
Splinter Cell : Double Agent
publié le 4 novembre 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Ubisoft Montréal
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Espionnage
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1 à 6Visitez le site officiel
- 19/10/2006
- 10/2006
- inconnue
Initialement prévu en Mars dernier, le nouveau Splinter s'est laissé quelques mois supplémentaires pour arriver discrètement avant les fêtes de fin d'année. Un jeu solide, efficace, mais qui innove trop peu pour atteindre les sommets. Explications. Ca commençait bien…Bousculant la très cinématographique saga des Metal Gear Solid, celle des Splinter Cell a acquis sa renommée par un gameplay plus varié (comparé à Sons of Liberty) et un multi diablement prenant. Le troisième opus, bien qu'excellent, apportait de la nouveauté uniquement par le biais d'un couteau et de quelques mouvements. Aussi, ce quatrième épisode annonçait la couleur : le personnage de Fisher se devait d'apparaître bousculé, plus sombre, plus travaillé psychologiquement.
Après la première mission en guise d'intro qui tourne mal, où il perd son coéquipier, Sam se voit proposer par Lambert - son mentor au sein de la NSA - d'infiltrer une organisation terroriste appelée JBA. Pour cela, il accepte de séjourner en prison dans le but d'entrer en contact avec l'un des membres du groupe pour gagner sa (leur) confiance en l'aidant à s'évader. Là, il sait qu'il n'a plus rien à perdre. Il vient, en plus de son collègue, de perdre sa fille dans un accident de voiture. La mission de trop ou celle qui lui remettra les idées en place ? 


Le bon, la taupe et le mauvaisChaque mission se constituera d'objectifs primaires, secondaires, facultatifs... à exécuter... ou pas. Car, en qualité d'agent infiltré, il ne faudrait toutefois pas oublier pour qui vous travaillez. Ainsi, deux jauges de confiance symbolisant vos employeurs diminueront ou, au contraire, augmenteront suivant vos actions. Le but étant bien entendu d'essayer de conserver un semblant d'équilibre entre les deux pour ne pas griller votre couverture d'un côté, et perdre votre boulot de l'autre. Par ce système, Splinter Cell offre (ou impose) un choix judicieux des objectifs et une certaine liberté pour le joueur. Ces derniers sont assez nombreux et variés pour laisser le joueur aller dans la direction qu'il souhaite, vivre son aventure comme bon lui semble, en tachant quand même de rectifier le tir si besoin est. De prime abord, ce système semble bien fichu et emmène le jeu vers de nouvelles sensations. Il en est rien. Pourquoi ? Plusieurs raisons à cela. Déjà, il manque de cohérence. Quand les membres de la JBA vous surprennent dans leur base, dans une zone normalement interdite d'accès pour vous, votre jauge baisse d'un chouia, et ils reprennent leur activité comme si de rien était. Vous pensez que cela fait sérieux pour des terroristes qui entreprennent quand même de détruire New-York ? Pas crédible pour un sou. Je m'arrêterai là pour ne pas spoiler, mais pour résumer, on aurait souhaité que ces choix impliquent des conséquences vraiment marquantes tant pour la narration que pour le gameplay. Hormis trois fins disponibles, ce système s'avère en fait plus superficiel qu'autre chose. Dommage. Pour autant, jouer en niveau difficile se révèle plus plaisant car la moindre erreur de votre part annoncera la fin de la partie. 


I.A rien qui va !Abordons maintenant l'autre point qui fâche : l'I.A. Très limitée, elle ne surprendra qu'à de rares moments. D'accord, les zones d'ombres sont extrêmement bien gérées. Mais quand un garde vous passe à deux centimètres, faudrait peut-être lui signaler de changer de boulot et d'aller voir l'ophtalmo. Dans le même ordre de remontrances, certains n'entendent pas les portes (parfois ouvertes brusquement) ou stoppent leurs recherches après un point de sauvegarde, voire dès que vous quittez leurs "zones". Leurs remarques sont souvent idiotes et sans cohérence. Bref, un non-travail. Dans le niveau de la prison, certains gardes vaquent à leurs traditionnelles occupations alors que des bagarres explosent de partout. Là, c'est l'ambiance qui en prend un coup. Vous en voulez d'autres ? Certains développeurs devraient comprendre que "next-gen" ne signifie pas forcément graphismes...De ce point de vue là, le cahier des charges fût correctement rempli. Sans atteindre la perfection de ce qu'on appelle les jeux de la deuxième vague (Gears of War, Lost Planet...), Double Agent s'en tire avec les honneurs en proposant des environnements plus variés, plus ouverts, variant les ambiances, et des contrastes entre ombres et lumières toujours aussi saisissants. Mention spéciale pour le niveau de Kinshasa, qui retranscrit une atmosphère de guérilla poussiéreuse et étouffante. De la next-gen quoi ! 


Chef d’œuvre du classicismeSplinter Cell Double Agent est au final un bon jeu malgré ces (gros) défauts. La mécanique reste quasi-identique. On évolue donc toujours avec un personnage aux mouvements dignes d'un félin, au champ d'action énorme. Chaque situation peut être abordée de différentes façons. De ce fait, la replay-value apporte un plus indéniable. L'infiltration de jour apporte un peu de sang frais dans notre manière d'aborder nos actions. Il ne s'agit plus simplement d'exploser les lumières pour avancer mais user de tout notre équipement et notre agilité pour avancer. On notera également un effort dans la narration, dans la volonté d'Ubisoft de nous "humaniser" un peu plus sa mascotte qui s'infiltre plus vite que son ombre, notamment pendant les missions dans la base des terroristes. Mais encore une fois, et à l'image de toute l'aventure, on n'arrive pas à comprendre certains choix. Pourquoi ne pas avoir réalisé des cut-scenes entre chaque niveau plutôt qu'une pseudo-présentation inintéressante du lieu accompagnée d'une voix off ?
La partition sonore demeure très honnête, sans avoir besoin de crier au génie non plus - merci les clichés pour les voix. Pour terminer, on pestera contre la lourdeur du plan en 3D qui atteint des sommets d'illisibilité; et contre le radar dont on regrette la présence, puisque le charme des Splinter tenait en partie dans cette appréhension des lieux, sans savoir ce que la prochaine salle nous réservait.
Heureusement pour lui, D.A se rattrape dans sa partie multijoueur qui reprend ce qui avait déjà fait son succès. A savoir des confrontations entre des mercenaires et des espions réparties en deux équipes de trois. Les possibilités sont certes diminuées mais le fun et l'aspect tactique pas le moins du monde. Un aspect du jeu qui sauve Sam pour cette fois-ci mais attention, nous serons moins cléments pour le prochain épisode qui devrait être exclusif à la 360. 










• L'ambiance impressionnante de certains niveaux
• Les graphismes, superbes
• Le mode multijoueurs, très fun
• Un manque cruel de nouveautés
• L'aventure solo trop courte
• L'IA trop limitée
Verdict
Splinter Cell Double Agent aurait dû être en fin de compte l'épisode trois : on se serait moins rendu compte de sa non-évolution. Pas assez profond scénaristiquement pour devenir la référence du genre, pas assez non plus révolutionnaire dans son gameplay pour surprendre, il en subsiste un bon jeu, pour les fans ou les nouveaux, qui peut se remercier d'être le porte-parole de ce multi extrêmement fun. Définitivement pas assez next-gen.

Graphismes
8 / 10La réussite de Splinter tient dans sa qualité à retranscrire des atmosphères variées et immersives. Du très beau boulot malgré la présence trop importante du QG de la JBA. Des animations parfois rigides et des saccades sont également au programme.
Jouabilité
7 / 10Sujette à discussion, elle ne sera pas des plus optimale à cause de certaines touches qui ont du mal à répondre et d'une caméra qui s'emballe (rarement). Les habitués s'y retrouveront rapidement.
Son
7 / 10Les musiques sont classiques (pas le genre hein !), les voix n'échappent pas aux clichés et les bruitages sont dans l'ensemble réussis.
Durée de vie
8 / 10Ceux qui ne possèdent pas le live et considèrent ce critère comme fondamental peuvent réserver leurs sous pour d'autres jeux (et également retirer un point de la note finale). L'aventure n'excèdera pas les 12 heures. La rejouabilité est cependant de mise
Fun
7 / 10L'aventure solo est une déception car elle oublie d'innover et parait bâclée. Le multi vient relever le niveau d'un jeu que l'on attendait exceptionnel, et non juste bon.