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Test de jeu / Xbox 360 / Nier

Nier

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Si vous faites partie de ceux qui se sont retrouvés déçus après avoir joué à Final Fantasy XIII, particulièrement en ayant goûté à son gameplay un peu maigrichon, voilà un jeu orienté Action-RPG qui va complètement à l’inverse de son homologue FF. Des idées, il y en a plein (parfois elles rentrent en contradiction et sont d’un goût plutôt étrange), mais c’est au niveau de la présentation et du contenu que Nier présente de trop fortes lacunes. A quand un titre qui aura su développer tout son potentiel ?

Nier est un ancien guerrier, héros malgré lui, qui a su conserver sa générosité et son sens du devoir. Papa d’une magnifique petite fille prénommée Yonah, il doit malheureusement l’abandonner pour son propre bien. Elle est en effet atteinte d’un mal spirituel étrange, d’après les dires incurable, auquel Nier va néanmoins essayer de trouver un remède. Pour cela, rien de plus simple, il parcoure la Terre et il tue tout ce qui se met en travers de sa route. Bien rapidement, cette quête désespérée rentre en collision avec le tout petit brin de chance qui la transforme en cause bien plus grande. Ce fruit du hasard a un nom, le Grimoire Weiss, un livre magique qui parle. A noter que pour un livre qui parle, on a du mal à concevoir le fait qu’il n’est pas encore été brûlé avec une telle voix. Uniquement en anglais sous-titré français, l’on préfèrera donc lire plutôt qu’écouter.

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Nier a un port d’attache, son village, à partir duquel il part explorer des terres inconnues et accomplir ses quêtes. A ce niveau, les paysages apparaissent plutôt fades, très ouverts et horriblement vides. L’arbre que vous verrez en plein champ ou le rocher qui dépasse du sable en plein désert n’est autre que l’oasis de votre périple. Plus loin dans l’aventure le level design a tendance à s’améliorer, mais le constat global reste très décevant. Même topo en ce qui concerne les personnages, Nier manque incroyablement de charisme et se retrouve mis au second plan par ses compagnons ou par certains de ses ennemis (surtout en fin de partie). La diversité n’est pas non plus systématiquement au rendez-vous : les ombres – ennemi omniprésent lorsque vous voyagez d’un endroit à un autre – dont on se demande d’ailleurs ce qu’elles font là, ne cèdent malheureusement que très rarement leur place (et quant elles le font, on se surprend à découper des moutons ou à se faire attaquer par des coyotes). Les affrontements avec les boss rehaussent néanmoins un peu le niveau mais n’espérez pas tomber sur de l’originalité pure et dure.

La progression plutôt linéaire des premiers donjons introduit quelques bonnes idées, reprises pour certaines de titres plus anciens. Arrivés dans une petite salle, la caméra monte et offre une vue en contre-plongée (référence – ou non – à un certain Zelda) et l’action devient plus intimiste, parfois rythmée par des défis oldschool (déplacer des blocks pour trouver la sortie, ne pas utiliser le bouton saut, etc.). Le même constat peut être fait pour d’autres types de salles, où la caméra se glisse cette fois-ci sur le côté, changeant le gameplay une nouvelle fois. Oui mais voilà, le gros point noir auquel nous faisons face est que ces petites variantes dans la jouabilité (bien que divertissantes au début) ont énormément de mal à s’intégrer dans l’ambiance globale du titre. Le joueur se retrouve devant sa télé à se demander ce qu’il fait là et pourquoi il lui est interdit d’utiliser le bouton saut pour passer au-dessus de ces caisses et pourquoi il doit absolument se frayer un passage en les déplaçant. Un système de puzzles dépassé, qui lasse malheureusement plus qu’il ne divertit.

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Point de vue jouabilité, Nier n’est pas un RPG classique. Dès le début du jeu, on nous initie à des mécaniques classiques tournant autour de combos à l’épée, de blocages et d’exécutions, le tout centré sur un seul bouton. Très accessible (on pense encore une fois à un Zelda), mais manquant cruellement de profondeur par rapport à un Bayonetta ou un God of War. Le système de combats dans sa globalité est en revanche plutôt intéressant, avec un X pour taper les méchants et Y pour asséner un coup violent. L’épaule gauche de la manette est une touche essentielle : le blocage, qu’il faudra maîtriser dès les premiers combats car la masse d’ennemis fait qu’il est très facile de se retrouver dépassé par les évènements. Le pavé multidirectionnel vous permet de changer rapidement d’armes et de sorts, vous évitant ainsi le passage par le menu pause plutôt contraignant. Si néanmoins vous souhaitez rentrer plus amplement dans les détails et voir les effets des items sur vos stats, tout ceci reste consultable via le bouton start.

L’aspect « magie » vient se greffer sur le système de combats classique, principalement constitué de sorts à projectiles comme le javelot magique, les orbes de feu et autres attaques du genre, toutes lancées par le Grimoire Weiss sous vos ordres. En pratique, une fois que vous avez augmenté les effets de vos sorts avec le système des « mots » (en gros on assigne à chaque item, arme ou pouvoir magique, un mot qui augmente le pourcentage de dommages qu’il inflige), rien ne vous empêche dans la théorie de transformer la progression en un véritable champ de bataille magique. Mais heureusement, Nier rencontre bien rapidement des ennemis résistants à la magie, et il devient donc nécessaire de se procurer de nouvelles armes pour ensuite les améliorer.

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Les quêtes annexes ajoutent une autre dimension au gameplay par leur simplicité. En effet, vous avez la possibilité si l’envie vous en prend de passer votre temps à parler aux habitants et à écouter ce qu’ils ont à dire. La plupart sont en manque de quelque chose (il faudra donc leur rapporter ce dont ils ont besoin : viande de mouton, herbes médicinales, etc.), ou sont dérangés par quelque chose (coyotes qui tuent leurs moutons, ombres qui les menacent, etc.) qu’il faudra donc éliminer. Ces objectifs secondaires se marient bien avec l’intensité de l’objectif principal, et passer de temps à autre une après-midi à pêcher ne fait de mal à personne. La tonne d’éléments à collectionner, qui viennent améliorer vos armes ou sorts, renforce un peu la profondeur du gameplay.

Cependant, il y a un détail qui risque bien de déplaire aux fanas des déplacements rapides. En effet, votre moyen de locomotion le plus efficace, ce sont vos pieds ! Il faudra donc régulièrement emprunter les mêmes chemins, traverser les mêmes pleines arides et passer par les mêmes ponts en bois, qui font office de transition entre les villages et les donjons. Il arrive même parfois que le temps que vous mettez à vous rendre quelque part soit inférieur à celui que vous mettez à l’explorer !

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Côté réalisation, l’aspect graphique de Nier n’en fait pas un titre séduisant. Loin d’être repoussant, il présente néanmoins quelques faiblesses indignes de la Xbox 360. Les donjons sont pour la plupart originaux et beaux à regarder, mais globalement les textures sont d’une autre époque et les animations un peu rigides. Même Nier a l’impression de courir sur des épines (le pauvre), tandis que les personnages non jouables manquent de détails et sont tout simplement de mauvaise qualité. La bande son en revanche est exceptionnelle. Les titres sont d’une rare qualité (le compositeur a également travaillé sur Tekken 6), correspondant parfaitement à l’ambiance du titre, à la fois envoutant et mélodieux lors des longs voyages entre les donjons. Du grand art !

test écrit par Florian


  • Graphismes

    6 / 10

    Tantôt horribles et tantôt impressionnants, les éléments graphiques de Nier sont pour certains indignes de la Xbox 360. Mais par moments, vous serez envoutés.

  • Jouabilité

    7 / 10

    Les idées et l'ambition sont bel et bien palpables, mais à aucun moment le rythme ne décolle. Un fort potentiel qui malheureusement reste inexploité.

  • Son

    8 / 10

    Une bande son qui accompli un travail énorme et qui transporte le joueur lors de ses (trop) longs déplacements. Un jeu d'acteurs uniquement en anglais, dont la qualité laisse à désirer.

  • Durée de vie

    7 / 10

    L'aventure est assez longue : plus de vingt-cinq heures pour avoir un bon aperçu de l'histoire, en ne comptant pas les quêtes annexes et les multiples fins.

  • Fun

    7 / 10

    Ennuyant par moments (défis stupides et déplacements à répétition), Nier parvient néanmoins à captiver le joueur jusqu'à ce qu'il se rende compte du potentiel non exploité qu'il contient.

• La bande son
• Certaines bonnes idées
• Le gameplay, profond

• Les longs déplacements
• L'aspect graphique négligé
• Un potentiel inexploité

6.5 / 10

Verdict

Au final, Nier est un titre à l'aspect double : d'une part il cherche à contenter tout le monde en s'inspirant de références en la matière, mais de l'autre il n'arrive pas à en faire un bon mélange. La diversité n'est pas toujours la solution et l'on ne peut s'empêcher de penser que Nier aurait peut-être du se focaliser sur un ou deux aspects en particulier. Le résultat final aurait certainement été moins brouillon et l'ambiance générale aurait su séduire le joueur plus facilement. Car en l'état, Nier n'est rien d'autre qu'un jeu action-RPG parfait pour les périodes de disette vidéoludique, ni plus ni moins.

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