Test de jeu / Xbox 360 / Portal 2

- publié le 3 mai 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :19/04/2011
- Développeur :Valve Software
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Réflexion
- Nb de joueurs :1 à 2Online :Oui
S’il y a bien un jeu que votre fidèle serviteur attendait avec une impatience non dissimulée (jusqu’à en repeindre les murs de sa chambre à l’effigie du jeu, c’est dire…), c’est bien la suite de Portal, nouveau genre que l’on peut sûrement qualifier de puzzle FPS. Le premier opus était sorti en toute discrétion aux côtés de Half-Life 2 et ses deux épisodes ainsi que team Fortress 2, tous contenus dans la Orange Box. A la base désigné comme un « essai », le jeu a vite fait parler de lui au point d’en atteindre aujourd’hui le statut de jeu culte. Aujourd’hui, après une attente à n’en plus finir, sa suite se voit enfin débarquer dans nos prairies. Saura-t-elle satisfaire les attentes élevées des joueurs ?Vous reprendrez bien une part de gâteau ?Pour tous les inconscients (s'il en existe encore) qui n’auraient pas joué à Portal premier du nom, voici un bref récapitulatif des évènements du premier opus. Le jeu nous mettait dans la peau d’une jeune cyborg, Chell, spécialement créée pour participer à des séries de salles tests dans la mystérieuse entreprise Aperture Science. Le but était simple, pour chaque salle il fallait trouver le moyen de sortir pour passer à la salle suivante, alors que GlaDos, le robot qui nous « guidait » tout du long nous promettait une splendide fête avec comme cerise sur le gâteau, un… gâteau. Evidemment, tout ceci avec le fameux Portal Gun, qui permet de créer deux portails, un d’entrée et un de sortie avec tout ce que cela comporte comme risques et avantages.

Toutefois tout ne s’est pas déroulé comme prévu, et au lieu d’un gâteau en guise de récompense, on nous envoyait directement au bûcher. De fil en aiguille, il aura fallu prendre la fuite dans les couloirs les plus sombres et mystérieux d’Aperture Science pour finalement combattre GlaDos et regagner notre liberté, ou du moins essayer de la reprendre… car cette suite nous replonge directement dans les locaux de cette étrange entreprise, avec un nouvel ami comme compagnon répondant au doux nom de Wheatley… et ce bien des années plus tard.

Et Dieu sait que l’on sera vite plongé dans l’ambiance si atypique de la série Portal dès les premiers instants, grâce à ce petit robot bourré d’humour (bien malgré lui d’ailleurs) dont le comique est décuplé dans sa version originale, bien que la version française ne soit pas complètement ratée. C’est d’ailleurs un point qu’il faut souligner tant cela devient rare dans les jeux vidéo : les dialogues sont de petits bijoux d’écriture. Quand on y repense, combien de jeux ont réussi à vous faire rire aux éclats pendant une dizaine d’heures quasiment non-stop? Peu je présume, voire pas du tout. Et c’est pourtant bien ce qu’il se passe dans ce Portal 2. GlaDoS ne ratera pas une occasion de nous faire comprendre qu'elle est très vexée que nous l'ayons tué dans le premier opus, et ce par de multiples remarques désobligeantes mais ô combien tordantes.Un solo à la hauteurLa tâche n’était pas du tout aisée tant les attentes au sujet de cette suite avaient placé la barre bien haut. Mais comme toujours avec Valve, le pari est réussi et haut la main de surcroit. Si les dialogues ont bénéficié d’un soin tout particulier, le level design des niveaux aura également subit le même traitement. En effet, du début à la fin, les niveaux s’enchaîneront sans aucun temps mort, entre moments de réflexion (parfois intenses) et phases d’actions ou le fruit de notre labeur se met en place. Le tout transpire littéralement d’intelligence, absolument rien n’est laissé au hasard et une salle qui pourra nous paraître compliquée de prime abord, voire impossible, se révélera en fait d’une logique implacable. La plupart du temps le problème vient d’un élément que nous n’avons pas vu ou pris en compte, et ce uniquement par la faute du joueur et non d’un manque de justesse dans le level-design. D’autant plus que Valve n’a pas cédé à la mode du casual-gaming, et à aucun moment le joueur n'est pris par la main ou guidé de quelque manière que ce soit. Ici, on se débrouille seul de A à Z, et la récompense n'en est que meilleure.

Et alors que l’on aurait pu penser que les décors manqueraient de variété dans cet environnement blanc et propre sur soi, là encore les développeurs parviennent à nous surprendre et nous emmènent littéralement dans les profondeurs d’Aperture Science. Non seulement cela aura le mérite de nous faire varier les plaisirs et de ne jamais être confrontés aux même types d’environnement, mais cela nous permettra également d’en apprendre plus sur les mystères que contient cette organisation, un peu à la manière d’un Bioshock. Ainsi, même si le tout reste encore très flou et que les liens avec Half-Life n'en sont toujours qu'au stade de clins d'oeil, on parvient tout de même à y voir un peu plus clair.

Mais là ou Valve frappe vraiment fort, c’est au niveau des nouvelles features implémentées petit à petit pendant le jeu et ce du début jusqu’à la fin. Alors que l’on parvient enfin à maîtriser une d'entre elles, une autre vient se rajouter à celle-ci et nous complique une fois de plus la tâche. Ainsi entre les buzzers, les lasers, les gels bleus (qui nous font rebondir), oranges (qui nous font accélérer), blancs (qui permettent ensuite de créer des portails) ainsi que des ponts de lumières et autres tunnels de lévitation, le joueur ne saura plus où donner de la tête et sera constamment confronté à l’intelligence des développeurs. Un réel challenge qui pourtant se fait de façon très fluide. Du grand art, vraiment.Un mode coop révolutionnaireNon content de proposer un mode solo bien plus consistant, long et passionnant que celui du premier opus (il faut compter une bonne dizaine d’heures pour le finir une première fois), Portal 2 nous offre en sus un mode en coopération qui diffère complètement du solo, possédant son propre scénario (concordant toutefois avec celui du solo) ainsi que ses propres personnages. Le character design de ces derniers s’avère d’ailleurs très réussi, et l’on arrivera étonamment rapidement à s’y attacher, à tel point qu’il sera dur de jouer un autre robot que celui que l’on dirige habituellement. Insuffler une âme à un robot est déjà difficle en soi, mais en plus quand celui-ci est virtuel, cela relève de l'exploit !

Qui dit deux joueurs dit quatre portails, et c’est de là que provient toute la difficulté de ce mode coop : si l’on arrive sans problème à jouer seul, jouer à deux changera complètement la donne puisque la réflexion se fait désormais à deux également ! Il s’agit donc pour les deux joueurs de communiquer constamment, et d’être le plus clair possible pour que le partenaire comprenne nos intentions (bonnes ou mauvaises… mais cela est une autre histoire) pour arriver à la fin de chaque salle test. La tâche n’étant pas si aisée que cela, plusieurs outils indicateurs sont à notre disposition pour nous aider dans nos explications. A l’aide de différents boutons de la manette, il sera possible d’indiquer l’endroit où il faut placer un portail, un autre endroit à regarder, et il sera même possible de regarder l’écran de l’autre en appuyant sur la touche Y (seulement pour le jeu en ligne évidemment) ce qui s’avère réellement salvateur lors de certaines situations.

Forcément, lors de ratages complets, les fous rires sont légion, d’autant plus que notre ami GlaDoS (toujours de la partie) n’a pas la langue dans sa poche et nous fait constamment des remarques plus désopilantes les unes que les autres. Elle essaiera même parfois de monter une certaine compétition entre les deux joueurs, ce qui a pour effet des petits coups de pu… entre amis, mais toujours dans la bonne humeur ! Et pour le prouver, on a la possibilité d’interagir avec notre partenaire en le prenant dans nos bras, en lui topant dans la main ou même en l’embêtant un petit peu… du pur bonheur. Et comme toujours, le level-design atteint toujours le même niveau de perfection avec un cran de difficulté un peu plus élevé que lors du solo. Cette campagne demandera environ 6 heures pour en voir le bout, ce qui est tout de même très honorable.

Au final, le seul petit reproche que l’on pourrait faire au bébé de Valve provient de la partie technique, un peu en dessous de ce que l’on attendait en raison d’un aliasing assez prononcé. Problème qui n’est d’ailleurs pas présent sur la PlayStation 3 de Sony au grand dam des possesseurs de Xbox 360. On peut également noter des temps de chargement plutôt fréquents. Toutefois cela ne nuit aucunement au plaisir de jeu.
• D'une intelligence et efficacité rare
• Une durée de vie qui tient ses promesses
• On se fend la poire du début à la fin
• Aliasing assez prononcé
• Temps de chargement fréquents
• La suite pas avant au moins 3 ans…
Verdict
Vous l'aurez compris, Valve vient de nous pondre l'un des tous meilleurs jeux de ces dernières décennies et ce quelque soit le support concerné, pour nous transporter dans un monde où la matière grise est toujours utilisée de manière intelligente. Avec un level-design brillant, une ambiance extraordinaire et pourtant si atypique, des dialogues superbement écrits, un humour à s'en casser les côtes et une durée de vie plus que satisfaisante, Portal 2 accumule les qualités à tel point que cela devient un vrai challenge de lui trouver ne serait-ce qu'un défaut. Le titre de Valve ne sombre absolument pas dans le syndrome de la suite facile, et se renouvelle sans cesse grâce à de très nombreuses nouvelles features, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Sans compter le tout nouveau mode coop qui réussit l'exploit d'être tout aussi réussi et bien pensé que la campagne solo. Vous l'aurez compris, pour peu que vous ayez accroché au premier opus, il ne fait définitivement AUCUN doute que vous trouverez votre bonheur avec Portal 2. Et c'est bien pour cela qu'il mérite largement le tout premier 10/10 décerné sur XboxFrance. Un pur chef d'œuvre.
La Ligue XBF

Graphismes
8 / 10La seule ombre au tableau, mais qui pourtant ne pèse absolument pas dans la balance tant les très nombreuses autres qualités du jeu parviennent à la faire oublier, le level-design brillant pour ne citer que lui par exemple.
Jouabilité
9 / 10Une réussite parfaite, et Dieu sait que cela aurait pu devenir casse-gueule, spécialement dans le mode coop. Heureusement, le tout est très intuitif et les erreurs de parcours ne sont à mettre que sur le dos du joueur.
Son
9 / 10Lla mention spéciale revient véritablement aux doublages anglais tout simplement tordants. Wheatley dans sa version anglaise deviendra à coup sûr un personnage culte, rien que ça.
Durée de vie
9 / 10Les deux campagnes mises bout à bout demanderont une bonne quinzaine d'heures lors du premier passage. Mais Portal 2 possède une replay-value extraordinaire grâce à la qualité des campagnes, et des quelques succès originaux à débloquer.
Fun
10 / 10Le jeu s'avère si prenant que c'est une véritable torture de poser la manette. Le level-design d'une intelligence rare, les dialogues à se tordre de rire ainsi que l'ambiance si particulière du titre en font l'un des tous meilleurs jeux jamais créés.