Test de jeu / Xbox 360 / Alone in the Dark

- publié le 10 février 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :20/06/2008
- Développeur :Eden Studios
- Distributeur :Atari
- Thème :Horreur
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Attendu et plébiscité depuis longtemps sur consoles nouvelle génération, Alone in the Dark pointe enfin le bout de son nez. Développé par Eden Studios et édité par Atari, le soft rentre dans la catégorie sportive et non moins sévère du survival horror. Ce cinquième volet de la saga prend place au cœur de New York et attention, ce n’est pas ce à quoi vous pensez qui risquera de vous effrayer le plus…Survival ErrorLa critique le recasse sans cesse et tout le monde fini par le savoir : il est devenu de plus en plus difficile de nos jours de trouver un survival horror digne de ce nom sur consoles nouvelle génération. Certes de bon titres vont prochainement voir le jour (pensons notamment à Silent Hill Homecoming et Resident Evil 5), mais la puissance des consoles actuelles et le réalisme qu’elles sont aujourd’hui capables de restituer rendent la tâche plus ardue que jamais pour nos amis les développeurs. Les joueurs en demandent toujours plus et c’est à eux de leur donner ce qu’ils veulent. Applaudissons donc les courageux qui ont su relever le défi avec ce nouvel opus Alone in the Dark qui comme beaucoup d’autres du même genre avant lui est à deux doigts de manquer le coche. Voyons ici et maintenant pourquoi…
Dans ce cinquième épisode l’on incarne Edward Carnby, une sorte de professionnel du paranormal. Ce dernier se réveille dans un immeuble en flammes au bord de l’effondrement et ne se rappelle plus de rien. Alors qu’il tente de sortir de la bâtisse il rencontre une douce jeune femme du nom de Sara qui l’accompagnera pour le reste de l’aventure, qui se résumera à aller se promener dans Central Park et tenter de retrouver une mystérieuse pierre aux propriétés toutes aussi mystérieuses. La première impression que l’on a en jouant à Alone in the Dark (tout du moins l’une des premières), est que les personnages n’ont pas réellement l’air de se rendre de ce qui se passe. Durant les cinématiques, leur visage ne transcrit pratiquement pas d’émotions et leur discours est des plus stéréotypés. Les scripts se répètent très rapidement et l’on se demande si les scénaristes/dialoguistes n’auraient pas mieux fait de prendre une pause « travail » plutôt qu’une pause « café ». Je ne vous cache pas que le titre perd déjà beaucoup en crédibilité et en profondeur, alors que nous n’avons même pas encore atteint l’heure de jeu. Je vous rassure tout de même, la suite du scénario vous réservera de belles surprises, mais le sentiment final correspondra à peu de choses près à ce que je viens de vous décrire.

Fire, for you desireL’un des points positifs du jeu réside dans le fait que les développeurs ont parfaitement su recréer l’un des éléments les plus dévastateurs sur notre planète : le feu. Plus qu’indispensable en cours de jeu (nous verrons toute à l’heure pourquoi), son naturel et son réalisme sont impressionnants. Les objets en bois prennent feu et peuvent être utilisés contre les ennemis, et bon nombre d’énigmes ou de passages vers la fin du jeu nécessiteront l’utilisation de cet outil vieux comme le monde. Toutes les propriétés des flammes sont exploitées, y compris la lumière. Cependant, ce point fort se transforme assez rapidement en point noir. Il est bien appréciable d’avoir intégré une réalisation du feu plus que réaliste, mais cette dernière se fait malheureusement un peu trop ressentir. En effet, le feu reste la seule façon de tuer vos ennemis. Intéressant au début, cette façon de venir à bout des « Humanz » deviendra rapidement ennuyeuse. De notables efforts de la part des développeurs pour nous permettre de varier nos plaisirs ont bien été effectués : cocktails Molotov, explosions de voitures et autres explosifs à la conception artisanale ; mais le résultat final vous laissera un arrière goût amer. Pire encore, votre arme à feu (la seule à proprement parler que vous aurez en votre possession au cours de votre aventure) est inoffensive contre vos adversaires ! La seule solution sera de verser du liquide inflammable sur vos munitions pour les transformer en « balles de feu ». La plupart du temps, votre seule option sera de prendre une chaise, de la porter sur le feu et de brûler votre assaillant avec (effectivement, l’accès aux substances inflammables et explosives en cours de partie est assez limité).

Cleaning up my closetL’une des particularités de chaque jeu du genre n’est autre que l’inventaire du joueur. Dans Alone in the Dark contrairement à Resident Evil par exemple, ce dernier se trouve sur le joueur lui-même. Ou plutôt dans son imperméable. Non ce n’est pas un pervers qui se cache en la personne d’Edward, mais un simple jeune homme à la veste plus large et plus ample que d’habitude. Là encore, on se rendra très vite compte de la maladresse de ce système de jeu. Une fois l’inventaire ouvert, la caméra se détourne de l’action et vous montre tous les objets en votre possession. Problème : l’action continue de se dérouler. Autrement dit, vous êtes en danger et vous disposez de très peu de temps pour agir. Cela ne pourrait pas poser problème si l’interface avec ces objets avait été bien conçue. Ici, pour fabriquer un cocktail Molotov l’on ne peut pas faire comme on veut. Il y a un ordre dans la sélection des objets et cela sera bien souvent la cause d’une perte de temps fatale, puisqu’à titre d’exemple : ce ne sera pas la bouteille qui pourra être associée à la mèche, mais la mèche à la bouteille.
Côté gameplay, comme on y est maintenant habitués avec le jeu, la surprise se transformera bientôt en déception. L’utilisation du stick droit pour contrôler vos bras lorsqu’Edward porte quelque chose est une bonne idée, mais les contrôles sont au final très peu intuitifs. Les repères manquent et vous serez bien souvent amenés à vous y prendre à plusieurs reprises pour arriver au résultat escompté. Bien pour cette raison que bon nombre de passages dans Alone in the Dark vous laisseront un mauvais souvenir, un mélange de maladresse, de bugs et de complexité. Les phases à bord de véhicules quant à elle vous laisseront sceptiques, la plupart d’entre eux étant mal équilibrés.



• Les graphismes très bien réalisés.
• Le feu, impressionnant de réalisme.
• L'univers d'Alone in the Dark.
• Le scenario qui manqué de profondeur.
• La jouabilité non intuitive.
• La caméra plutôt maladroite.
Verdict
Loin d'être le jeu attendu, Alone in the Dark nous laisse perplexe. Doté d'une réalisation graphique de très bonne qualité (quel feu !), le soft pêche néanmoins du côté des dialogues et de la jouabilité. Les idées sont bonnes, les bases aussi mais ce qui manque c'est la finition et l'envie. Dommage, l'atmosphère des Alone in the Dark était presque palpable.
La Ligue XBF

Graphismes
7 / 10Une réalisation magnifique, un feu saisissant, mais une caméra un peu maladroite et des angles de vus pas très judicieux.
Jouabilité
4 / 10Edward est plutôt rigide et l'on en perd des sensations. Globalement, le titre manque d'intuitivité à ce niveau : c'est brouillon (ou mal pensé).
Son
5 / 10La bande son bien que courte est très entraînante. C'est du côté des dialogues que le soft pêche…
Durée de vie
4 / 10Une fois terminé, rien ne vous poussera à recommencer Alone in the Dark.
Fun
5 / 10On prend du plaisir à jouer dans de tels environnements, mais la jouabilité du titre risquera de vous faire grincer les dents à plus d'une reprise.