Test de jeu / Xbox 360 / Crysis 2

- publié le 22 mars 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :25/03/2011
- Développeur :Crytek
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :FPS / Doom Like
Quelque chose me dit que la claque que l'on s'est prise sur le coin du museau par Crysis a laissé des traces. Une hypothèque sur un appartement cossu du 16ème, un buzz cosmique, et des centaines de milliers de personnes qui hurlaient de rage en jouant à 6 images par seconde : voici ce à quoi on pouvait assister sur les forums de la planète Web à la sortie du second FPS de Crytek.
Presque 4 ans après, ces développeurs de talent nous offrent un second opus que l'on imagine titanesque, autant grâce à son esthétisme qu'à sa mécanique de jeu bien huilée. Pour autant, on se devait de tâter la bête pour découvrir si on ne nous vendait pas du rêve. Réponse.




Quand la Grosse Pomme est attaquée...Trois ans après les événements des Philippines du premier opus, nous voila plongés dans une opération d'extraction dans un New York en proie à une épidémie sans précédent. Alcatraz (le personnage que l'on contrôle) et une équipe de Marines sont donc envoyés en sous-marin dans l'Hudson River pour sortir Nathan Gould, un scientifique, de ce bourbier sans nom. Au moment de remonter à la surface, le bâtiment est attaqué et c'est à la force des bras que l'on doit sortir du submersible en perdition. Les hurlements incessants des hommes pris de panique, le bruit sourd de l'eau qui envahit rapidement le sous-marin, la musique magnifique de Hans Zimmer et les graphismes époustouflants nous laissent entrevoir une réalisation majestueuse. Une fois à la surface, on compte les blessés et, pire, on découvre que la Big Apple est dévorée par les flammes. Le chaos ambiant qui règne et la violence extrême du choc sont tels que l'on ne dispose que de très peu de temps pour comprendre que la situation est incontrôlable. Mais tout ceci empire encore lorsque les hommes toujours en vie sont pris pour cible par un vaisseau extraterrestre. Alcatraz perd connaissance et ne revient à lui qu’au moment où un guerrier ultime tente de dézinguer le jet d'E.T.. Votre sauveur n'est autre que Prophet, un des hommes pourvus de la Nanocombinaison dans Crysis premier du nom. Le décor est planté : Crysis 2 va poutrer sa maman au moins autant que le premier.
Vous l'aurez compris, il n'est nullement question d'arborer fièrement la Nanocombinaison dans le premier chapitre. On incarne un simple trouffion sous l'emprise d'une gueule de bois carabinée. En bref, un mec comme un autre, qui s'est retrouvé plongé, bien malgré lui, dans un contexte aussi tendu qu'un string. Puis, sans vous livrer de méchants spoilers, disons que l'on va reprendre la mission qui avait été confiée à notre unité, à savoir retrouver le scientifique et le ramener en lieu sûr, si ce n’est que nous devrons finalement l’accomplir seul. Enfin, seul à un détail près puisqu'une Nanocombinaison 2.0 va nous tomber dans les bras. Ainsi, à nous la force, la rapidité, le camouflage et l'intelligence décuplée par une combinaison aussi redoutable pour ses ennemis que dangereuse pour son porteur.
Au départ, on s'aperçoit que nous sommes au cœur d'une guerre entre des hommes du C.E.L.L. (une organisation paramilitaire secrète qui souhaite tuer Prophet tout en voulant mettre la main sur la Nanocombinaison) et des extraterrestres peu conciliants ayant élu domicile sur Manhattan. Dans un premier temps, on découvrira tranquillement les subtilités de la combi face à des humains rusés, mais de bien plus faible constitution que soi. Puis, la rencontre avec des visiteurs venus d'ailleurs nous fera apprécier la Nanocombi à sa juste valeur. Plus imprévisibles, ces ennemis sont l'occasion de tirer pleinement parti des upgrades en tout genre (lecture des trajectoires des balles, détecteur d'invisibilité, ou encore recharge plus rapide de la santé ou de la force). Quoi qu'il en soit, les combats sont spectaculaires et demandent un haut niveau de concentration. Pointons aussi du doigt une intelligence artificielle crédible et qui donne l'impression au joueur d'être au cœur de l'action. L'immersion à son paroxysme, tel est le credo de Crysis 2.




... Alcatraz contre attaqueLors de la progression, on pourra aussi découvrir les subtilités de la réalisation et du gameplay. Pour la première, des transistors qui émettent des messages inquiétants en boucle sont posés ça et là dans des bâtiments abandonnés. Ils témoignent de la décadence de New York et de l'incapacité du gouvernement américain à faire face à la situation. Les rues sont dévastées, des tours branlantes menacent de s'écrouler, et le silence est inquiétant. Le tout dans des décors tout droit issus du film Je suis une légende (de Francis Lawrence). Rassurez-vous, le souci du détail présent dans le premier volet est toujours d'actualité et grimpe même d'un cran ici. Un régal. Seulement voila, les environnements ouverts de Crysis, ont laissé la place à des zones plus limitées et un tant soit peu exigües. Par exemple, il est impossible de se placer à toutes les fenêtres des gratte-ciels pour trouver la zone parfaite pour sniper, ou encore exit l'idée de prendre un véhicule afin de rallier le bloc suivant et de prendre à revers les opposants. Pour palier à ces limitations significatives, les développeurs de Crytek ont ajouté ce qu'ils appellent la vue tactique.
Concrètement, on presse une touche et la Nanocombinaison sélectionne automatiquement divers endroits clés pour un type d'attaque distinct : Infiltration, Observation, A revers, etc. Il ne reste plus qu'à valider l'approche désirée pour la laisser visible sur le HUD et préparer l'assaut de son choix. Exemple : on choisit l'approche Infiltration pour activer une série de charges afin de neutraliser des points stratégiques ennemis. On active l'invisibilité, on se faufile le plus discrètement possible vers la première bombe, on s'éloigne et BOOOM. Bien caché derrière une barricade de fortune, on attend que quelques hommes s'activent autour du site de l'explosion pour passer à l'autre. Sauf que ce même objectif peut être exécuté avec d'autres approches plus ou moins subtiles. Il est donc possible de rentrer dans des échanges survoltés, comme de la jouer "délicat" en économisant de précieuses munitions qui vous sauveront la vie dans les modes de difficulté plus élevés.
Ainsi, même si nous sommes dans des endroits plus confinés que dans le premier opus, on a toujours une foule de possibilités à notre disposition. Il faut seulement se décharger de l'esprit "je dessoude tout ce qui bouge avec mon M16, AAAaahhh !!!" (une optique chère aux FPS actuels) pour analyser subtilement les lieux. Et, au cas où l'on peine à planifier son attaque, une simple activation de la vue tactique délivrera son lot d'indications via une icône pointant vers les différents chemins qui n'attendent que vous. Une valeur sûre pour la rejouabilité du soft qui a déjà à son actif un peu moins de 7 heures en difficulté Normal (de nombreux trophées et autres éléments d’information sont à trouver pour les explorateurs). En grimpant d'un niveau, on trouve des opposants bien plus rusés qui s'organisent en groupe, mais qui surtout utilisent la totalité de l'espace. En sus, il faut avouer que la diminution de la taille des niveaux est due aux ressources nécessaires pour afficher une quantité bien plus importante de détails. Les environnements sont donc beaucoup plus crédibles et on s'approche par moment nettement du photoréalisme.




Prophet is just the startMalheureusement, Crysis 2 n'inflige pas la même claque graphique que son aîné, tout en étant d'un réalisme et d'une crédibilité sans faille. Assurément, il faudra des années avant qu'un titre n'arrache autant la rétine que Crysis. Sur PC, le jeu peut tourner sur une machine assez solide en "moyen" avec un Core 2 Duo, 8800GT, 512 Go de RAM, à 20 FPS, mais si vous voulez profiter d'un rendu optimal, alors vous allez devoir upgrader. Ne râlez pas (trop), la configuration que l'on vous recommande est un Core i7 820 avec une GeForce GTX 550 et 2 Go de RAM. C'est bon, vous respirez encore ? A titre indicatif, il se trouve que la version PlayStation 3 est un cran en dessous que sur Xbox 360. Les coupables sont l'aliasing et des textures un peu plus ternes. Mais le soft reste beau, très beau même. Profitons en aussi pour vous dire que nous avions eu la douce exclusivité de jouer au soft en 3D Vision (proposée gentiment par Nvidia sur la version PC et Xbox 360). Et le bilan de l'aventure est tout simplement bluffant. De mémoire de testeur, nous n'avions jamais ressenti autant le sentiment qu'un jeu a été développé pour la 3D. Les effets de profondeur sont frappants et poussent l'immersion du joueur à son paroxysme, à condition bien sûr de disposer d'un écran 3D et d'un kit. A essayer absolument sur console comme sur PC !
Agréable par sa plastique de rêve et son côté sandbox, Crysis 2 nous a toutefois frustrés de temps à autres par son côté dirigiste, notamment dans ses cinématiques. Il faut dire qu’Alcatraz est muet comme une tanche, et qu’il ne peut donc que subir les dialogues sans jamais vraiment y participer. On passe ainsi parfois d'une phase de jeu laissant une bonne liberté d'action à une conversation servant certes à faire avancer l'intrigue mais totalement hors de notre contrôle.
Dans le même ordre d’idées, le jeu prend à plusieurs reprises le contrôle total de notre personnage, comme ça... sans prévenir, en passant par un QTE express lors d'un combat avec un personnage important. Le scénario quant à lui est intéressant, bien qu'un peu haché au niveau de la narration et comportant son lot de questions sans réponses. En revanche, la réalisation quasi-exemplaire viendra éclipser en partie ces zones floues.
Pour en finir avec les points regrettables, on notera une grosse baisse de régime à la moitié de l'aventure, pour reprendre le dessus environ une heure plus tard. Puis finalement, les dernières missions sont inspirées et épatantes (même si on se retrouve à répéter les mêmes actions lors des deux dernières missions), le tout avec une bonne dose de clins d'œil aux joueurs du premier opus.
Une fois l'aventure bouclée, on garde donc à l'esprit l'upgrade efficace de son arsenal et de sa Nanocombinaison, la réalisation générale d'orfèvre de l'équipe de Crytek et les nombreuses façons d'aborder les combats. Crysis 2 apparaît donc comme un FPS à la richesse ahurissante que l'on pourrait dévorer de nombreuses fois d'affilée et ce, rien que pour le plaisir de vivre une expérience plus poussée que dans les titres actuels.
Sans oublier que le multijoueur du soft est plus travaillé que celui de son aîné : on retient dans ce domaine le mode Assault qui sépare les joueurs en deux équipes, une avec la Nanocombinaison et l'autre sans, devant soit télécharger des documents, soit les défendre. Mais quel que soit le mode multi choisi parmi les 6 disponibles (avec un total de 12 cartes), la Nanocombinaison apportera son lot de situations brutales, où les joueurs devront sans cesse s'adapter aux dangers qui les guettent. Par conséquent, il y a de fortes chances pour que Crysis 2 soit aussi redoutable pour ses concurrents en solo qu'en multi.
• Les diverses possibilités tactiques
• Une réalisation d'orfèvre
• Des moments époustouflants
• Des situations parfois frustrantes
• Un scénario assez flou
• L'aspect vertical sous-exploité
Verdict
Avec Crysis 2, les développeurs de Crytek parviennent à encore élever d'un cran le genre FPS pourtant surexploité sur nos machines. Les amateurs apprécieront notamment la réalisation époustouflante et les options tactiques diverses qui permettent de choisir sa propre approche de l'action. Mais tout n'est pas rose dans ce deuxième opus, et l’on regrette par exemple que le scénario soit aussi flou et que le titre prenne parfois le dessus sur le joueur. On se retrouvera ainsi à subir l'action le temps d'un échange ou d'une accélération soudaine du rythme, sans pouvoir y prendre vraiment part. Néanmoins, on a pleinement l'impression d'être au cœur de New York à se battre pour le salut de la race humaine. Au final, nous avons été conquis par ce Crysis 2 auquel les aficionados du FPS se doivent de jouer, ne serait-ce que pour vivre une expérience bien plus poussée que celles proposées par la majorité des autres représentants du genre.
La Ligue XBF

Graphismes
8 / 10Crytek élève d'un cran l'esthétisme des FPS actuels. Le rendu est exemplaireen tout point et bien que les environnements sont plus confinés que le premier opus, la profusion d'éléments interactifs et de détails présents force le respect.
Jouabilité
8 / 10Au départ plus fort que les opposants, on découvrira vite qu'il faut user à bon escient de la Nanocombi via des upgrades incontournables. N'oubliez pas non plus la vision tactique qui vous fera découvrir un tout autre visage des combats.
Son
9 / 10Une nouvelle fois, la réalisation sonore vise dans le mille. Que ce soit grâce aux doublages, à la musique de très bonne facture, ou aux bruitages qui plongent le joueur au milieu des joutes. Un régal !
Durée de vie
8 / 10Il vous faudra 7 heures pour boucler l'aventure en difficulté moyenne, mais les multiples possibilités d'aborder l'action augmentent significativement la rejouabilité. Le multi est quant à lui tout aussi nerveux et jouissif.
Fun
8 / 10Avec Crysis 2, les développeurs réussissent à tirer un genre pourtant surexploité vers le haut grâce à la richesse du gameplay et à une réalisation extrêmement soignée. On en redemande dès l'apparition du générique de fin !