Test de jeu / Xbox 360 / Pro Evolution Soccer 2011

- publié le 6 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :30/09/2010
- Développeur :Konami KCET
- Distributeur :Konami
- Thème :Football
- Genre :Sport
- Nb de joueurs :1 à 16

Alors que votre site préféré a déjà rendu son verdict sur FIFA 11 il y a quelques jours de cela, c’est cette fois-ci au tour de Pro Evolution Soccer 2011 de passer entre nos petites mains expertes. Mis à mal par Electronic Arts ces dernières années, Konami revient cette fois-ci avec de meilleures intentions et la volonté ferme de redorer le blason d’une série autrefois indétronable. L’envie est là, certes, mais le contrat est-il pour autant rempli ? C’est ce que nous allons voir sans plus tarder dans notre test complet. Les amis sont invités, les pizzas commandées et les bières au frais : tous les ingrédients sont là pour s’essayer à cette nouvelle itération de PES dans les meilleures conditions. En route !« We are a football tribe ! »Dire que FIFA règne en maître sur la planète football depuis plusieurs années maintenant relève clairement de l’euphémisme, et il était temps que les développeurs de chez Konami se décident enfin à nous livrer un soft à la hauteur des espérances des joueurs, fans de la première heure ou non. Depuis le passage à la nouvelle génération de consoles, la licence est en effet clairement sur le déclin, ne parvenant pas à se hisser au niveau qui était le sien il y a quelques années seulement. Pour cet opus 2011, la volonté de ne pas décevoir les supporters est là et les premiers essais que nous avons pu faire à l’E3 en juin puis à la gamescom en août ont permis de croire à un retour du roi. Une fois le jeu inséré dans notre chère Xbox 360, il en est de même.
La première image que l’on a d’un jeu réside toujours bien évidemment dans son esthétique, sa réalisation. Là, dès le premier match, un constat est unanime : la modélisation des joueurs est absolument splendide. Les visages de la quasi-totalité de nos millionnaires en short sont on ne peut plus réalistes et photogéniques. On reconnaît sans aucun mal les stars mondiales que sont Cristiano Ronaldo, Lionel Messi ou Wayne Rooney bien sûr, mais également des joueurs moins médiatiques comme Hatem Ben Arfa, pour ne citer que lui. C’est indéniable qu’un travail monstrueux a été effectué à ce niveau et on ne peut que féliciter les équipes de Seabass. Seulement voilà, si la modélisation des joueurs est irréprochable, ce n’est clairement pas le cas de l’ensemble de la partie technique. Si les équipes de développement se vantent d’avoir incorporé pas moins de 1.000 nouvelles animations aux joueurs après des heures et des heures passées dans les studios de motion-capture, il faut reconnaître qu’on est encore à des années lumières de ce qu’un FIFA peut proposer. L’ensemble reste très rigide, très robotisé, malgré des progrès qui sont importants à signaler. Ajoutez à cela des couleurs toujours aussi ternes et vous obtenez un jeu qui accroche difficilement le joueur tant qu’on ne se retrouve pas avec des gros plans sur les visages des stars du ballon rond. Seule la caméra dynamique des matches, bien pensée, vient apporter une touche de fraîcheur bienvenue aux parties.

Une réalisation en demi-teinte qui vient quelque peu gâcher le plaisir de jeu. C’est d’autant plus dommage que Konami a fourni un travail de qualité pour inclure une ambiance qui commence vraiment à ressembler à quelque chose. Les chants des supporters enflamment les parties, on s’y croirait. Là encore, le jeu souffre forcément de la comparaison avec FIFA qui réalise une performance un peu plus brillante, mais le niveau reste très correct. Seule ombre au tableau, et cela devient une habitude : les commentaires. Le duo Christophe Dugarry et Grégoire Margotton est une nouvelle fois complètement à côté et ne parviennent clairement pas à rendre l’ensemble réaliste. En plus d’être assez inintéressantes, leurs interventions manquent clairement de naturel et de spontanéité. C’est vraiment dommage, mais on commence malheureusement à en avoir bien trop l’habitude avec la série Pro Evolution Soccer.« Du mieux, aussi bien sur le plan tactique que technique »Si la partie technique a bien évidemment été au centre des critiques des joueurs les années précédentes, c’est surtout le gameplay en lui-même qui ne convenait plus. Sur ce point, les équipes de développement on bien évidemment tenu à rectifier le tir et proposent des améliorations notables. L’aspect simulation quelque peu délaissé par les derniers épisodes fait son grand retour, notamment grâce à un système de passe repensé permettant de construire des actions de bien meilleure qualité. Exit l’assistance sur les passes, la puissance et la direction se gèrent désormais complètement manuellement. Du moins, c’est le cas sur le papier. En pratique, il n’est pas rare qu’un passe « saute » un joueur de façon assez incompréhensible. En réalité, les passes ne sont pas totalement manuelles mais plutôt semi-automatiques, ce qui aboutit à quelques petites erreurs de trajectoires à l’occasion. Cela relève toutefois du détail et on ne s’y attardera pas davantage. Ce qui est un peu plus regrettable, c’est le manque de mouvement de nos coéquipiers contrôlés par l’I.A. lors des matches. Comment ne pas pester contre ces défenseurs latéraux qui ne font jamais l’appel sur l’aile lors des phases offensives? S’ils ne le font pas automatiquement, on aurait au moins aimé pouvoir déclencher facilement des courses pour pouvoir disposer de solutions somme toute logiques. Un défaut assez gênant pour un soft qui souhaite mettre en avant une construction posée des actions.

Le système de passe n’est pas le seul à avoir été revu. Les frappes ont-elles aussi bénéficié d’un soin tout particulier pour corriger les défauts présents dans les anciens opus. Finies les frappes qui partent comme des fusées et qui finissent par flotter comme de vrais ballons de baudruche. Seulement voilà, un autre problème surgit, que l’on pourrait baptiser « le problème du je-suis-vraiment-trop-fort-je-mets-des-buts-trop-magnifiques ». En effet, si le côté simulation est de retour dans la construction du jeu, il est un peu surprenant de voir que la quasi-totalité des buts que l’on met sont des frappes en pleine lucarne… Alors d’accord, ça fait de beaux buts qu’on est content de voir, mais question réalisme on a vu mieux…
En plus des frappes, c’est le système de dribbles qui a subi une véritable cure de jouvence. Désormais, il est possible d’associer à chaque direction du stick analogique droit un ou plusieurs gestes techniques, plus ou moins efficaces et difficiles à placer. Comme d’habitude, un temps d’apprentissage est clairement nécessaire pour maîtriser le tout, mais une fois en place, le tout fait des ravages. Et autant dire que ce nouveau système ne sera pas de trop pour éliminer les défenses centrales de cet opus, toujours plus resserrées et convaincantes. En effet, les arrières latéraux ont tendance à venir épauler des centraux déjà très en forme, et on se retrouve bien souvent face à de véritables murs. Un progrès en soit qui aboutit sur un nouveau défaut : celui du jeu stéréotypé porté sur les ailes. Les latéraux ayant, comme on vient de le dire, tendance à venir soutenir leurs coéquipiers dans l’axe, les couloirs sont bien souvent libres et offrent de véritables boulevards aux ailiers. Associé aux centres toujours parfaits ou presque du jeu, ce défaut vient un peu gâcher le plaisir, une fois de plus.
Du côté des modes de jeu, pas grand-chose de nouveau à signaler. La Ligue des Masters est toujours bien évidemment présente et attirantes, malgré quelques défauts récurrents. Pour ce nouvel opus, Konami a également souhaité mettre en place des agents qui viennent, théoriquement du moins, faciliter les négociations mais qui, en pratique, alourdissent les transferts et le mode dans son ensemble. Dommage. On note cette année l’apparition d’un mode Ligue des Masters Online faisant partir tout le monde de zéro, avec une équipe au niveau on ne peut plus faible. Des joueurs de qualité sont alors mis aux enchères et il faudra batailler sévère pour obtenir les stars du ballon rond. Entre matches et compétitions à heures fixes, les joueurs auront fort à faire pour tenter de gagner de précieux crédits. Malheureusement, le code réseau n’est toujours pas au top du côté de chez Konami, le lag se joignant bien trop souvent aux parties.
Le mode Vers une Légende qui propose de jouer un seul et unique joueur n’a pas foncièrement évolué pour sa part, si ce n’est que le background proposé est plus développé, tout comme la gestion de sa carrière. Des ajouts intéressants qui sont malheureusement gâchés par une attribution des notes de matches que nous avons trouvée complètement aléatoire. Enfin, si la Ligue des Champions avait fait son apparition par le passé, c’est cette fois-ci la Copa Libertadores qui vient s’ajouter à la liste. Là encore, on regrettera que le tout ne soit pas mieux exploité, mais le résultat reste très satisfaisant.

Vous l’aurez sans doute compris, Pro Evolution Soccer s’est amélioré mais n’a pour autant pas gommé tous ses défauts. Certains ont été réglés, d’autres sont apparus. Ceux qui restent, quant à eux, sont toujours aussi conséquents. Ainsi, les effectifs ne sont toujours pas à jour, et il ne faudra donc pas compter voir Robinho et autres Ibrahimovic au Milan A.C. sans passer par le menu de gestion des transferts, ou attendre un patch qui devrait, on espère, débarquer prochainement. Reste que sortir un jeu qui n’est pas à jour plus d’un mois après la fin de la période des transferts, ça le fait vraiment moyennement, et on aurait préféré voir cela débarquer par défaut dans le titre. A côté de ça, pas de changement radical cette année au niveau des licences : la Premier League ne dispose pas des licences, la Liga que quelques unes et la Bundesliga est encore et toujours aux abonnés absents. Très classe…
• La modélisation des visages au top
• Le début d'un retour en force pour PES
• Le manque d'appels des coéquipiers
• Les licences toujours absentes
• Les commentaires juste affreux
Verdict
Pour cette nouvelle année, il est indéniable de constater que PES a progressé. En corrigeant ses défauts et en proposant un gameplay plus axé simulation, le titre de Konami fait le plus gros du boulot et plaira à bon nombre de joueurs. Grâce à une modélisation des joueurs excellente et à une aura toujours conséquente malgré les années, il ne fait aucun doute que le jeu rencontrera un franc succès. Malgré tout, les défauts sont encore nombreux et énormément de choses restent à corriger : animations trop rigides, problèmes de défenses, licences toujours trop peu nombreuses et transferts pas à jour (même si ce dernier point devrait être corrigé via un patch). Alors non, PES n'est pas encore cette année la référence que nous avons tous connu par le passé. Mais qu'on se le dise, la licence est en train de revenir en force et pourrait surprendre lors de sa prochaine itération. C'est tout le mal qu'on lui souhaite, en tout cas.
La Ligue XBF

Graphismes
7 / 10La modélisation des visages est simplement hallucinante de réalisme, et on reconnait sans problème stars du ballon rond et joueurs moins médiatiques. Côté animations, ça reste malheureusement trop rigide.
Jouabilité
7 / 10Le gameplay a été encore repensé pour aboutir à un résultat plus axé simulation, pour le plaisir de tous les joueurs. Quelques défauts au niveau des défenses sont malheureusement toujours présents.
Son
6 / 10L'ambiance dans les stades est assez bien rendue. Les commentaires sont pour leur part complètement désastreux, et les musiques de menus ne volent pas beaucoup plus haut.
Durée de vie
9 / 10Avec la Ligue des Masters, le mode Vers une Légende et les innombrables soirées entre amis en perspective, le jeu a de quoi tenir en haleine.
Fun
7 / 10Le jeu a indéniablement progressé et on prend plaisir à faire tourner le ballon. Malgré tout, la magie d'antan n'est pas encore de retour.