais que l'on découvrira par alternance puisque les trois scénarios se déroulent en parallèle dans le temps. Ainsi, de nombreuses scènes se font écho et se répondent d'une campagne à l'autre. Le joueur découvrira ainsi que certaines séquences se rappellent à son bon souvenir et découvrira par bribes un scénario réparti sur les quatre campagnes. Alors que le prologue se pose comme une succession de scènes spectaculaires qui ne font que dérouter le joueur, la suite prend le temps de poser l'ambiance (en particulier dans la campagne de Leon). Un point fort pour un titre qui, on le répète, propose une durée de vie vraiment exceptionnelle pour ce genre de jeux, surtout à une époque où la norme atteint difficilement les 10 heures d'aventure. La durée ne faisant pas tout, signalons d'ailleurs que le jeu vous embarque dans des environnements variés (Chine, Amérique du Nord, etc.) mais fait aussi l'effort de ne pas répéter les mêmes séquences, chaque campagne ayant sa propre dominante. Classique pour Leon, Action pour Chris et Survie / fuite pour Jake. N'oublions pas enfin que certaines séquences sont particulièrement dantesques et que la campagne réserve son lot de scènes efficaces (course poursuites, défense désespérée) et de morceaux d'anthologie. Bref, avec le temps on oublie les défauts qui nous font pester et on se plonge dans cette longue aventure avec de plus en plus de plaisir.
La durée de vie sera d'ailleurs décuplée par différents moyens et en particulier par le mode mercenaires du jeu qui signe son retour avec une recette identique à celle introduite dans Resident Evil 5. Un mode multi-joueurs qui vous occupera quelques soirées tout comme la chasse aux points de compétences accordées à la fin de chaque scénario et pour la plupart des ennemis abattus. Grâce à ces points, vous pourrez acquérir de nouvelles compétences qui vous faciliteront la tâche dans les campagnes suivantes. Les campagnes pouvant être effectuées dans l'ordre de votre choix (exceptée celle d'Ada Wong débloquée à la fin de la troisième) leur difficulté sera donc relative à vos performances précédentes et aux talents débloqués. Et en parlant de difficulté n'oublions pas de parler des "énigmes" qui ponctuent le jeu et viennent à peine briser l'effet de progression dans un couloir du titre. Pour le coup les nostalgiques apprécieront sans doute ces énigmes, marque de fabrique de la série, avec son lot de situations presque ubuesques, de statuettes à poser sur le bon endroit et de mécanismes à activer pour se déplacer dans une pièce secrète. Comme quoi, ce Resident Evil 6 conserve de très nombreux aspects présents dans la série depuis longtemps. A vous de voir si c'est pour le meilleur ou pour le pire.
• Durée de vie dantesque
• Mode coopération réussi
• La campagne de Leon
• La gestion de la caméra
• La maniabilité imprécise
• Les énigmes à deux centimes
Verdict
Resident Evil est un tel monument que chaque sortie est désormais accompagnée d'autant de critiques que de louanges. Cet épisode ne sera clairement pas celui qui fera l'unanimité mais pour le moins on peut lui reconnaître une ambition qui fait plaisir à voir avec un casting aux allures de fan service, des environnement très variés et une durée de vie gargantuesque. Certes le débat est ouvert entre respect de la licence et une nouvelle orientation plus action mais, même en faisant abstraction de l'ADN du jeu, certains défauts de gameplay restent en travers de la gorge. Quitte à lorgner du côté des TPS action, autant proposer une maniabilité irréprochable ce qui n'est clairement pas le cas. On se consolera en profitant de l'ambiance unique du jeu qui vous plonge dans une histoire blindée de clichés dignes d'une série Z. Pour le coup on retrouve bien l'esprit de la série qui propose de l'horreur mais aussi du grand n'importe quoi jubilatoire avec des grands méchants presque grand guignol et des héros confrontés à des situations toutes plus caricaturales les unes que les autres. Un second degré assez présent et un sens de l'auto dérision et même de la citation qui rappelle aussi toute la passion mise dans le développement du jeu. Dommage que le projet semble finalement un peu trop gros pour tenir dans un seul jeu et que la finition de l'ensemble en pâtisse.













Fils RSS XboxFrance :
Graphismes
7.5 / 10Il est loin le temps où la série était considérée comme un étalon graphique. Techniquement correct le jeu est heureusement sauvé par la richesse des environnements et la variété des ennemis.
Jouabilité
6 / 10Difficile d'accepter en 2012 une caméra aussi capricieuse et des commandes aussi lourdes pour un jeu AAA. La peur cède le pas à la frustration dans certains passages et c'est bien dommage.
Son
7 / 10Plus ou moins inspirées, les musiques rythment l'action. Les flingues semblent faire le même bruit depuis des années. Le jeu est en VOSTFR par défaut mais vous pouvez télécharger les voix françaises sur votre DD.
Durée de vie
9 / 10Quatre campagne, un tour du monde assez convaincant et le plaisir de (re)jouer en coop ou au mode mercenaires. Pas de doute, le jeu restera longtemps dans votre console.
Fun
7.5 / 10Le jeu amuse autant qu'il agace lors de certaines séquences. Reste le plaisir de déssouder du monstres à la pelle (ou à la chaîne c'est selon).