Test de jeu / Xbox 360 / Medal of Honor: Warfighter

- publié le 26 octobre 2012 par francoishb
- Plateforme : 360
- Date de sortie :25/10/2012
- Développeur :Danger Close
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Guerre
- Genre :FPS
Deux ans après un épisode censé relancer la série, Medal of Honor nous revient avec Warfighter. Deux années pendant lesquelles l'hégémonie de Call of Duty s'est accentuée, malgré un retour en force de Battlefield 3. Le FPS de Danger Close doit désormais trouver sa place entre ces deux mastodontes et la tactique employée par le studio est assez risquée puisque Medal of Honor rentre en conflit direct avec son concurrent. Une campagne solo rythmée par le grand spectacle et les scripts qui vont avec, et un multi-joueurs qui propose un gameplay nerveux. Sur le papier, la confrontation semble donc inévitable et c'est sans doute l'un des problèmes de cet opus : vouloir copier à tout prix ce qui existe déjà. Parfois la copie se révèle supérieure à l'original, mais est-ce suffisant pour gagner ses galons de jeu incontournable ?
Le jour le plus long
L'histoire est écrite par les vainqueurs et il est facile d'oublier aujourd'hui que le FPS qui a lancé la "genre" du couloir scripté fut en son temps Medal of Honor avec un épisode culte : Allied Assault qui surfait sur la mode seconde guerre mondiale lancée par le succès du film "Il faut sauver le soldat Ryan". Alors que la domination du jeu semblait inébranlable, est arrivé Call of Duty, un clone qui jouait la carte de la surenchère dans le grand spectacle et les scripts toujours plus présents. Dix ans plus tard (une éternité pour la jeune histoire du jeu vidéo), on parle de jeu "à la Call of Duty", preuve s'il en était besoin, que c'est bien ce dernier qui a laissé son empreinte. Après avoir tenté un premier retour original en 2008 avec Medal of Honor Airborne, la série a fait le grand saut en 2010 vers l'époque contemporaine avec Medal of Honor. Une similitude de plus avec la série concurrente qui a une fois encore renforcé l'idée que Danger Close ne faisait que suivre le leader.
Avec Battlefield 3 et l'arrivée du puissant moteur graphique de DICE, le Frostbite 2, les cartes ont cependant été un peu redistribuées et si Call of Duty se comporte toujours en Chip Leader, sa position est un peu plus contestée depuis un an. Clairement dépassé techniquement le jeu de Treyarch et Infinity Ward se repose sur un sens de la mise en scène intacte et joue encore et toujours la carte de la surenchère scriptée. Avec Medal of Honor: Warfighter, Danger Close propose pour sa part un FPS au thème très classique, pour ne pas dire vu et revu. On dirigera en alternance deux soldats d'élite, Preacher et Stump, dans une course poursuite contre les terroristes et un puissant explosif. Un scénario qui non content d'être rincé jusqu'à l'os se paie le mauvais goût de relents patriotiques particulièrement exacerbés. Si le propos peut déjà déranger dans un film, il prend ici des dimensions d'autant plus étonnante que le jeu pour sa part ne fait pas dans le réalisme avec des situations grand spectacle et des soldats "super-héros" qui renversent une armée à eux seuls. Pire encore, les cinématiques qui ponctuent chaque mission nous placent dans le quotidien du soldat et dans une vie de famille très conflictuelle. L'idée n'est pas mauvaise en soi mais malheureusement le résultat est d'assez mauvais goût et fleure trop la propagande américaine à la limite de la xénophobie. Les méchants sont Somaliens, Pakistanais et Serbes, les clichés sont là, même si le jeu aurait pu s'en passer.
Démineurs
Medal of Honor: Warfighter est en effet un FPS qui se joue facilement et se veut très accessible. Les chapitres sont assez cours et plutôt bien rythmés. la recette de l'opération spéciale en territoire ennemie est un classique vu et revu qui fonctionne encore avec son lot de situations critiques, de fuites et de combat à 2 contre 100. Contrairement au précédent MoH, celui-ci nous embarque pour un petit tour du monde du terrorisme façon USA, avec des étapes en Somalie, au Yémen, aux Philippines ou encore à Sarajevo. Sur le papier on pourrait penser que les décors seront variés mais dans les faits on reste sur des villes en ruines et des environnements de guerre qui se ressemblent tous. Les situations sont variées mais une fois encore on ne pourra s'empêcher de penser à toutes les fois où on a déjà pu les jouer ou les voir. Le jeu ne prend donc aucun risque et ne surprend jamais le joueur, ou presque. Heureusement Medal of Honor: Warfighter propose deux chapitres qui relèvent nettement le niveau et la surprise est double puisqu'il s'agit de poursuites en voitures. C'est bien simple, la conduite (en vue cockpit) est excellente, nerveuse et brutale. Les missions vont à cent à l'heure et on peut même faire des Takedowns sur les ennemis comme dans un certain Burnout. Normal, puisque l'équipe en charge de ces séquences est composée d'anciens de cette licence. Deux missions c'est bien, mais cela ne suffit pas pour extirper la campagne de sa routine globale.
Pourtant les progrès sont nombreux et il serait injuste de brosser un tableau totalement négatif de ce Medal of Honor: Warfighter dont la plus grande faiblesse, on le répète, est de faire ce qui existe déjà ailleurs et depuis des années. La réalisation tout d'abord est vraiment satisfaisante. Certes il faut aimer les environnements en ruines et les soldats en treillis mais le Frostbite 2 fait encore une fois des merveilles avec des effets de particules qui volent lors des fusillades ou encore une gestion des sources de lumières très poussée qui donne un cachet très réaliste à la plupart des séquences. Le jeu a beau être très conventionnel il évite également l'écueil de la surenchère et propose une aventure hollywoodienne mais sans aller jusqu'aux délires apocalyptique de Call of Duty. Les combats auraient pu être excellents mais le tout est un peu gâché par un IA ennemie très paresseuse. Les terroristes semblent pour la plupart incapables d'autre chose que de se poster derrière un abri pour vous mitrailler mollement. a l'inverse, d'autres ennemis sont programmés pour vos foncer dessus comme des Lemmings qui se jettent à la mer. Autant dire que le jeu ne vous posera aucune difficulté en Normal. Enfin, pour le fun, notons que ce Medal of Honor: Warfighter semble s'amuser des défauts du précédent. On se souvient ainsi que chaque niveau était rythmé par succession de portes à ouvrir qui déclenchait une nouvelle vague d'ennemis. Ici, la situation est moins systématique mais surtout (clin d'oeil ou auto-dérision?) le jeu propose une dizaine de façon d'ouvrir les portes. Ruban explosif, coup de fusil à pompe ou simple coup de savate dans la porte, au final on reste avec la même situation.
En territoire ennemi
Avec une campagne qui se boucle en tout juste 5 heures pour les moins habiles, le FPS de Danger Close se devait là encore de remplir son contrat attendu et donc de nous proposer tout un pan multi-joueurs. Et force est de constater que là encore le jeu aura du mal à se démarquer de la concurrence. Pourtant Medal of Honor introduit un concept efficace qui privilégie le jeu en équipe. Si sur le papier le concept vous semble vu et revu, dans les faits Danger Close (qui a développé la partie multi alors que DICE s'était chargé de celle du précédent) a mis sur pied un principe de Partenaire qui dynamise les parties et vous pousse à jouer en coopération. Là où les parties de Battlefield vous alignent des escouades de quatre soldats, ici vous allez fonctionner en binôme. Le résultat est aussi simple à maîtriser qu'efficace. Simple parce qu'il est beaucoup plus facile de se coordonner avec une seule autre personne. Efficace car toutes vos actions récompensent le travail d'équipe. Vous récoltez des points en repérant une cible qu'abat votre coéquipier et inversement, vous pouvez vous soigner en permanence et faire le plein de munitions et enfin la position de votre équipier vous est toujours indiqué sur le champ de bataille et pas seulement sur la mini carte. Enfin, petite subtilité tactique, si un ennemi vous abat, sa silhouette apparaîtra en rouge pendant quelques instants sur l'écran de votre partenaire. Les parties sont donc nerveuses et les loups solitaires auront un peu plus de mal à s'en sortir qu'un duo bien rôdé.
Le tout ne fait donc pas dans l'originalité avec des modes attendus mais efficaces, malgré des problèmes de respwan assez fréquents. Les parties sont nerveuses et le gameplay essaie tant bien que mal de trouver sa place quelque part entre les affrontement grand format de Battlefield 3 et les escarmouches de Call of Duty. On regrettera une baisse de qualité graphique assez nette par rapport à la campagne solo et une absence totale de destruction des bâtiments malgré l'étiquette Frostbite 2. Le jeu propose en outre huit cartes et six modes de jeu. Huit cartes, cela peut sembler peu mais dans les faits elles ne sont pas découpées de la même manière selon le mode de jeu sélectionné, ce qui permet donc une certaine diversité au sein de ces huit environnements. A noter que les cartes sont assez petites et surtout très encombrées ce qui n'en fait pas du tout le paradis des snipers et des campeurs. Un bon point pour le jeu qui ne se résume pas à des duels à longue distance mais impose de beaucoup se déplacer. Parmi les modes de jeu on notera du très classique et on retiendra le très efficace Zone de Tension. Dans ce mode, cinq zones seront à défendre ou à détruire. Chaque zone apparaît pendant quelques minutes puis c'est au tour de la suivante. les rôles d'attaquants et de défenseurs sont donc différents mais traités de manière là encore dynamiques ce qui rend les parties assez excitantes.
• Graphiquement solide
• Les phases de pilotage
• Le principe de binôme dans le multi
• Durée de vie du solo
• L'IA des ennemis
• Trop stéréotypé
Verdict
Soyons clair, Medal of Honor: Warfughter n'est pas fondamentalement mauvais. Il est juste paresseux et nous ressort des recettes vues et revues sans vraiment les améliorer ou les détourner. Bien sûr on n'attend pas d'un FPS de ce genre une originalité à toute épreuve et si vous êtes fan du genre la campagne malgré sa durée un peu trop brève et son scénario franchement bourrin est efficace. On regrettera aussi que les améliorations graphiques ne soient pas mieux servies par une IA plus agressive ou du moins dynamique qui rendrait les combats plus palpitants. On a souvent l'impression de se déplacer de poste de tir en poste de tir à la manière d'un jeu à l'ancienne comme Virtua Cop et tout ses clones. Une fois encore, le constat est un peu sévère mais ne doit pas occulter le fait que le jeu souffre par dessus tout de son air de déjà vu. Le même constat s'applique pour le mode multi-joueurs qui est non seulement nerveux et efficace mais en plus apporte un principe de coopération en binôme qui fonctionne à merveille. Là encore, l'avenir nous dira si cela sera suffisant pour que les fans d'u nature FPS passent du temps sur ce Medal of Honor ou bien s'il ne feront qu'une petite visite entre deux parties de Battlefield 3 et en attendant Black Ops 2 qui pointe déjà le bout de son nez.







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Graphismes
8 / 10L'amélioration est nette depuis le précédent opus et le Frostbite 2 fait des merveilles. Le jeu propose de charger le pack de texture HD (2 Go) sur son DD. C'est bien évidemment fortement recommandé.
Jouabilité
7 / 10Du très classique. On notera juste un level design un peu paresseux, y compris pour un FPS couloir.
Son
7 / 10Les bruitages des armes et des impacts sonttrès bien rendus. le doublage VF est de bonne qualité et les musiques sont dans le ton demandé pour ce genre d'ambiance.
Durée de vie
5 / 10Une note clémente malgré un solo à la durée de vie riquiqui. Le multi-joueurs est assez bien fait pour vous retenir quelques semaines.
Fun
6 / 10Si les fusillades sont un peu trop molles les deux chapitres en voitures sont explosifs.