Test de jeu / Xbox 360 / Carrier Command: Gaea Mission

- publié le 4 octobre 2012 par Olivier
- Plateforme : 360
- Date de sortie :09/10/2012
- Développeur :Bohemia Interactive Studio
- Distributeur :Black Element
- Genre :Stratégie en Temps Réel
- Online :OuiVisitez le site officiel
Remake d'un jeu sorti en 1988 sur Commodore 64, Amiga, Atari ST et d'autres supports, Carrier Command tente un come-back sur la machine de Microsoft en proposant un copieux programme mixant à nouveau FPS, véhicules et stratégie. Le menu se montre t-il suffisamment digeste à l'approche des fêtes de fin d'année ? Notre verdict complet !
Avant de nous attarder plus en détails sur le gameplay et la réalisation graphique de cet OVNI dans la ludothèque de la Xbox 360, touchons quelques mots sur le scénario, malheureusement mis en scène de façon peu convaincante avec des cinématiques plates esthétiquement assez pauvres. Pourtant, malgré cette première impression négative, on se rend très vite compte que le jeu développe un univers original dans lequel la Terre n'a pas survécu à un conflit mondial entre l'Occident (UEC) et l'Asie (APA). Devenue inhospitalière, notre planète n'en reste pas moins au cœur du jeu puisque le conflit s'étend désormais sur Taurus, une lune découverte dans un système solaire voisin et qui a la particularité d'être recouverte d'eau. Cette ressource précieuse devient alors un enjeu crucial entre les deux factions, l'Asie défendant ses positions sur Taurus et les Occidentaux étant bien décidés à s'en emparer pour réhabiliter la Terre. Bref, vous l'aurez compris, c'est dans les bottes d'un soldat de l'UEC que vous arpenterait une campagne de longue haleine, à la conquête d'une bonne trentaine d'îles.
Malgré un background assez riche et fouillé, les premières minutes du jeu sont assez déconcertantes, la faute à un passage en FPS peu représentatif des qualités et du gameplay de ce nouveau Carrier Command. Pourtant, vous n'y échapperez pas. Il faut dire que l'entrée dans l'atmosphère de Taurus n'est pas de tout repos et c'est accueilli à coup de missiles que vous ferez vos premiers pas sur le satellite. Votre vaisseau n'étant désormais qu'un vulgaire tas de débris, il vous faudra survivre, vous et vos alliés, dans un environnement hostile jusqu'à prendre le contrôle de cette première île, pierre angulaire de votre stratégie et début de votre conquête de Taurus. En effet, cette première île en poche, vous récupérerez très vite un Walrus, sorte de tank futuriste pouvant aussi bien se déplacer sur terre que sur l'eau. Bref, un allié précieux pour vous lancer à l'assaut des îles voisines. Toutefois, n’espérez pas gagner la guerre à la tête d'un seul véhicule ! Il vous faudra pour cela renforcer votre arsenal. Tout d'abord, l'acquisition d'un Carrier est primordial. Cet immense porte avions est en effet votre arrière base, indispensable pour voyager d'île en île et surtout ravitailler chacune de vos unités. Puis, à mesure que vous progresserez dans la campagne, vous ferez l'acquisition de nouvelles unités, votre arsenal pouvant se composer simultanément de quatre Walrus et de quatre Manta, sorte d'avions futuristes particulièrement rapides, très pratiques pour une mission de reconnaissance ou surprendre son adversaire.
Qu'il s'agisse du Carrier, des Walrus ou des Mantas, chaque unité peut faire l'objet d'améliorations, renforçant par exemple les défenses ou augmentant la force de frappe. Il vous faudra alors faire les bons choix et surtout varier les équipements pour mettre au point la meilleure armée et vous lancer à la conquête de Taurus. Chaque île tombée dans votre escarcelle devient précieuse dans votre stratégie, ces dernières se distinguant selon trois caractéristiques primordiales pour vous : défensive, indispensable pour lutter contre les assauts de l'APA, industrielle avec les usines pour augmenter votre capacité de production et enfin productive en fournissant toute sorte de ressources. Très alléchant sur le papier, le jeu arbore un gameplay à double facette passant d'un extrême à un autre. Dans les pures phases de stratégie, le jeu se révèle très agréable. On se contente alors de peaufiner ses plans en faisant avancer ses troupes tels des pions sur un plateau. On étudie la carte, on équipe nos unités et on les envoie à l'assaut en déterminant leurs points de passage en alternant Walrus et Mantas. Pourtant, d'une simple pression sur la touche RB, il est possible de passer en contrôle direct et de se glisser dans la carcasse d'une des unités pour prendre part à l'action. Dans cette configuration, force est de constater que la jouabilité devient plus hasardeuse, le contrôle des unités n'étant pas particulièrement intuitif et la visée assez imprécise. Pourtant, avec un peu de pratique, on s'y fait et l'on parvient même à prendre du plaisir. Même chose pour les passages façon wargame où les menus semblent complexes et les options trop nombreuses de prime abord mais que l'on parvient finalement à maîtriser avec un peu d'entraînement et d'acharnement.
Bon sang, Carrier Command serait-il l'une des bonnes surprises de cette fin d'année ? A vrai dire, pas tout à fait. Si le constat est plutôt positif jusqu'alors, le jeu est gâché par de nombreux défauts assez rédhibitoires. Tout d'abord, l'intelligence artificielle est proche du néant. Les ennemis restent plantés dans le décor, attendant que vous les dézinguiez ou tournent tout simplement en rond, attendant là aussi une mort certaine. De plus, le pathfinding est tout simplement catastrophique. Si vous pouvez donner des ordres à vos unités, comme rejoindre le Carrier ou un point précis de la carte, il vous faudra néanmoins faire preuve d'une extrême patience. En effet, avant de parvenir à destinations, votre Walrus tournera plus d'une fois sur lui même, se cognera au décor, restera coincé contre un arbre ou pire, contre un autre objet présent dans l'environnement et duquel il sera impossible de se dépatouiller, vous obligeant alors à recharger votre partie ou à abandonner votre unité. Le pompon est sans doute atteint lorsque vous commanderez plusieurs Walrus simultanément, ces derniers se rentreront constamment dedans, débutant chaque séquence d'action avec une barre de vie bien entamée. Seuls les Mantas, parce qu'ils volent, échappent quelque peu à ses désagréments, sans toutefois se montrer beaucoup plus intelligents dans leur déplacement. Bref, l'essentiel du gameplay, intéressant sur le papier, est ici gâché par une IA au ras des pâquerettes.
Ce dernier paragraphe est vraiment dommageable car le titre ne manquait pas d'arguments, à commencer par une réalisation correcte s'appuyant sur des effets visuels assez sympathiques, notamment les effets de lumière, suffisamment réussis pour compenser les bugs, la qualité de certaines textures et le manque de conviction des cinématiques. Les 30 îles de la campagne vous promettent six environnements variés et une durée de vie de longue haleine, compléter par un mode escarmouche entièrement paramétrable. Seul regret : l'absence de mode multijoueurs. Devant les nombreuses possibilités, on s'imaginait pouvoir partir à l'assaut de l'APA en compagnie de ses meilleurs potes, voire les affronter en combat direct, mais il n'en est rien au final. Sur le plan sonore, enfin, le constat est assez positif avec des bruitages variés, des doublages en anglais globalement convaincants et des musiques épiques même si elles ne se montrent pas toujours opportunes.
• Un cocktail inédit d'action et stratégie
• La réalisation sonore et les effets lumineux
• Le pathfinding désastreux
• L'intelligence artificielle
Verdict
En définitive, le retour de la licence Carrier Command nous laisse une impression assez mitigée. Sur le papier, le jeu a tout pour plaire, embarquant un habile mélange entre wargame, FPS, stratégie et action. Malheureusement, en dépit d'une réalisation correcte et d'une durée de vie conséquente, le titre pêche par une IA désastreuse, un pathfinding catastrophique et un certain manque de variété conférant très vite un sentiment de lassitude. Toutefois, malgré ses défauts, Carrier Command reste sympathique et inaugure un genre inédit sur la machine de Microsoft. Malheureusement pour lui, ce dernier est sorti trop tôt et aurait mérité quelques mois supplémentaires de peaufinage. Vraiment dommage !







Fils RSS XboxFrance :
Graphismes
6 / 10Les environnements sont variés et les effets de lumière magnifiques. Pas suffisant toutefois pour faire oublier la qualité des textures et des cinématiques
Jouabilité
6 / 10Sur le papier, très bien pensée, malgré d'indispensables heures d'apprentissage, la jouabilité est gâchée par les problèmes d'IA et de pathfinding
Son
7 / 10L'ensemble est plus que correct avec des bruitages variés et convaincants, des doublages anglais réussis et des musiques de qualité, pas forcément toujours appropriées à chaque situation
Durée de vie
7 / 10Malgré une certaine répétitivité, la campagne est très longue, tandis qu'un mode escarmouche vient compléter la longévité. Dommage que le multijoueurs soit tout simplement absent.
Fun
6 / 10Quel dommage que la jouabilité soit défaillante car en proposant un cocktail inédit sur la machine de Microsoft, le titre avait les cartes en mains pour séduire les amateurs de wargames.