
Batman Begins
publié le 31 août 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Eurocom
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
- 16/06/2005
- 17/06/2005
- inconnue
Les super-héros n’ont jamais eu la vie facile sur consoles où l’adaptation de leurs aventures aboutissait le plus souvent à un produit marketing s’appuyant plus sur la licence exploitée que sur ses propres qualités ludiques. Peu épargné par cette malédiction, Batman s’offre à l’occasion de son grand retour dans nos salles obscures une adaptation enfin digne de ce nom. Voyons ce qui rend les aventures de l’homme chauve-souris enfin attrayantes !
Après plusieurs années de silence, la célèbre chauve-souris des comics américains sortait enfin de sa torpeur en juin 2005 pour nous dévoiler ses origines. Comme le nom du jeu l’indique, Batman Begins nous invite donc à découvrir l’adaptation vidéoludique de la genèse de Batman, mis en scène au cinéma par Christopher Nolan avec dans les rôles titres Christian Bale et la sublime Katie Holmes (qui incarnait Joey dans la série Dawson, pour la petite histoire). Le long-métrage se proposait alors de nous expliquer comment un homme seul pouvait se dresser contre l’injustice et lutter contre la criminalité.




Tout commence par cette nuit funeste où arpentant les rues de Gotham City, les parents du jeune Bruce Wayne sont abattus sous ses yeux. Rongé par la haine, le remord et la vengeance, le jeune héritier fuit alors Gotham pour un voyage initiatique qui lui apprendra notamment comment utiliser sa colère pour lutter contre le crime et l’injustice. Enfin devenu un athlète confirmé et un combattant redoutable, Bruce Wayne revient à Gotham sous les traits de Batman, bien décidé à faire le ménage dans la cité et à coffrer un maximum de criminels.
Si le scénario ne brille certainement pas par son originalité, il offre néanmoins de nombreuses situations que les développeurs sont parvenus à retranscrire dans le jeu vidéo. Ce dernier se veut d’ailleurs une transcription fidèle du long-métrage et ne propose par conséquent aucune séquence inédite venant prolonger les aventures de Batman. Si les fans du film seront ravis de retrouver un produit respectant à la lettre son modèle sur pellicules, avec notamment de nombreux extraits vidéos (au découpage parfois frustrant) venant illustrer le début et la fin de chaque mission, les joueurs resteront sur leur faim quand après 6 à 8 heures de jeu, ils verront défiler sous leurs yeux le générique de fin. C’est un fait, Batman Begins ne s’encombre pas de passages superflus et tente de proposer de l’action non stop tout en essayant de varier au maximum les séquences de gameplay.
Ainsi, d’une manière générale, Batman Begins se présente sous la forme d’un jeu d’action classique où le joueur peut marcher ou courir, sauter, s’accrocher à un rebord, utiliser toute sorte de gadgets et bien évidemment se battre. Premier constat, si la jouabilité utilise plutôt bien la configuration de la manette (chaque touche est mise à contribution mais il est difficile de s’emmêler le pinceaux), elle requiert néanmoins un certain temps d’adaptation, la faute à des déplacements vifs et une caméra qui peut parfois donner le tournis. Cependant, après quelques minutes de jeu, on s’habitue très vite à la prise en main du jeu et l’on peut découvrir les différentes subtilités que nous ont réservé les développeurs. S’il reste un jeu d’action avec ce que cela sous entend de combats à mains nues, Batman Begins propose surtout de nombreux passages de furtivité. L’utilisation du radar est alors primordiale pour distinguer un ennemi que l’on peut affronter de plein fouet (en vert à l’écran) de celui qui requiert de la ruse (en rouge sur le radar). Car oui, si vous foncez tête baissée sur un garde en rouge, votre durée de vie n’excède plus les cinq secondes. Deux solutions s’offrent alors à vous: vous glisser dans leur dos pour les surprendre, efficace seulement pour un garde isolé, ou jouer sur leur peur.




C’est là l’une des principales originalités du titre: la gestion de la peur et de la réputation. Pour résumer, il vous suffira d’effrayer un groupe de gardes pour les rendre inoffensifs et ainsi pouvoir les affronter au corps à corps. Pour ce faire, Batman devra utiliser toute sa tête et sa panoplie de gadgets pour trouver et interagir avec certains éléments du décor. Par exemple, en explosant un baril, en faisant tomber une étagère, en brisant une vitre à proximité d’adversaires, l’homme chauve-souris prendra automatiquement l’ascendant sur ses ennemis pour en venir à bout beaucoup plus facilement. En luttant contre les criminels par ce biais, Batman se taillera alors une certaine réputation auprès de la racaille qui hante Gotham, laquelle influera plus ou moins efficacement sur leur sentiment de peur et d’insécurité. Malheureusement, si cet élément du gameplay est original, le traitement laisse perplexe: alors qu’il aurait pu être intéressant de parcourir chaque niveau à la recherche d’interactions, les développeurs mâchent tout le boulot en indiquant chaque élément à actionner, à briser, ou utiliser le grappin et les shurikens… De même, il n’existe à chaque fois qu’une seule solution, qu’un seul moyen par situation de jouer sur la peur des opposants, ce qui est vraiment regrettable…




Enfin, sans doute histoire de varier un peu plus les pérégrinations de leur héros, les développeurs ont inclus d’autres éléments de gameplay dont le plus intéressant reste les courses dans la batmobile. Dignes de Burnout, ces séquences arcade et rapides autorisent quelques secondes de relâchement malgré un cheminement loin d’être de tout repos: en plus de devoir atteindre un point précis en temps limité, il vous faudra batailler avec flic et criminels, éviter les projecteurs d’hélico prêts à vous dégommer ou encore exterminer un chargement suspect à coups de missiles. Intéressantes et plutôt fun, ces séquences ne sont malheureusement que deux au cours de l’aventure… On peut aussi regretter d’autres particularités du gameplay comme le crochetage de serrure ou le piratage informatique qui restent identiques quelque soit la porte ou le mécanisme concernés ! De même l’intelligence artificielle n’est pas exceptionnelle tandis que la progression pêche par sa trop grande linéarité: il faut manque le code pour actionner l’ascenseur ? Le garde juste à côté pourra vous aider sans hésitation ! S’il venait à refuser de communiquer le code, un petit interrogatoire musclé l’en dissuaderait peut-être. C’est en effet la dernière originalité du gameplay: il est possible, après l’avoir battu, d’interroger un garde pour lui soutirer quelques précieuses informations, mais là aussi l’idée n’est qu’effleurée ! Vous ne pourrez procéder à un interrogatoire qu’à l’endroit spécialement prévu par les développeurs. Toujours ces fichus scripts !




Enfin, pour boucler ce test, signalons que les développeurs ont fourni de l’excellent travail sur le plan de la réalisation. Le moteur de jeu tient relativement bien la route, malgré quelques ralentissements, et affiche des environnements détaillés et parfaitement modélisés. Les effets graphiques,principalement les jeux d’ombre et de lumière, sont superbes tandis que la modélisation de Batman et des personnages secondaires impressionne. C’est un fait, Batman Begins exploite à merveille les entrailles de la Xbox et affiche des décors variés et convaincants. Mention spéciale pour les passages en batmobile, fluides et aux sensations de vitesse carrément grisantes. Signalons tout de même un léger bémol au niveau des animations, en particulier celles de Batman, qu’il s’agisse de la démarche du super héros en mode discret ou des montées d’escaliers, esthétiquement peu convaincantes. La réalisation sonore quant à elle remplit parfaitement son rôle: les musiques d’inspiration cinématographique se font discrètes pour souligner comme il se doit les moments clé de l’aventure, tandis que les bruitages jouent leur rôle. Les doublages en français sont dans l’ensemble convaincants.
• Enfin une adaptation réussie des aventures de l’homme chauve-souris
• La réalisation graphique d’excellente qualité
• Une gestion intéressante de la peur qui enrichit le gameplay
• L’aventure se boucle beaucoup trop rapidement !
• Quelques soucis au niveau de la jouabilité et des animations
• L’ensemble est trop linéaire et scripté, dommage…
Verdict
Finalement, après de piètres performances, Batman profite de sa dernière apparition sur grand écran pour enfin s’offrir une adaptation en jeu vidéo digne de ce nom. Certes, l’on pourra longtemps disserter sur la durée de vie ridicule du titre ou sur la grande linéarité de la progression, mais l’ensemble reste suffisant plaisant à jouer pour que l’on pardonne aisément ces quelques désagréments. Beau, maniable, varié, Batman Begins est assurément à conseiller aux inconditionnels du super héros ou du long-métrage !

A partir de 14 €
Graphismes
8 / 10Les environnements et personnages sont modélisés avec soin et les effets graphiques, notamment les jeux de lumière, magnifiques. Dommage que des animations parfois risibles viennent gâcher le spectacle visuel.
Jouabilité
7 / 10Une gestion intéressante de la manette mais des déplacements rapides et déroutants les premières minutes de jeu. Dommage également que l’ensemble soit aussi scripté, plaçant le joueur sur un rail qu’il ne peut jamais quitter.
Son
7 / 10Les doublages en français sont crédibles, plus particulièrement la voix de Batman, pleine de conviction tandis que musiques et bruitages brillent par leur discrétion tout en remplissant à merveille leur fonction.
Durée de vie
5 / 10Malgré les 3 niveaux de difficulté, Batman Begins n’offre aucune replay-value. L’ensemble est court (comptez 8 à 10 heures pour boucler l’aventure une première fois) et ultra dirigiste.
Fun
7 / 10Enfin une adaptation réussie de Batman, proposant à la fois une réalisation technique de qualité et un gameplay novateur, malgré une progression linéaire.