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Preview de jeu Xbox 360

Max Payne 3

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Max Payne 3 - 3

Putain 10 ans. 10 ans que Max se noie au fond de son verre d’alcool. 10 ans qu’il se gave d’antidouleurs et tente d’oublier son passé. L’ancien flic le plus charismatique de l’histoire du jeu vidéo reprend du service pour un voyage à Sao Paulo plein de bruit et de fureur. Son ambition : avertir la concurrence qu’il y a un nouveau shérif dans la ville des TPS.

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Max Payne fait en effet partie de ces personnages qui ont sans conteste marqué l’histoire du jeu vidéo. Il suffit pour s’en convaincre de voir qu’il y a énormément de joueurs qui le connaissent sans avoir forcément joué au jeu. On appelle ça la renommée. Ajoutez à cette figure de Bad Cop digne des plus grands polars noirs l’utilisation brillante du Bullet Time, et vous obtenez les deux piliers d’une licence majeure. Rien que ça. Les créateurs de Max Payne ont laissé la main avec ce Max Payne 3, et Remedy Studios a confié son personnage à Rockstar Studios. Un passage de relai qui aurait pu se faire vers de plus mauvaises mains ! Dans la lignée des titres de l’éditeur, les ambitions sont de proposer un jeu qui ne se contentera pas de dupliquer un genre déjà surpeuplé. L’objectif annoncé de ce nouvel opus est de proposer un gros jeu d’action et une ambiance ciselée proche d’un travail cinématographique. Après deux heures manettes en main un constat s’impose, Rockstar va, encore une fois, frapper très fort, même si quelques petits détails nous ont un peu perturbé.

Le niveau dévoilé propulse le joueur en pleine discussion sous haute tension. La ravissante épouse d’un riche industriel de la ville a été enlevée et les ravisseurs réclament la livraison d’une rançon. Une scène classique du polar noir qui est ici mise en scène de manière très sophistiquée puisquent de nombreux effets graphiques ponctuent les dialogues. Alors que les premiers Max Payne utilisaient des planches de bandes dessinées pour présenter les scènes de transition, ici la narration est littéralement incorporée dans le jeu puisque le moteur du jeu est utilisé sans qu’aucun écran de transition ou de chargement ne viennent interrompre le rythme. L’occasion d’apprécier la qualité photo-réaliste des visages des protagonistes et celle des voix toujours impeccables. L’acteur James Mcaffrey qui prête toujours sa voix à Max Payne endosse désormais tout le costume puisque c’est son visage qui a été modélisé pour le jeu. Max Payne se donne des allures de film noir et si la série piochait dans le comic américain, cet opus lorgne avec insistance vers un cinéma contemporain dopé aux filtres numériques. Cette réinterprétation de l’esprit BD tire plus vers la bande-annonce de film puisque les dialogues sont ponctués par des mots clés qui apparaissent à l’écran comme pour souligner leur importance. Un procédé très graphique mais un poil trop redondant sur la durée.

On suit donc Max et son acolyte du jour, Raul Passos, qui l’a embauché pour des boulots de sécurité privée. Une mission qui les emmène en pleine nuit jusque sur la pelouse du stade désert de Sao Paulo. Alors que les ravisseurs approchent pour s’emparer du sac plein de billets, un sniper embusqué vient changer la donne et perturber l’échange puisqu’il se met à tirer sur tout ce qui bouge, Max y compris qui s’échappe dans un piètre état. L’écran se surcharge d’effets qui troublent la vision, Max avance, titube, jusqu’à ce qu’il ingurgite les fameux antidouleurs qui font leur retour. A la différence des TPS récents, Max Payne 3 prend le parti de ne pas restaurer progressivement la santé du joueur. Un choix qui, cumulé à l’agressivité des ennemis rend le jeu assez ardu, y compris en mode normal. Une difficulté en partie due à des repères de gameplay un peu bousculés puisque vous devez combiner le fameux Bullet Time et, pour la première fois dans la série la possibilité de mettre à couvert derrière certains décors. Notons d’ailleurs que le jeu différencie les boutons pour se mettre à couvert et pour passer par-dessus les décors. Un détail tout simple qui permet d’éviter de franchir malencontreusement un abri en plein gunfight.
Des combats qui frappent le joueur par leur réalisme. Depuis les gradins du stade, jusqu’aux hauteurs des installations électriques, les décors offrent une reconstitution minutieuse qui laisse pantois. Réalisme, un maître mot qui cadence les scènes de jeu, puisque la modélisation des ennemis (très variés) mais surtout leurs animations laisse également admiratifs. Les mouvements mais également les réactions aux tirs qui varient selon la zone visée. On peut ainsi ralentir un ennemi en visant ses jambes, le mettre au sol avec un bon coup de pompe dans le bide ou encore lui exploser la tête avec un headshot bien placé. Max Payne 3 se la joue réalsite et violent, mais cela ne surprendra personne. A bout portant, le joueur peut d’ailleurs enclencher des séquences de corps à corps particulièrement radicales. Alors que l’on affronte des mercenaires armés jusqu’aux dents (et sacrément résistants !) on ne constate aucun bug de collisions entre les corps et l’environnement. Un travail qui impressionne d’autant plus que les nombreux escaliers du stade sont le lieu de test idéal pour constater cette excellente intégration des personnages dans le décor. Le réalisme se retrouve également dans l’arsenal qui permet de porter jusqu’à deux armes de poings et une seule arme à deux mains (fusil à pompe, fusil d’assaut). Max garde alors à la main son fusil et recharge avec classe sans lâcher son arme.

Ce concerto pour deux flingues est bien sûr rythmé par le Bullet Time et le joueur devra alterner sans cesse entre des séquences à couvert pour remplir sa jauge de Bullet Time et d’autres séquences où il sera vital de ralentir le temps pour ne pas succomber sous les tirs. Les ennemis se révèlent en effet très agressifs et n’hésitent pas à vous déloger de votre planque à coup de grenades. Pire, ils ont une fâcheuse tendance à vous foncer dessus et à vous contourner, au mépris du danger. Le jeu est donc assez difficile et il faudra avancer avec précaution. N’allez surtout pas croire que l’on peut se la jouer héros invincible façon Tequila, le flic de Stranglehold. Un choix de gameplay qui interdit donc tout délire et assoit définitivement le spectacle à l’écran, ce qui conforte les ambitions réalistes et cinématographiques du jeu. Le niveau se poursuit sur un rythme qui ne faiblit pas et vous devez ensuite protéger avec un fusil de sniper votre compagnon désarmé. Là encore le rendu cinématographique de la séquence de jeu est bluffant. Notons également une séquence en bullet time, proche du QTE, qui nous a séduits par son efficacité.

Changement d’ambiance avec le second niveau dévoilé qui nous emmenait dans une zone portuaire, sous une pluie glaciale. Armé d’un simple pistolet équipé d’un silencieux, Max se fraye un chemin le plus rapidement possible mais le niveau bascule très rapidement vers le gunfight débridé. Max peut d’ailleurs viser certains éléments du décor pour provoquer quelques réactions explosives. Ne comptez pas sur le jeu pour vous indiquer par une flèche ou même un effet de surbrillance les objets interactifs, rien ne vient perturber l’esthétique du titre et rien ne vient vous sortir de cette mise en scène magistrale. Un rendu si soigné et si crédible qu’on se surprend à tiquer sur certains détails qui nous rappelle que nous sommes dans un jeu vidéo. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas la preuve que certains détails sont à revoir mais bien que le jeu réussi l’exploit de nous bousculer dans nos repères de joueur. Il fallait au moins ça pour fêter le retour de Max Payne !

Avec sa réalisation magistrale et son gameplay bien calibré, ce Max Payne 3 risque de frapper très fort lors de sa sortie en mai. Le jeu porte avec fierté l’empreinte Rockstar avec un travail remarquable sur la mise en scène du jeu mais aussi la direction des acteurs. Une qualité qui sera accessible en VO sous titrée pour ne pas gâcher tout le travail de modélisation des visages et de synchro labiale. Si Stranglehold tentait de retranscrire le feeling des films de John Woo, Max Payne 3 s’inspire avec brio des films de Michael Mann et plonge le joueur dans une ville de Sao Paulo pour un périple qu’on pressent déjà mémorable. Le genre d’aventure dont on reparlera peut-être dans 10 ans.

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8.5 / 10
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