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Test de jeu / Xbox 360 / Damnation

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Vous rêviez peut-être avec Damnation devenir l’homme le plus rebelle de la terre, que votre charme viril fasse tomber toutes les filles à vos pieds, de posséder une moto de 1000 chevaux comme monture. En bref, d’être le Duke Nukem du XIXe siècle. Et bien réfléchissez-y encore car ce n’est pas ici que vous assouvirez vos fantasmes…

Il existe des jeux parfois où l’on sait exactement à quoi s’attendre. Il y a le bon côté lorsqu’une suite d’un blockbuster arrive et nous fait frétiller d’impatience, et le mauvais côté où l’on plisse les yeux de peur rien que de voir une vidéo tourner sur le titre en question. Damnation fait définitivement partie de cette dernière catégorie, et s’il ne se bat pas pour être nommé comme le meilleur jeu de l’année, il devrait au contraire remporter tous les suffrages pour devenir le soft 2009 le plus médiocre. Pourtant on croit jusqu’à l’écran principal qu’on s’est trompé sur sa qualité, et qu’il va à un moment ou un autre nous surprendre. On relativise aussi. On se dit que Codemasters a réussi de bonnes choses ces derniers temps et qu’il en est presque inconcevable d’avoir en face de nous un jeu si mauvais, mais arrive le moment fatidique de la scène d’introduction et des premières minutes du jeu. Et à ce moment là, la seule phrase qui nous vient à l’esprit est « on va souffrir ».Le jeu qui portait admirablement bien son nomLa douleur se fait ressentir dès les premiers échanges de coups de feu et se confirme par la suite lors des phases en plates-formes. Pour situer le genre, Damnation est un mélange de jeu de tirs à la troisième personne (non, ce serait honteux de le comparer à Gears of War puisqu’il n’y a pas de système de couverture) et de Prince of Persia pour tout ce qui relève de l’escalade. L’horreur arrive donc dès le départ avec cette mollesse dans la jouabilité lors des phases de shoot : le viseur est aussi énorme qu’une fenêtre, et le délai entre la pression de la gâchette et la réaction à l’écran est d’une horreur sans nom. La confusion est totale : on se prend les premières balles sans avoir vu un seul ennemi, notre écran devient alors gris pour annoncer l’état critique de notre personnage, nous allons nous cacher derrière un mur histoire de récupérer; mais pendant ce temps là, nos deux coéquipiers sont à terre et nous demandent de l’aide. On ressort donc de notre cachette sans savoir où se trouvent nos blessés (il n’y a aucune indication qui nous permet de les localiser), nous tournons autour des deux petites maisons dans l’espoir d’en apercevoir un, mais au lieu de ça nous tombons nez à nez avec notre premier ennemi. Cible dans le viseur, trois tirs au pompe plus tard (dont deux à côté), il est enfin à terre. Cependant, ces copains, nous voyant derrière les murs, savaient parfaitement quand nous allions sortir. C’est donc le Game Over après deux minutes de jeu. Mauvais signe.

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Toutefois, n’aurait-on pas oublié de parler du scénario? A vrai dire, s’il en existe un, votre serviteur ne l’a pas vu, ou bien les développeurs en ont fait abstraction. Tout ce que l’on sait, c’est qu’aux alentours des années 1900, un complexe militaro-industriel nommé PSI a décidé de contrôler par la force tout le continent nord-américain. Nous incarnons alors Hamilton Rourke (pauvre Lewis) qui fait partie de la résistance et dont le but est d’arrêter ce massacre en éliminant William Dean Prescott, l’homme à la tête de cet empire. Bien entendu, l’histoire regorge de péripéties lourdingues dont on se contrefiche. Rajoutez à cela une mise en scène digne d’une réalisation signée Uwe Boll, et vous aurez plus ou moins cerné l’énorme potentiel narratif du titre.Prince of bullshitPour une durée de vie d’environ huit heures, vous serez donc envoyé dans plus de six endroits différents, vous amenant dans d’énormes cavernes ancestrales, à des usines perchées sur des montagnes, en passant par l’énorme cité de Terra Verte. Si vous comptez y jouer en coopération, la durée de vie devrait être abaissée de quelques heures puisque vous ne serez pas ralenti par une intelligence artificielle qui fait plus office de boulet que d’un véritable support.

Si l’on a parlé précédemment des phases d’action mollassonnes, nous avons très peu insisté sur la partie plate-forme. Notre Hamilton Rourke est capable de beaucoup de prouesses avec la possibilité d’escalader des murets, passer par une fenêtre, s’aider d’un mur pour rebondir sur l’autre. Un vrai prince de Perse. Et malgré des passages beaucoup trop redondants, elles sont un poil plus réussies que les scènes d’action. Cependant on est très loin des références du genre, et de multiples problèmes viennent là aussi gâcher le plaisir, dont en partie l’ergonomie. C’est sans doute le point noir de Damnation car rien n’est fait pour aider le joueur, ou presque. Prenons un exemple : si l’on veut sauter sur la corniche opposée, il faut appuyer sur l’épaule droite de la manette et ensuite presser le bouton « A » pour exécuter correctement l’action. Nous n’orientons pas le sens du saut avec le joystick mais uniquement avec cette touche. C’est affreux, on s’emmêle souvent les pinceaux, et il n’est pas étonnant de se ramasser les dents 50 mètres plus bas à cause d’une mauvaise manipulation. L’autre souci vient de l’axe de la caméra qui n’est pas du tout adaptée pour ce type de passage. Etant placée légèrement en hauteur par rapport à notre personnage, Il n’est pas rare que celle-ci s’approche juste au dessus de la tête au point de ne plus le voir, et de cacher ainsi les possibilités qui s’offrent à nous. Gavant.

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Mais ce n’est pas tout, les développeurs de Blue Omega ont eu la bonne idée de varier le gameplay avec des étapes en moto. Au design encore une fois discutable, cette motocycle permet au joueur d’exécuter quelques cascades grâce à son boost et à la possibilité de longer les murs durant plusieurs secondes. Même si cela reste techniquement ridicule, on s’amuse à faire n’importe quoi avec cette physique d’un autre temps.Un Unreal méconnaissableIl fallait terminer cet article par l‘aspect technique, un peu comme le bouquet final d’un feu d’artifice. Que dire si ce n’est que Damnation est une véritable catastrophe, et ce dans tous les domaines se rapportant au champ lexical du « visuel »: le level design, l’animation, la modélisation, les textures, la diversité des environnements, l’orientation artistique, etc. Rien mais alors rien n’est à sauver, et l’on ne détaillera pas plus loin tous ces défauts de peur d’être beaucoup trop machiavélique. Toutefois, rares sont les titres avec un cheminement aussi illogique que le titre de Blue Omega, et il sera plusieurs fois tentant de s’arrêter pendant cinq minutes pour comprendre où le jeu veut nous mener. Un comble pour un titre si linéaire. Outre l’intelligence artificielle abominable, n’omettons pas les bugs de collisions incalculables qui nous feront plus rire qu’autre chose. Il ne sera pas étonnant par exemple de voir un garde coincé dans un mur à cinq mètres au-dessus du sol. Très sympathique.

test écrit par Thomas


  • Graphismes

    2 / 10

    On se demande encore où est passé l'Unreal Engine dans cette bouillie graphique. Il n'y a vraiment rien à en tirer de bon.

  • Jouabilité

    3 / 10

    Une jouabilité rigide et peu précise qui nous ramène des années en arrière. Si le côté " old school " était assumé, pourquoi pas. Mais là non.

  • Son

    2 / 10

    Le doublage en français est à mourir de rire. Aucune émotion ne se ressent dans les dialogues, c'est sur-joué, même la série " Agences Tous Risques " était mieux doublée. C'est dire…

  • Durée de vie

    4 / 10

    Si vous êtes un chouia persévérant, il vous faudra au moins huit heures pour sortir de cet enfer, voire un petit peu moins si vous comptez y jouer à deux. Le multijoueur reste quant à lui anecdotique.

  • Fun

    3 / 10

    Si vous êtes en coopération, vous aurez l'occasion de vous marrer ensemble sur les multiples défauts du jeu. Si vous êtes tout seul, nous vous souhaitons bonne chance pour continuer l'aventure jusqu'au bout.

• Pouvoir souffrir en coopération
• On cherche encore….

• L'aspect technique
• Une ergonomie exécrable
• Tout le reste…

3 / 10

Verdict

Vous l'aurez donc compris, Damnation est un échec total, un succulent navet qui pourra faire office d'excellent cadeau pour la personne que vous haïssez tant. Même pour les férus de TPS, il serait très mal pensé d'acheter pour 60 € un titre de cet acabit. Bref, tout est à jeter dans ce titre, et l'on se demande encore comment Codemasters a pu oser sortir un jeu de cette qualité. A oublier.

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