Test de jeu / Xbox 360 / Fable 3

- publié le 26 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :29/10/2010
- Développeur :Lionhead Studios
- Distributeur :Microsoft Games
- Thème :Heroïc Fantasy
- Genre :Action / RPG
Une des plus juteuses licences de Microsoft revient aujourd’hui avec un troisième opus, deux ans seulement après sa deuxième itération. Si les deux premiers Fable n’avaient pas tenu toutes leurs promesses, la faute à un Peter Molyneux un peu trop prétentieux dans ses propos, il faut tout de même avouer que la qualité était au rendez-vous. Après nous avoir conté de « simples » histoire de héros dans les deux premiers épisodes, le dernier né des studios Lionhead nous propose cette fois de mener à bien une révolution pour accéder au trône, pour ensuite gouverner sur le royaume d’Albion. D’une main tremblante ou d’une poigne de fer ?Il était une fois…Les évènements de Fable III prennent place 50 ans après ceux du précédent opus. Les choses ont changé à Albion depuis que le vieux Héros (comprendre celui que l’on incarnait dans Fable II) est mort. Son fils Logan règne désormais sur le pays d’une manière indigne de la personne qu’il aurait dû être. Nous incarnons son frère (ou sa sœur, selon notre choix au début de l’aventure) et sommes impuissant face au pouvoir qu’il exerce. Jusqu’à ce que ce dernier commette l’irréparable, à savoir nous demander de faire un choix cornélien entre sauver des gens de la populace d’une mort atroce, ou bien sauver l’être le plus cher à nos yeux. Suite à cet évènement forcément tragique quel que soit notre choix, il n’est plus envisageable de rester une seconde de plus au château. C’est alors que notre fidèle ami Walter nous souffle à l’oreille un mot puissant, mais ô combien dangereux : révolution. C’est ainsi que l’aventure débute, jonché de nombreux obstacles qu’il faudra surmonter pour espérer pouvoir rallier à notre cause le plus de monde possible. Des gitans des montagnes, en passants par des résistants ou encore des autochtones, les visages que l’on verra passer seront aussi éclectiques que nombreux.
Et cette montée en puissance ne sera pas de tout repos, puisque qui dit aventure dit forcément combats. Ici, le système à quelque peu changé depuis les précédents Fable. Le tout ne se limite plus qu’à trois boutons : un pour les coups au corps à corps, un pour les armes à feu et le dernier pour la magie. A nous de voir avec lequel de ces moyens nous nous sentirons le plus à l’aise. Les développeurs n’ont pas manqué de nous motiver à être le plus polyvalent possible en nous faisant lorgner quelques succès qui ne se débloqueront qu’avec du mérite. Cependant, il faut avouer que ce système simplifie encore plus le tout et la difficulté du titre, déjà peu retorse à la base, s’en voit encore plus mise à mal. Mourir au combat sera une chose qui n’arrivera que rarement, voire jamais. Cela n’entachera toutefois pas le plaisir de jeu puisque les combats seront quand même relativement fréquents, d’autant plus que le nombre d’ennemis à l’écran sera parfois assez important. On peut seulement regretter que le bestiaire ne soit pas plus fourni que ça. D’autant plus que la plupart sont largement connus des joueurs de la franchise.

Notre progression sera symbolisée par la Route vers le Pouvoir, chemin onirique jonché de portails menant jusqu’au château. Entre chaque portail – symbolisant à chaque fois un moment clé de l’histoire – se trouveront plusieurs coffres. Ces derniers ne s’ouvriront qu’avec des Sceaux de la Guilde gagnés au combat ou en réussissant des quêtes. Ces coffres pourront donc contenir des améliorations pour nos pouvoirs, des packs d’expressions, de nouveaux sorts, des niveaux supérieurs pour les emplois que l’on peut exercer (forgeron, fabricant de tarte ou… luth hero), etc… Tous les débloquer demandera un certain temps, tant certains se révèleront chers.
Cette Route vers le Pouvoir sera accessible à tout moment de l’aventure, via le Sanctuaire. Mais qu’est donc ce fameux Sanctuaire? Et bien tout simplement ce qui remplace tout menu qui pourrait venir couper le rythme de notre partie. En effet, Peter Molyneux avait exprimé son aversion pour les menus parfois compliqués et surchargés que l’on trouve dans certains jeux. Ici plus rien, hormis celui que l’on ouvre pour tout ce qui est paramètre de jeu et sauvegardes… depuis le sanctuaire. Cette fameuse pièce qui se trouve on ne sait où nous permettra donc de jeter un œil sur la carte, de trouver des quêtes et de les accomplir avec une facilité déconcertante tant l’ergonomie ici est de mise. Pour ce qui est des armes, des vêtements, de notre trésorerie ainsi que l’affichage de nos succès ou encore tous les paramètres online, cela sera aussi dans cet endroit que cela se passera. Si au début on pourrait paraître quelque peu sceptique face à la réelle utilité de la chose, il est clair qu’au fil du temps on se rend compte que finalement oui, cela sert bel et bien à l’immersion dans le jeu. D’autant plus que les temps de chargement qu’aurait pu nécessiter un tel menu pause s’avèrent inexistants ! Bref, une réelle bonne idée que celle-ci, sur laquelle notre cher Peter n’aura pas menti.

Sachez que l’histoire de ce troisième opus est sans aucun doute la plus intéressante qu’il nous ait été donné de suivre dans la série des Fable, en grande partie en raison du fait qu’une fois que l’on accèdera au trône, ce ne sera pas synonyme de fin de partie. Au contraire, même si au final cela ne s’avèrera qu’un tiers du jeu, être aux commandes du Royaume d’Albion apportera un sentiment de puissance, mais surtout une prise de conscience des responsabilités que cela impliquera. Et Dieu sait que les nombreux choix que l’on nous demandera de faire (comme tenir des promesses que l’on a faites pour construire notre armée lors de la révolution par exemple) seront la plupart du temps réellement difficiles à faire. Nous n’en révèlerons pas plus toutefois, le scénario de Fable III ayant bénéficié d’un soin tout particulier qu'il est préférable de vous laisser découvrir par vous-même.
Au rayon nouveautés, pas grand-chose à signaler cette fois. La toute première impression que l’on aura manette en main, c’est d’avoir affaire à un Fable II.I plutôt qu’à un Fable III. Les graphismes ont peu ou pas évolué, et il ne sera pas rare de voir des textures s’afficher tardivement, ou d’observer bien malgré nous un clipping parfois bien trop présent. D’autant plus que le tout est ponctué régulièrement de chutes de framerate, qui peuvent s’avérer gênantes par moments. Fort heureusement, la direction artistique propre à la série reste toujours au top niveau, et il fera bon de se balader dans les diverses contrées qui composent cette nouvelle aventure. Les habitants ne seront pas en reste non plus, avec quelques personnages hauts en couleur ! L’humour propre à la série répond également à l’appel, et il n’est à n’en pas douter que certaines missions resteront dans nos mémoires, mention spéciale à nos trois rôlistes qui nous feront passer un très agréable moment…

Notre fidèle compagnon le chien sera une nouvelle fois à nos côtés, et se révèlera fort utile pour trouver les nombreux trésors cachés un peu partout. Il y a seulement lors des combats que celui-ci se révèlera moins utile que ce que l'on nous a laissé croire. Par la suite, on pourra lui apprendre de nouveaux tours en achetant sur les marchés des livres le concernant. D’ailleurs parlons-en de ces marchés. Comme de coutume, il sera possible d’acheter tout et n’importe quoi, comme des potions, des vêtements, des armes, en passant par les bijoux pour ces gentes dames que l’on aimerait courtiser, ou même les alliances pour celles que l’on voudrait épouser. A savoir d’ailleurs qu’ici une nouveauté fera son apparition, mais dans le mode coopération du titre.
En effet, comme le second opus, il sera possible d’être accompagné d’un second héros lors de nos quêtes, que cela soit en local ou en ligne. Là où dans Fable II nous étions limité à la taille de l’écran pour la zone de jeu, cette fois celui-ci se divise en deux pour nous laisser nous balader où bon nous semble sans avoir à ce coltiner en permanence cet autre boulet que l’on appelle communément « ami ». Mais si pour vous ce dernier s’avère être un petit peu plus que cela, sachez qu’il sera désormais possible de l’épouser ! Et même de faire des enfants avec… enfin dans la mesure ou cela est possible évidemment. Autrement, il faudra se porter sur l’adoption qui est un bon moyen également de devenir parent sans avoir à subir d’éventuels dégâts internes… A contrario, si l’on entretient une relation purement platonique avec notre ami mais que l’on ne perd pas le sens des affaires, il sera possible d’entretenir un partenariat commercial avec celui-ci, ce qui permettra par exemple lors d’un achat d’un objet de diviser le prix de ce dernier par deux ! Bref, le mode coopération n’a vraiment pas été pris à la légère ce coup-ci, et cela se révèlera réellement plaisant de parcourir Albion avec un autre compagnon que son chien.

Mais que serait un épisode de Fable sans ses musiques enchanteresses et ses dialogues savoureux ? Sûrement pas la franchise que l’on connaît aujourd’hui. Bref, une fois encore, les musiques et les bruitages s’avèrent d’une qualité incroyable. Les compositions sont vraiment bonnes, et il ne sera pas rare de les avoir en tête en journée tant certaines peuvent s’avérer reposantes. Quant aux doublages français, ceux-ci se révèlent également de très bonne facture, chose assez rare pour être soulignée ! Alors certes de grands noms ont travaillé sur la version originale mais quand même, le doublage français ne viendra aucunement gâcher notre plaisir ! Caricaturaux à souhaits pour des dialogues plus loufoques les uns que les autres, la qualité d’écriture de ce Fable est à un niveau malheureusement trop rarement atteint. Bref, on savourera chaque instant !
Quant à la durée de vie du titre, il faudra compter entre quinze et vingt heures pour terminer le jeu en se dépêchant et entre cinq et dix heures de plus si l’on compte terminer les nombreuses quêtes annexes. Mais lorsque l’on sait qu’il est possible de refaire le jeu et ce de manière complètement différente de la première fois, on peut facilement doubler ce chiffre. Bref, avec Fable III on en aura pour notre argent, c’est indéniable !
• La montée en puissance de notre héros
• Les musiques
• La durée de vie / la replay value
• Peu de réelles innovations
• Techniquement pas au top
• Quelques chutes de framerate gênantes
Verdict
Bien qu'au premier coup d'œil, Fable III ne donne pas réellement le sentiment d'apporter grand-chose à la série, et c'est en partie le cas, il sublime la majeure partie de ce qui faisait les qualités du second opus. Tant au niveau du scénario réellement intéressant à suivre qu'aux petites nouveautés ajoutées ici et là, se retrouver une nouvelle fois en Albion n'aura jamais été aussi bon. Si techniquement parlant le jeu n'est pas ce qui se fait de mieux sur Xbox 360, la direction artistique de l'ensemble permet de ne pas porter préjudice au jeu, le tout étant porté par des musiques toujours aussi sublimes et des dialogues toujours aussi drôles. Bref, tout fan de Fable se doit de posséder ce qui est sûrement le meilleur épisode de la série. Un investissement sûr, d'autant plus que la durée de vie est au rendez-vous, et ce que l'on soit seul ou accompagné.
La Ligue XBF

Graphismes
7 / 10Les textures s'affichent régulièrement avec du retard et le clipping est omniprésent. La direction artistique propre à la série parvient toutefois à sauver l'ensemble.
Jouabilité
8 / 10Simplifiée à l'extrême par rapport aux précédents opus, celle-ci est réellement appréciable. Le fait qu'il n'y ait plus aucun menu rend le tout beaucoup plus ergonomique qu'autrefois.
Son
9 / 10Les musiques sont sublimes, les bruitages remplissent leur contrat et les doublages, français, sont de qualité. Que demande le peuple si ce n'est une révolution ?
Durée de vie
9 / 10Comptez une bonne grosse vingtaine d'heures pour terminer le jeu une première fois de manière complète, et le double pour le faire une seconde fois de façon complètement opposée à la première tentative.
Fun
8 / 10Se balader dans cet univers aussi particulier qu'accrocheur est toujours un véritable plaisir, d'autant plus que cette fois l'histoire est réellement passionnante… et être sur le trône se révèlera diablement fun !