Test de jeu / Xbox 360 / Bayonetta

- publié le 8 janvier 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :08/01/2010
- Développeur :Platinum Games
- Distributeur :Sega
- Thème :Ninja, Samouraï
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Derrière Bayonetta se cache un jeu d’action qui frôle les sommets. Par le créateur des franchises comme Devil May Cry, Viewtiful Joe ou encore Ninja Gaiden, à quoi devait-on s’attendre ? Hideki Kamiya signe ici un chef d’œuvre d’originalité, basé sur un gameplay incroyablement solide et qui dégage une aura séductrice des plus redoutables. Attention de ne pas s’approcher de trop près (quoique j’en connais certains qui n’y verraient pas d’inconvénient), car Bayonetta risquerait bien de vous mordre ! Test complet.
Bayonetta est une sorcière. Autour d’elle s’accorde une histoire plutôt conventionnelle, opposant la lumière et les ténèbres. Conflit sempiternel qui prend bien évidemment ses racines il y a fort longtemps, faisant s’affronter les sages des Lumières et les sorcières de l’Umbra, chacun ayant une ribambelle d’alliés et de pouvoirs pour s’amuser : forces de la Lumière pour les uns, et forces des Ténèbres pour les autres. Malgré tout ce qui les oppose, les deux clans éprouvaient un profond respect l’un envers l’autre, jusqu’à un tragique événement qui déclencha une guerre sans pitié, à l’issue de laquelle une seule sorcière survécut : Bayonetta. C’est un demi-millénaire plus tard qu’on la retrouve, réveillée d’un profond sommeil et cherchant à découvrir la vérité. Des bases pas des plus originales il est vrai, pourtant c’est dans la représentation de chaque camp que la particularité s’installe. Bayonetta, avec ses courbes voluptueuses et son attitude qui charmerait le plus refroidi des hommes, incarne le Mal ; et les armés angéliques qui se dressent sur son chemin ressemblent plus à des aigles mal léchés qu’à des envoyés du Ciel. Tout est inversé, sans pour autant nous perturber puisqu’à aucun moment la notion de Bien ou de Mal n’interfère dans le jeu.

Bayonetta incarne à elle seule le fantasme de 90% de la population masculine terrestre. Exhibant sa sexualité sans complexes, elle est cool, extrêmement stéréotypée et par-dessus tout puissante, sûre d’elle et calme en toutes circonstances. Le plaisir de jeu vient donc principalement du personnage central, qui devient facilement la seule raison qui nous pousse à continuer l’aventure. On l’a vu, le scénario ne vole pas haut et bon nombre de zones d’ombres subsistent, même une fois l’histoire bouclée. Mais le titre de Platinum Games reste avant tout un jeu d’action, et les aficionados du genre vont être servis. Le système de combats approche la perfection, en utilisant les boutons de la manette Xbox 360 de manière classique mais cruellement efficace : coups de poing, coups de pieds, tirer avec les pistolets et enfin sauter. Quatre fonctions pour quatre touches de façade auxquelles vient s’ajouter la gâchette droite, qui envoie l’héroïne exécuter une parade dans la direction indiquée par le stick gauche. Ces pirouettes sont la clef du système de combat car une fois maîtrisées et lancées dans le bon timing, Bayonetta devient réellement redoutable.
Redoutable, c’est le mot. Pressez l’épaule droite de la manette juste avant qu’une attaque ne s’abatte et la sorcière s’envole dans les airs tout au ralenti, déclenchant le Witch Time. Ce bullet-time amélioré permet à l’héroïne de se déplacer très rapidement autour de ses ennemis, qui pendant ces quelques secondes peinent à bouger un membre. Cruel avantage mais aussi possibilité pour le joueur de reprendre ses repères et d’affliger aux bestioles les plus coriaces des coups bien placés. Inutile de préciser que l’effet de slow motion s’implémente parfaitement en cours de jeu, grâce à une réalisation époustouflante. Côté attaque à proprement parler, la demoiselle a de quoi voir venir. Avec la capacité unique d’équiper ses mains et ses pieds d’armes en tout genre, le caractère des combats lui aussi unique est plus présent que jamais. Au début du jeu, elle ne dispose que de quatre pétards bas de gamme (un pour chaque main et un pour chaque pied). Mais au fur et à mesure de la progression, d’autres instruments de mort plus originaux viendront les remplacer : katana, gantelets dotés de sortes de griffes, patins à glace etc. Chaque combinaison d’armes permet d’exécuter autant de combos différents, donnant au joueur l’opportunité de rendre chaque combat unique. Une telle diversité est tout bonnement impressionnante.

Ce nombre incroyable de combos peut d’ailleurs être effrayant pour certains. Mais heureusement, ce n’est que l’effet d’une combinaison de touches qui diffère selon les armes employées. Par exemple, n’avoir que des pistolets en exécutant un combo « B, X, B » donnera un coup différent que celui exécuté en étant équipé d’un katana dans les mains et de patins à glaces aux pieds. Cela permet au joueur de retenir plus facilement certains enchainements tout en cherchant à en découvrir de nouveaux. Ainsi, pour atteindre les meilleures notes de fin de chapitre, il faudra faire preuve de dextérité pour être dans le bon tempo, exécuter un Witch Time et immédiatement enchainer par une série de combos. Jouissif, et très intelligemment conçu. Dans le même temps se remplit une jauge de magie, qui permet l’exécution de Torture Attacks. Ces dernières se placent entre deux combos en appuyant simultanément sur les touches de coup de poing et de coup de pied ; tout en étant spécifiques à chaque type d’ange affronté. Infligeant de très lourds dommages, elles ont un caractère démesuré et ouvertement violent : décapitation à l’aide d’une guillotine (vu lors des vidéos), sarcophages à piques, et tout ce que l’on peut imaginer qui a lien avec des instruments de torture. Là encore une trouvaille qui fait mouche, d’autant plus que le joueur doit appuyer à répétition sur un bouton durant la durée de l’attaque pour augmenter les dégâts et récolter plus d’auréoles (monnaie d’échange dans le monde de Bayonetta).
A l’instar des orbes dans Devil May Cry, les auréoles dans Bayonetta entretiennent sa rejouabilité. Rendez-vous dans le bar branché de l’entre-deux mondes (appelé Gates of Hell, littéralement « Les Portes de l’Enfer »), tenu par un trafiquant d’armes démoniaque répondant au nom de Rodin. Ici, on peut se procurer à peu près tout ce qui nous passe par la tête, tant que ça appartient au domaine des armes et des accessoires utiles en combat. Les férus de la manette trouveront leur compte dans de nouvelles techniques qui viendront compléter leur éventail de combos, dont certains s’approchent plus des pas de danse que des classiques nouveaux enchainements. Autant d’articles qui pourront trouver leur utilité lors des moments passés en tête-à-tête avec les boss, qui pour la plupart sont très imposants. Normal, ces derniers sont censés représenter la plus forte manifestation de la puissance divine sur Terre. Des affrontements spectaculaires, pas seulement à cause de la taille du méchant, mais aussi par la qualité des finishing moves, où l’on voit carrément Bayonetta invoquer les Démons de l’Enfer à la fin du combat. Ces attaques dites Climax sont similaires aux attaques Tortures de la sorcière, mais ont un effet à bien plus grande échelle. Impressionnant de gigantisme.

Le gigantisme va de paire avec l’intensité du titre, qui vont crescendo jusqu’à aboutir à un finishing qui vous en mettra plein les yeux. Si tel n’est pas le cas, pensez à vous acheter des lunettes ! Ou à revoir votre conception du monde. Enfin, faites quelque chose ! Certes le scénario n’est pas au rendez-vous, mais l’expérience de jeu en elle-même vaut à elle seule le détour. Certains risqueront également de ne pas apprécier la plupart des cinématiques, qui contrairement au nom qu’elles portent, ne représentent qu’une image filmée à la façon « vieille pellicule de cinéma ». La caméra se déplacera alors de gauche à droite, de haut en bas ou encore de droite à gauche, pendant qu’une voix-off commentera la scène. Je dois dire qu’on aurait largement préféré voir des animations en 3D avec de vrais personnages, plutôt que ces quelques vieilles photos qui n’ont certainement pas du prendre longtemps à développer. Qu’importe, la qualité de jeu à proprement parler est au rendez-vous et au risque de me répéter, cela suffit pour prendre son pied. Je ferais l’impasse sur l’aspect réalisation du titre, qui frôle tout simplement la perfection, dans sa partie visuelle comme dans sa partie sonore.
• La sulfureuse Bayonetta.
• La rejouabilité très importante.
• Le gameplay, proche de la perfection !
• Les doublages de piètre qualité.
• Quelques ralentissements.
• Le scénario, inexistant !
Verdict
Bayonetta s'impose d'ores et déjà comme un titre incontournable de ce début d'année 2010 ! Le titre de Platinum Games à l'inspiration Kamiya est somptueux, divertissant à souhait et unique en son genre. Avec son système de combats proche de la perfection et sa réalisation d'enfer, la sorcière sexy a toutes les armes en mains pour nous séduire. Pour être bref, nous sommes conquis !
La Ligue XBF

Graphismes
9 / 10Bayonetta est un jeu magnifique, dans son level design comme dans son character design. L'originalité est au rendez-vous et la touche de Kamiya est clairement palpable. On regrettera cependant quelques rares ralentissements.
Jouabilité
10 / 10Bayonetta se dote d'un des systèmes de combats les plus jouissifs jamais développé dans un jeu vidéo. C'est simple, clair, évolutif et extrêmement original. On aime !
Son
8 / 10Le jeu d'acteurs en anglais sous-titré dans la version pour nous autres Français n'est pas exceptionnel, mais les musiques mêlant jazz et voix de chœurs sont d'une qualité hors norme.
Durée de vie
9 / 10Ne vous attendez pas à terminer Bayonetta et à ne plus y toucher. C'est un jeu développé pour être parcouru plusieurs fois, pour les scores, les éléments à débloquer et le plaisir des yeux.
Fun
9 / 10Le titre de Platinum Games fait partie des meilleurs du genre. Il réunit tous les ingrédients nécessaires à ce que le joueur s'éclate, tout simplement. Humour, sexe (certes un peu beaucoup d'éléments sexy dans le présent titre), combats et rejouabilité !