Test de jeu / Xbox 360 / Assassin's Creed III

- publié le 30 octobre 2012 par francoishb
- Plateforme : 360
- Date de sortie :31/10/2012
- Développeur :Ubisoft
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Genre :Action / Aventure
- Online :Oui
[sommaire]
- Page 1 : Test Assassin's Creed 3 (page 1)
- Page 2 : Test Assassin's Creed 3 (page 2)
Chaque génération possède ses icônes et ses héros. Il en va de même pour les consoles et quand la Xbox 360 a débarqué sur le marché, de nouvelles licences ont également fait leur arrivée. Entre deux jeux d'actions bourrés de testostérone et de conflits militaires, Ubisoft a choisi la voie plus discrète d'un assassin. Le genre de personnage qui fait un peu moins de bruit mais qui influe tout autant sur son époque que les grandes batailles qui éclatent en plein jour. Après nous avoir propulsé à l'époque des croisades puis en pleine effervescence de l'Italie de la Renaissance, la saga nous embarque sur les terres du Nouveau Monde, celles des Amériques du XVIIIème siècle. Desmond va donc revivre le passé d'un nouvel ancêtre, Connor et avec lui parcourir les étapes clés de la guerre d'indépendance des futurs Etats-Unis. Changement de héros, changement d'époque et de continent, la série remet tout à plat pour une troisième ère encore plus ambitieuse que les précédentes. Mais, derrière ce changement de décor et d'époque, faut-il voir un simple arrangement cosmétique ou doit-on s'attendre à une véritable révolution ?
Le nouveau monde
On avait laissé la série Assassin's Creed avec les dernières aventures d'un Ezio vieillissant. Un héros un peu fatigué et qui livrait son dernier combat à la croisée des époques et des civilisations à Istanbul. Avec le XVIIIème siècle, c'est à nouveau le choix d'une époque charnière qui assiste à l'émergence des idées politiques qui dirigent encore aujourd'hui le monde. De même, même si le continent américain accueillait des européens depuis deux siècles, ce n'est qu'à cette période que les futurs Etats-Unis vont réclamer leur indépendance et faire basculer l'histoire de leur pays. Époque charnière, moments clés mais aussi territoires où s'entrechoquent deux civilisations. Après le choc Orient-Occident relaté dans Assassin's Creed Revelations, c'est donc un autre choc culturel et complexe entre la vieille Europe, les colons du nouveau monde et les membres des tribus des premières nations. C'est donc pour cultiver ce thème cher à la série, qu'Assassin's Creed III propose de parcourir les villes de Boston et New York mais aussi le territoire sauvage situé à l'ouest, la Frontière. La Frontière, un espace immense de jeu qui permet de s'écarter du scénario déjà bien fourni, mais aussi un thème à part entière dans la série et qui trouve avec cette troisième époque un mise en oeuvre toujours plus poussée, au point de repousser ces mêmes frontières traditionnelles des genres, entre jeux d'aventure et jeux d'action.
Avec une communication parfaitement orchestrée et des révélations savamment distillées, tout nous laissait croire que nous allions partager les aventures de Connor, le métis moitié anglais moitié Mohawk. Mais, à la surprise du joueur, c'est finalement dans la peau d'Haytham un aventurier anglais que l'on débute le jeu. Desmond replonge donc dans le passé et dans la peau d'un de ses ancêtres, ce qui ne laisse que peu de place aux doutes. Un premier acte très traditionnel qui nous fait suivre Haytham depuis la vieille Angleterre jusqu'à la ville de Boston. L'entrée en scène du personnage est d'ailleurs remarquable de classicisme et d'efficacité puisque c'est à une soirée au théâtre que nous sommes conviés. là encore, on ne peut que saluer tout le soin apporté à la narration de cet Assassin's Creed 3 qui, non content de jouer sur une mise en abîme du rôle du joueur (qui incarne un personnage qui lui même incarne d'autres personnages pour revivre leur histoire via l'Animus, un logiciel qui rentre en contact avec son patrimoine génétique mémoriel) nous propose un véritable lever de rideau. Le décor est posé et les acteurs vont jouer chacun leur rôle sous nos yeux. Après avoir traversé l'Atlantique, on parcourt donc les étendues du nouveau monde pendant quelques heures dans la peau de Haytham qui rassemble ses hommes et tente de percer le mystère de la grotte dans laquelle se trouve Desmond quelques siècles plus tard.
"Tout don tend à s'améliorer avec la pratique"
Mais, pour ceux qui n'auraient jamais goûté aux plaisirs de la série, quelques petits rappels s'imposent. Assassin's Creed III débute d'ailleurs par une cinématique qui résume les grandes lignes des épisodes précédents mais cela reste bien maigre pour les nouveaux joueurs. Pour autant, le jeu peut se savourer sans avoir fait les précédents, même si le fil rouge de l'ensemble et surtout quelques révélations assez spectaculaires, auront moins d'impact sur ceux qui n'ont pas accompagné Desmond depuis 5 ans et la sortie du premier Assassin's Creed. Le monde d'aujourd'hui est le théâtre d'un affrontement entre deux confréries secrètes, les Templiers et les Assassins. Desmond appartient à la seconde qui, contrairement à la première, estime que le bonheur sur terre repose entre les mains du peuple et de ses décisions. Les Templiers, de leur côté, pense qu'il faut diriger les hommes pour les empêcher de se détruire. Deux perceptions opposées mais un but finalement presque identique, c'est d'ailleurs l'un des thèmes de cet épisode avec un héros beaucoup moins confiant que les précédents et parfois même en opposition avec son mentor. Outre sa participation à ce vaste projet qui s'étend sur des générations, le quotidien d'un assassin est assez chargé et il suffit de se promener dans les rues de la ville pour voir apparaître des icônes sur la mini carte comme autant d'activités secondaires. Connor pourra d'ailleurs compter sur son agilité impressionnante pour se mouvoir dans la foule (très nombreuse) et enjamber sans problème les obstacles. Bien qu'il partage le patrimoine génétique d'Altaïr et d'Ezio, le héros possède de très nombreuses nouvelles animations et le mélange entre mouvements connus et nouvelles acrobaties est très réussies.
Le jeu se déroule à la troisième personne et l'une des grandes forces de la série est de vous permettre de grimper à peu près n'importe où. Cela signifie désormais les clochers des églises mais aussi les arbres les plus majestueux et les falaises les plus escarpées de la Frontière. Si les villes nouvelles de Boston et New York ont du mal à rivaliser avec la magnificence de l'architecture italienne de la Renaissance, les développeurs ont fait un travail remarquable pour que l'exploration ne soit pas si plate qu'on pourrait le penser. La palme revient bien sûr aux zones en forêt qui, bercées par d'impressionnantes variations climatiques, sont le décor idéal pour des combats impressionnants et des acrobaties de haute volée. Mention spéciale aux reliefs des villes et des forêts particulièrement accidentés et qui tranchent avec les rues régulières des épisodes précédents. Plus d'un joueur gardera en tête les premières course sud héros dans la neige. Une évolution que l'on retrouve dans le gameplay qui se loge à tous les étages puisque les combats ont également été repensés en profondeur. Le niveau de difficulté général a d'ailleurs été revu à la hausse et il ne sera pas rare de succomber sous les coups de vos adversaires beaucoup moins maladroits qu'avant et surtout bien plus disciplinés. Les soldats anglais se battent en effet en groupe et c'en est fini des assauts désordonnés qui permettaient d'embrocher un par un les ennemis. Les hommes équipés d'un fusil n'hésitent pas à vous aligner pendant que les escrimeurs et les sapeurs écossais vous mènent la vie dure. La chorégraphie qui en résulte est souvent somptueuse et Connor utilise son tomahawk en virevoltant entre les ennemis. Mieux, il peut également utiliser son arc ou une arme à feu pour en éliminer un à distance mais la crème des assassins privilégiera l'approche sournoise depuis une branche d'arbre. La dague à courroie vous permet ainsi d'harponner un malheureux trainard et de le pendre. La patrouille se retournera vite, à vous de saisir un autre soldat pour vous en faire un bouclier humain. Assez simple sur le papier, dans les faits de nombreux combats ne sont pas aussi efficacement menés si vous ne les préparez pas avec soin.
C'est une révolte? Non Sire, c'est une révolution
Le scénario du jeu est sans doute le plus ambitieux de la série et les aller-retours entre le passé et le futur sont plus conséquents qu'à l'accoutumée. Desmond est le personnage central de la saga et les passages dans le présent sont désormais de véritables séquences de jeu assez variées et non plus de simples intermèdes. Il est malheureusement très difficile d'aller plus loin dans la description du scénario sous peine de faire des révélations qui vous gâcheraient le plaisir du jeu mais la richesse de l'ensemble et quelques scènes particulièrement fortes resteront sans aucun doute longtemps dans la mémoire des joueurs. On notera sans spoiler que la trame principale est rythmée par des dates historiques et nous fait revivre des étapes clés de l'indépendance des Etats-Unis. Depuis la Boston Tea Party en passant par quelques batailles spectaculaires. Les habitués de la série seront d'ailleurs un peu décontenancés par ce changement de narration beaucoup moins mécanique d'une séquence à l'autre. Le début du jeu s'amuse d'ailleurs à nous faire perdre des repères pour mieux les ré-introduire plus tard dans l'aventure. Entre la période Haytham et la passage initiatique de l'enfance de Connor, il faudra parcourir de nombreuses heures le jeu avant de replonger dans la "routine" plus attendue d'un Assassin. Une routine faire de missions secondaires très nombreuses et d'activités optionnelles qui sont elles aussi moins rigides dans leur présentation ce qui participe à la cohérence de l'ensemble et à une narration plus fluide. Connor n'est pas un simple coursier qui doit accumuler les missions pour débloquer des bonus, sa tâche est plus noble et les missions sont plus en accord avec le propos.
Une fois dans la peau de Connor adulte, le jeu reprend donc les marques de la série et vous aller pouvoir déambuler dans les rues de Boston puis de New York à la recherche de nombreuses activités annexes. Libération des quartiers, recherches de coffres aux trésors ou encore collection des pages de l'Almanach de Benjamin Franklin, sans oublier les forts ennemis à neutraliser, il y a de quoi s'occuper et même se détourner de la quête principale. Connor peut également gérer son manoir situé en pleine campagne près de la frontière canadienne. Tout comme Ezio en son temps, Connor aura donc la charge de faire renaître la fierté de sa confrérie et de faire prospérer les environs. Un effort a été fait sur la personnalisation de vos travailleurs qui ne sont plus de simples paysans anonymes mais bien des personnages secondaires avec leur nom et leur histoire. Le commerce a été repensé et désormais adieu les magasins, tout se fait entre votre propriété et les villes voisines. A vous de surveiller les convois que vous envoyez pour remplir vos caisses. On retrouve également les recrues qui rejoignent les rangs sous vos ordres et, là encore, un effort a été fait pour les personnaliser. Ils sont moins nombreux mais chaque recrutement est l'occasion d'un scénario indépendant assez bien mené. Une fois recruté, l'assassin pourra vous prêter main forte en combat ou bien être envoyé en mission via un menu spécifique pour gagner en XP et diminuer l'activité de l'ennemi dans les autres états. N'oublions également la chasse, source de matières premières pour vos revenus, autrement plus aboutie que celle que proposait Red Dead Redemption. Analyse des pistes, poses de pièges et approches furtives, là encore il y a de quoi passer quelques heures dans la campagne et vu la beauté des panoramas on se surprendra parfois à déambuler juste pour le plaisir.
Toutes ces activités sont cependant reléguées au second plan par la star de cet Assassin's Creed III, le navire Aquila dont vous récupérez le commandement avec Connor. Alors qu'Assassin's Creed Revelations avait introduit sans succès un jeu de défense de vos bases, ces combats navals risquent d'en faire chavirer plus d'un de bonheur ! Une fois à la barre, vous aurez accès à différentes missions, dont des missions de corsaires visant à sécuriser les voies de commerce. Le rendu de ces séquences est tout simplement bluffant et l'on pense très souvent au film Master and Commander quand les boulets de canons partent à la volée ou bien que la tempête se déchaine en plein combat. La réalisation atteint ici une excellence qui régale les yeux et, que ce soit le rendu de l'eau, la météo capricieuse ou tout simplement les éclats de bois qui volent autour de vous quand les tirs ennemis font rage, les bons point s'additionnent pour créer un ambiance unique. Bien sûr, les plus persévérants pourront débloquer de nouvelles missions tandis que les meilleures gestionnaires auront l'argent pour renforcer le navire et acquérir différents types de boulet de canons. La mitraille excelle contre les petits voiliers tandis qu'on abusera des obus à chaîne contre les navires les plus rapides pour briser les mats. Les combats eux-mêmes étonnent par leur maniabilité bien pensée et alors que votre second relaie vos ordres de sa forte voix, vos hommes s'activent pour monter ou abaisser les voiles. Le vent tient lui aussi une place importante et il faudra veiller à ne pas naviguer pleine voile face au vent sous peine de se retrouver à l'arrêt et donc à la merci des tirs ennemis. Du grand spectacle et un gameplay maîtrisé, n'en rajoutons plus, il n'y a rien à jeter par dessus bord.
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