Test de jeu / Xbox 360 / Operation Flashpoint : Red River

- publié le 29 avril 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :21/04/2011
- Développeur :Codemasters
- Distributeur :Codemasters
- Genre :FPS
- Nb de joueurs :1 à 4Online :Oui
Après un épisode en demi-teinte il y a un peu moins de deux ans, un nouvel épisode d'Operation Flashpoint pointe aujourd'hui le bout de son nez. Voulant corriger les défauts de son prédécesseur, les développeurs de Codemasters ont ce souhait de convaincre autant les puristes que les nouveaux venus. Un pari réussi ?
On oublie la petite île fictive de Skira dans Dragon Rising, Red River nous envoie cette fois-ci dans les terres (du milieu ?) et plus précisément au Tadjikistan. Pour les deux-trois du fond qui n'arriveront pas à le localiser sur une mappemonde, le Tadjikistan se situe en Asie centrale entre le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, l'Afghanistan et la Chine (effectivement, ce n'est pas le pays le plus simple à trouver). Après avoir été déployés en Afghanistan, les Marines ont eu pour ordre de traverser la frontière afghane afin d'anéantir coûte que coûte les insurgés locaux qui se sont recroquevillés sur ce territoire. Le problème, c'est que le conflit va très rapidement se propager au-delà des frontières tadjiks avec des américains submergés par une nouvelle force militaire : la Chine et son armée populaire (l'APL). Ce changement a plus ou moins une influence sur le gameplay puisque les insurgés que l'on rencontre en début de campagne seront peu organisés et mal équipés, tandis que la seconde partie demandera beaucoup plus de réflexion et de tactique venant du joueur afin d'anéantir les soldats chinois venus en nombre. Operation Flashpoint : Red DragonS'il y a une chose qu'il faut bien reconnaitre, c'est que ce troisième opus ne change pas grand chose par rapport à son prédécesseur, et l'on peut d'ores et déjà commencer par le sujet qui fâche : l'intelligence artificielle. Beaucoup moins frustrante que dans Dragon Rising, l'I.A. se comporte malgré tout de manière assez étrange. Parfois extrêmement réactive au point de vous mettre à terre sans comprendre le pourquoi du comment, mais pouvant aussi faire preuve d'une négligence à toute épreuve, on a clairement du mal à cerner son comportement peu naturel. Néanmoins, la cerise sur le gâteau vient sans doute de l'intelligence de nos alliées qui n'arrivent tout simplement pas à gérer nos ordres de commandement. Alors que l'on git sur le sol et que l'on demande un toubib, les Marines qui nous accompagnent vont se concentrer uniquement sur notre corps sans remarquer si des soldats ennemis sont dans les parages, même lorsqu'un l'un d'eux se trouve à deux mètres de notre dépouille. De ce fait, on s'énerve à plusieurs reprises devant notre écran quand on s'aperçoit que toute notre escouade s'est faite massacrer par un pauvre soldat qui se tient entre notre position et la leur. Extrêmement rageant. Par conséquent, jouer seul à Red River devient un vrai calvaire et est vivement déconseillé.




Malheureusement, Codemasters a préféré camoufler ces problèmes d'I.A. en proposant des missions bien plus encadrées que l'ainé, mais surtout un schéma d'objectif extrêmement redondant. Alors que Dragon Rising permettait de varier les plaisirs avec plusieurs missions d'infiltration, d'escorte, de défense et de débarquement, Red River se paie le luxe de ne proposer que des missions d'attaque/défense. On se voit donc une bonne partie temps charger dans les lignes ennemies avant de tenir la position durant quelques minutes. Par la même occasion, les passages en véhicule ont été pratiquement supprimés. Vous pouvez donc définitivement retirer cette envie de vous balader dans un hélicoptère ou prendre les commandes d'un blindé pour découvrir le terrain de jeu, ce n'est plus possible. Qu'à de très rares moments, le joueur aura la possibilité de conduire un Humvee sur plus de deux kilomètres au maximum. Une conduite ratée soit dit en passant. Là encore, la déception est grande. Avant j'étais un soldat, maintenant je suis fermierMalgré tout, ces défauts sont quelque peu dissimulés par la coopération à quatre en ligne. Les dix missions que propose Operation Flashpoint : Red River s'avèrent plus ou moins étudiées pour développer une tactique en groupe, grâce à une liberté d'action bien au-dessus des autres FPS du moment. Avant chacune d'elles, chaque joueur a la possibilité de choisir l'une des quatre classes à disposition (fantassin, grenadier, éclaireur, mitrailleur), et peut modifier ses armes (lunettes, grenades, mines, mode spécial qui augmente une particularité du soldat) si tant est qu'il possède le niveau adéquat pour l'utiliser. Un système de niveau a été donc mis en place. Mais la vraie amélioration de Red River vient de la capacité de rejoindre ou de quitter la partie d'un collègue à tout moment. Un drop in/drop out agréable et sans anicroche qui rend les parties bien plus confortables par rapport à Dragon Rising. Enfin, on note des efforts sur le contrôle de notre soldat. Se voulant plus accessible, Red River se montre souple et légèrement plus dynamique qu'auparavant, tandis que le HUD a été repensé afin d'être moins encombrant à l'écran. Sympa.




Mise à part la campagne qui durera environ sept-huit heures (que cela soit en difficulté normal ou en hardcore), des missions en équipe ont fait aussi leur apparition. On y découvre quatre modes de jeu avec "Dernier Rempart", où il faut survivre à seize vagues consécutives, "Sauvetage", dont l'objectif est de récupérer deux pilotes et de les ramener jusqu'à la zone d'évacuation, "Tonnerre", dans lequel il faut protéger un convoi, et enfin "Coup de Balai", où le but est de trouver et détruire trois caches d'armes dans un village d'insurgés. Même si l'on est quelque peu perplexe avec le mode Dernier Rempart dans lequel tout le monde joue au lance-roquettes, les trois autres modes de jeu s'avèrent rafraichissant et finalement plus variés que la campagne principale.
Quant à la partie technique, Red River souffle le chaud et le froid, encore une fois dira-t-on. Même si la profondeur de champ et les effets de lumière sont agréables, la modélisation et les textures manquent de finesse quand on s'y attarde. Le frame rate n'est pas des plus stables non plus, et s'effondra lorsque plusieurs fumigènes s'activent à l'écran. Aussi, l'ambiance sonore est toujours aussi peu immersive. Comparé à un Battlefield : Bad Company, les bruitages font peine à entendre avec des sons d'armes mal reproduits. La version française et les quelques bugs sont là pour enfoncer le clou.
• Le système Drop-in/Drop-out
• Pouvoir modifier ses armes et son équipement
• Les missions annexes
• Une campagne peu passionnante
• Une intelligence artificielle toujours aussi énervante
• Une ambiance sonore ratée
Verdict
En ressortant d'Operation Flashpoint : Red River, on ne peut s'empêcher de ressentir une légère déception. Alors que l'on pensait que ces deux années suffiraient à gommer les erreurs techniques aperçues dans Dragon Rising, Codemasters n'a résolu que la moitié des problèmes d'un côté tout en faisant un gros pas en arrière de l'autre. Au final, on se retrouve avec un jeu de qualité similaire voire moindre que l'ainé, ce qui est franchement dommage.
La Ligue XBF

Graphismes
6 / 10La profondeur de champ est toujours aussi impressionnante, mais cela se répercute sur une modélisation et des textures complètement dépassées. Qui plus est, le frame rate est loin d'être stable.
Jouabilité
7 / 10La jouabilité de Red River reste dans la même lignée que son prédécesseur, cependant les commandes sont quand même un tantinet plus souples, ce qui n'est pas pour déplaire.
Son
5 / 10Les bruitages et la version française sont franchement ratés, notamment lorsqu'on les compare à la concurrence. Il nous est aussi arrivé de rencontrer plusieurs types de bugs (plus aucun son, voix qui se répète...). A revoir.
Durée de vie
7 / 10Huit heures de jeu sont nécessaires pour compléter la campagne. Reste les missions annexes et l'envie de monter chaque soldat jusqu'au niveau 20 si vous êtes motivé.
Fun
6 / 10On regrette que la campagne soit si redondante par rapport à Dragon Rising. Le risque de s'ennuyer est très présent, surtout si l'on est seul et accompagné par cette intelligence artificielle d'une autre époque