Test de jeu / Xbox 360 / Enslaved : Odyssey to the West

- publié le 20 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :08/10/2010
- Développeur :Ninja Theory
- Distributeur :Namco Bandai
- Thème :Futuriste
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1
Après avoir offert à la Playstation 3 une exclusivité plus ou moins contrastée avec Heavenly Sword, le studio de développement Ninja Theory s'est attelé à la création d'un nouveau titre attendu cette fois sur PS3 et Xbox 360. Après plusieurs mois de développement, Enslaved : Odyssey To The West voit enfin le jour. Le résultat se montre t-il à la hauteur ? Réponse dans les lignes qui suivent !I had a dream...Le nom de Ninja Theory ne vous dit peut-être pas grand chose. Il faut dire que le studio ne s'est pas vraiment illustré par le nombre astronomique de ses sorties. La première d'entre elles fut d'ailleurs une exclusivité Xbox et plus précisément Kung Fu Chaos, un party games déjanté sorti en 2003 et qui trouva rapidement de nombreux adeptes. Malgré la réussite de ce premier jeu, les développeurs ont néanmoins pris le temps de la réflexion avant de se lancer dans un nouveau projet. Si beaucoup attendaient une suite à leur premier jeu, le studio surprit tout le monde en annonçant travailler sur un titre nouvelle génération qui allait rapidement devenir une exclusivité Playstation 3. Fort d'une réalisation graphique époustouflante, Heavenly Sword récupéra quasiment instantanément l'étiquette de « killer-app », comprenez par là qu'il incarna très vite l'un des jeux susceptibles de faire vendre la console sur son seul nom. Le résultat, globalement réussi lors de la sortie du jeu en 2007, était néanmoins loin de tenir l'ensemble de ses promesses. L'histoire se répéta alors à nouveau et le studio prit encore le temps de la réflexion avant de débuter un nouveau jeu. Trois ans après la sortie d'Heavenly Sword, Ninja Theory propose donc aux joueurs sa nouvelle création, la première multiplateforme, avec Enslaved, une épopée qui ne brille certes pas par son originalité mais qui pourrait bien vous séduire par son efficacité. Explications !
L'histoire, tout d'abord, débute alors que Monkey, le héros principal de l'aventure, est retenu prisonnier à bord d'un énorme vaisseau. Il faut dire que les temps sont durs pour l'humanité, réduite en esclavage par de malicieux robots, devenus l'espèce dominante sur la planète. Si les développeurs décrivent un futur peu encourageant (l'histoire se déroule presque 200 ans après notre ère), l'espoir n'est jamais très loin et est rapidement incarné par Monkey. Notre homme, qui tire son surnom de sa capacité à se fondre dans la nature depuis sa naissance et la disparition de ses parents alors qu'il était encore enfant, va très vite devenir héros malgré lui du sauvetage de l'humanité. Pourtant, le destin de Monkey semblait tout tracé, le vaisseau l'emmenant vers un esclavage dont il ne pourrait échapper. Heureusement pour lui, la jeune et charmante Tripitaka, ou Trip pour les intimes, a entrepris le sabotage du vaisseau pour s'échapper. Les cellules des prisonniers n'étant plus alimentées en électricité, Monkey en profite alors pour se faire la malle et filer vers une liberté retrouvée. Malheureusement, celle-ci sera de courte durée puisqu'après un atterrissage mouvementé, notre héros aura la désagréable surprise de se réveiller avec une étrange couronne sur la tête. L'heure est alors venue pour Trip de faire les présentations et d'expliquer le fonctionnement de cet étrange accessoire. S'il n'est plus l'esclave des robots, Monkey est néanmoins devenu la chose de Trip puisque cette dernière a désormais sa vie entre ses mains. Le deal est bien simple : soit Monkey accepte de l'aider à rejoindre son village, soit il meurt. S'il tente de s'échapper, il meurt; s'il ne vient pas en aide à Trip et laisse cette dernière mourir, il perd la vie également. Autant dire que le choix est vite fait pour Monkey qui accepte, un peu contraint et forcé, d'accompagner la belle étrangère...

Quand Monkey a les boules...Après un premier chapitre faisant surtout office de tutorial à bord du vaisseau dont s'échappent Monkey et Trip, le joueur découvre alors un futur visuellement très attrayant qui tranche radicalement avec le sombre destin de l'humanité. Ainsi, votre fuite vous conduit directement dans un New-York méconnaissable où les buildings partagent désormais le sol avec une végétation luxuriante. C'est une certitude, sur le plan graphique, les développeurs de Ninja Theory ont effectué de l'excellent travail. La modélisation est riche et détaillée, et surtout, la profondeur de champ est tout simplement ahurissante. C'est bien simple, vous vous surprendrez à arrêter votre progression plus d'une fois pour admirer la beauté de l'environnement. Les couleurs sont chatoyantes, les effets de lumière très convaincants et les détails fourmillent. La mise en scène permet également de mettre en valeur l'excellent travail de modélisation en choisissant des angles de vue qui mettent assurément en avant le level design des niveaux. La modélisation s'apprécie aussi lors des scènes cinématiques, qui rythment votre progression, et plus particulièrement la modélisation des personnages et notamment leurs visages, criants de réalisme. Néanmoins, malgré des qualités graphiques évidentes, le titre n'est pas parfait et certains détails viennent quelque peu gâcher la fête. Le premier d'entre eux, et sans doute le plus gênant, reste le manque d'inspiration au niveau du design des ennemis. En effet, votre route croisera de nombreux robots mais peu d'ennemis différents. Ainsi, du début à la fin de l'aventure, vous ne devriez pas affronter plus d'une dizaine d'ennemis différents. Le boss d'un chapitre devient par exemple un ennemi par la suite, tandis qu'un autre sera utilisé pour pimenter plusieurs niveaux. Bref, le manque d'inspiration est flagrant, mais ne gâche en rien le spectacle visuel concocté par les développeurs. En revanche, d'autres désagréments viennent quelque peu ternir le tableau sans toutefois remettre en cause la qualité des graphismes. Ainsi, l'on regrette fortement les scintillements présents sur certains éléments du décor et surtout les retards d'affichage qui touchent principalement les textures. Il peut arriver que le temps de quelques secondes s'affichent sous vos yeux une bouillie de pixels qui n'a assurément plus sa place sur Xbox 360.
En terme d'ambiance sonore, le constat est un peu plus mitigé et par conséquent notre critique un peu plus sévère. Tout d'abord, touchons quelques mots sur les compositions musicales de Nitin Sawhney, globalement très réussies et qui accompagnent à merveille chacune des situations, tout comme les bruitages certes classiques mais efficaces. Les doublages, intégralement en français, se montrent, avec surprise, d'excellente qualité. Les voix choisies collent à la perfection à la personnalité des différents héros et les intonations sont toujours justes, que les scènes soient cocasses (l'humour est très présent dans le jeu, notamment dans sa seconde partie) ou au contraire plus dramatiques. Après un tel déluge de compliments, vous vous dites sûrement que le début de mon paragraphe est hors de propos, et bien non ! Malheureusement non ! Si l'ambiance sonore ne manque pas de qualités, les développeurs ont presque tout gâché en ratant leur mixage audio lors des cinématiques où les dialogues sont tout simplement inaudibles. Je ne peux que vous conseiller de jouer avec les sous-titres si vous souhaitez comprendre l'histoire dans ses moindres détails. La pilule est vraiment dure à avaler et l'on se demande encore comment les développeurs n'ont pu corriger un tel défaut avant la sortie du jeu ! Bref, il ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie mais force est de constater que ce mixage audio est vraiment regrettable car pour tout vous dire, il reste sans doute le plus gros défaut du jeu !

Very Good TripEn effet, en terme de gameplay, le titre ne brille pas par son originalité, mais se montre diablement efficace et surtout très prenant. Il faut dire que les bonnes idées affluent et que le gameplay propose un savant mélange entre action, plateforme, infiltration et réflexion, bien que ce dernier point soit en retrait par rapport aux trois premiers cités. En ce qui concerne la plateforme, les développeurs disposent avec Monkey d'un héros très agile, rapide, capable de sauter, bondir et s'accrocher à n'importe quel type de surface. Le voir progresser dans l'environnement est un véritable régal et la prise en main se montre vraiment très accessible. C'est d'ailleurs sur ce point précis que le titre nous a également déçu : il est impossible de se perdre dans le jeu. En plus d'environnements assez fermés et d'une progression linéaire, les développeurs ont eu la mauvaise idée de mettre en surbrillance les éléments avec lesquels peut intéragir Monkey. De ce fait, les séquences de plateformes gagnent énormément en simplicité d'autant plus que ces passages sont fortement assistés rendant toute chute impossible. Si l'on regrette fortement ce dernier point, force est de constater que les combats sont en revanche un peu plus pimentés. Plutôt bien mises en scène et très dynamiques, les joutes s'articulent autour de deux types d'attaque que l'on effectue avec les touches X et Y, l'une étant l'attaque de base, la seconde l'attaque chargée, beaucoup plus puissante. Si ne proposer que deux types d'attaque peut sembler très réducteur, de nombreux combos sont possibles et surtout, de nouvelles attaques pourront enrichir vos possibilités à mesure que vous progresserez et accumulerez suffisamment d'orbes. Ces dernières sont en effet très précieuses et permettent d'acheter de nombreuses améliorations, lesquels concernent alors vos facultés au combat, votre bouclier, votre jauge de santé et enfin votre arme. Celle-ci, qui est en fait un bâton aux capacités redoutables, pourra notamment être utilisée pour toucher ou immobiliser à distance vos adversaires, pour peu que vous possédiez les munitions adéquates. Enfin le dernier aspect du gameplay, et non des moindres, concerne l'infiltration et plus précisément la coopération entre Trip et Monkey. Pour progresser, nos deux héros doivent impérativement collaborer et cette association prend la forme d'ordres que l'on peut donner à Trip. En appuyant sur la touche LB, on accède alors à différentes actions, lesquelles changent alors en fonction des circonstances. Ainsi, vous pourrez demander à Trip d'actionner certains mécanismes vous permettant l'accès à d'autres parties de l'environnement afin d'effectuer à votre tour des actions permettant la progression de Trip. Plus généralement, la coopération entre nos deux héros prendra surtout la forme de distraction. Les robots sont parfois lourdement armés et avancer tous les deux au milieu d'un tel enfer est alors impossible. Vous pouvez alors demander à Trip d'utiliser un leurre pour attirer l'attention des robots et ainsi vous échapper sans le moindre problème. Bien évidemment, Monkey pourra faire de même pour permettre à Trip de progresser à son tour.

Enfin, si le gameplay se montre à la hauteur, la longévité de l'aventure nous laisse un peu sur notre faim. La difficulté n'est pas très relevée (même dans le mode le plus difficile) et surtout les 15 chapitres se bouclent rapidement. Il ne vous faudra pas plus d'une dizaine d'heures avant d'en voir le bout. Le jeu étant assez linéaire, la replay-value est quasiment nulle. Seuls les amateurs de succès parcourront à nouveau chaque environnement à la recherche des orbes et masques parfois très bien planqués !
• Les graphismes globalement impressionnants
• Un habile mélange des genres
• L'accessibilité de la prise en main
• Le mixage audio raté lors des cinématiques
• La durée de vie, un poil décevante
• Les séquences de plateforme trop assistées
Verdict
En définitive, Enslaved est une excellente surprise. Fort d'une réalisation graphique étincelante et d'un gameplay certes classique mais efficace, le titre de Ninja Theory est assurément l'un des titres majeurs de cette fin d'année. Proposant des combats dynamiques, une prise en main très (trop?) accessible et un habile mélange des genres, le titre ne souffre que d'un scénario classique, d'une durée de vie un peu décevante et surtout d'un mixage audio raté lors des cinématiques. Néanmoins, il est difficile de faire la fine bouche devant un cocktail aussi détonnant qui vous laissera à coup sûr un excellent souvenir !
La Ligue XBF

Graphismes
8 / 10L'environnement est vraiment sublime avec une modélisation détaillée, des couleurs chatoyantes et une multitude de détails. Dommage que le design des ennemis soit si répétitif et l'affichage imparfait.
Jouabilité
8 / 10La jouabilité est assurément assistée et ce que l'on perd en liberté, on le gagne en spectacle. Malgré la variété du gameplay, la prise en main se révèle très accessible, et ce en dépit de légers problèmes de caméra.
Son
7 / 10L'ambiance sonore est vraiment de grande qualité, qu'il s'agisse des musiques, des bruitages ou des doublages en français. Malheureusement, le mixage audio rend les cinématiques particulièrement inaudibles...
Durée de vie
6 / 10Sans doute le point faible du titre puisqu'il ne vous faudra qu'une dizaine d'heures de jeu pour en faire le tour...
Fun
8 / 10Malgré un manque d'originalité flagrant, incarner Monkey est un véritable bonheur tant le titre se montre accessible, dynamique et prenant.