![]() |
|
![]() Soldier of Fortune : Paybackpublié le 11 février 2008
« Soldier of Infortune »
Huit ans après la sortie du premier épisode sur PC, la série Soldier of Fortune revient sur le devant de la scène avec un troisième épisode reprenant ce qui en a fait le succès. Activision, toujours aux commandes, a toutefois fait le choix curieux de confier le développement du jeu à Cauldron, à l’origine de titres très moyens comme la gamme des History Channel ou Knight of the Temple. Les développeurs parviendront-ils à faire oublier ces quelques lignes peu élogieuses de leur CV le temps d’un jeu, ou vont-ils complètement gâcher une licence au potentiel fort ? « Soldier of Infortune »Exit donc la joyeuse bande de chez Raven Software, et place aux développeurs de chez Cauldron pour la réalisation de ce nouvel épisode. C’est en effet le choix curieux effectué par Activision, qui en plus d’imposer un planning extrêmement serré à l’équipe de développement, a opté pour un studio au passé peu glorieux. Se souvenir de Knight of the Temple 2, l’un des pires titres d’action-aventure qu’il nous ait été donné de découvrir sur Xbox première du nom, est déjà un exploit en soi. Alors forcément, quand on découvre le nom du studio apposé sur la jaquette, on commence à trembler. Le changement drastique commence dès le début du jeu, et la découverte du « scénario ». L’ami John Mullins, héros des deux précédents opus, cède ici sa place à Thomas Mason, un mercenaire sans peur et sans reproche qui parcourra le monde pour exécuter les différents contrats confiés par ses clients. Enfin… le monde est un bien grand mot, puisqu’on se contentera bien souvent du Moyen-Orient, à déglinguer quelques mecs en turban. Mouais…
Notre aventure épique commence donc dans les contrées lointaines d’un pays inconnu, dans lequel Mason et l’un de ses collègues doivent secourir un politicien chinois. Cependant, une fois en possession du « colis », notre gentil copain décide alors de trouer le crâne du monsieur. L’appât du gain est décidemment toujours aussi fort. Touché dans son orgueil, notre héros entame alors une quête vengeresse afin de régler son compte au grand méchant qui a manigancé tout cela. Et là, il faut bien avouer que ça commence tout doucement à devenir ridicule. Les mercenaires ne sont décidemment plus ce qu’ils étaient dans les jeux vidéo modernes ! Vous l’aurez sans doute compris, le scénario de ce nouvel opus n’est réellement qu’un prétexte à déglinguer tout ce qui se présente face à nous, et Cauldron nous le fait bien ressentir. Ces messieurs n’ont d’ailleurs même pas pris la peine de traduire ou de sous-titrer quoi que ce soit en Français, se contentant de proposer des doublages façon Schwarzenegger à la limite du ridicule. « Je m’en vais vous couper la tête. »Car ce qui fait la « force » de la série, et de ce Soldier of Fortune : Payback par la même occasion, c’est son système de démembrement. Si Familles de France risque encore de s’insurger face à une telle débauche de violence, il faut bien avouer que les deux premiers épisodes ont forgé leur réputation sur ce point précis. Le moteur physique du jeu permettait en effet, en fonction de l’emplacement où vos balles se logeaient dans l’ennemi, de le déchiqueter petit à petit jusqu’à en faire un homme-tronc des plus mignons. Ce nouvel opus s’articule – évidemment – autour de ce même système, au détail près qu’il est encore moins performant qu’avant. Si l’on s’amuse quelques instants à balancer une grenade au milieu de la foule et à contempler le feu d’artifices de membres éparpillés un peu partout, on note le manque de précision du tout lors des phases de shoot plus classiques. Ainsi, un tir dans la main comme dans l’épaule arrachera systématiquement la totalité du bras de votre adversaire, tout comme la moindre balle logée dans la tête entraînera nécessairement décapitation et giclées d’hémoglobine plus ou moins bien senties. Or, le second épisode de la série proposait aux joueurs des dissections bien plus nettes, plus précises… Même si l’on rentre dans des points de détails particulièrement glauques et morbides, cela permet de constater un bond en arrière pour un jeu sorti tout de même six ans après son aîné. Avouez que ça la fout mal. Dans le même ordre d’idée, les cadavres disparaissent désormais au bout d’une poignée de secondes, empêchant les chirurgiens en herbe de peaufiner leur travail. Les membres découpés, quant à eux, se baladent un peu partout et n’hésitent pas à planer en plein milieu de l’écran, histoire d’être sûr d’être bien vus. Difficile d’être enchanté par tout cela. « Le couloir de la mort ? »
« Le couloir de la mort ? »Cela aurait pu rester un simple petit défaut si le reste du jeu avait été une véritable petite tuerie. Or, il faut bien avouer que le titre est bien loin d’être à la hauteur de ses prestigieux aînés. Ainsi, le level design des différentes missions est d’une pauvreté sans égale, les longs couloirs succédant aux étroits corridors pour la plupart du temps. Les ennemis, quant à eux, débarquent systématiquement par paquets de trente qu’il faut consciencieusement dégommer avant de pouvoir avancer à la zone de carnage suivante. Pas question ici d’une quelconque liberté d’action, ce serait trop beau. Les quelques cabanes que vous pouvez visiter en cours de partie sont systématiquement composée d’une seule minuscule pièce, qui ne sert bien évidemment à rien de toute façon. Non, mieux vaut continuer tout droit et suivre gentiment la voie qui nous est imposée, afin de ne pas prolonger le calvaire trop longtemps.
Les développeurs ont fort heureusement pensé à nous en proposant un jeu que l’on peut finir en une petite après-midi, quel que soit le mode de difficulté sélectionné. Il faudra toutefois s’armer de courage pour les plus téméraire optant pour le mode Difficile, et ne pas avoir peur des temps de chargement honteusement longs nécessaires à chaque respawn. Sachant que les points de contrôle étant on ne peut plus mal placés, on en arrive rapidement à baisser le niveau de difficulté pour que cesse le supplice le plus vite possible. Que dire également de l’Intelligence Artificielle – enfin, si de tels comportements peuvent correspondre à une quelconque forme d’intelligence – des ennemis, simplement risible ? Imaginez un groupe de terroristes armés jusqu’aux dents, vous fonçant dessus en hurlant. Comment faire pour vous sortir de cette situation périlleuse ? Très simple : un petit pas de côté, et regardez les continuer de courir, vous passant devant comme si de rien n’était… Encore mieux : ce boss, caché dans son blindé et ne cessant de vous arroser de roquettes. Manque de bol, le monsieur a un gros problème de visée et ne cesse de tirer sur le rebord de son propre char. Il ne vous reste plus qu’à l’arroser d’une trouzaine de chargeurs pour en venir à bout, comme c’est le cas pour chaque boss boosté aux stéroïdes. Exceptionnel… Le seul point sur lequel on peut saluer les développeurs réside dans le soin apporté aux graphismes. Ces derniers sont véritablement beaux, et l’on se plait à contempler certains décors l’espace de quelques instants de répit. Nouvelle ombre au tableau toutefois, puisque des ralentissements énormes viennent faire leur apparition dès que l’écran est un peu trop chargé en éléments à afficher. Un comble pour un soft qui prône une action démesurée. En bref, Soldier of Fortune 3 : Payback est un titre sur lequel on ne s’attardera pas plus d’une journée, et ce n’est certainement pas le mode multijoueur aussi ridicule que désert qui nous fera changer d’avis. test écrit par Jonathan Graphismes
7 Seul véritable point fort du titre, les graphismes et le moteur physique du jeu sont à la hauteur des attentes. On note toutefois de gros ralentissements par momentsJouabilité
6 Pas franchement difficile à prendre en main, le soft se base sur des principes déjà vus des milliers de fois. Pas vraiment grand intérêtSon
5 Si les musiques proposées collent assez bien à l’action, les doublages anglais – oui, aucune traduction n’a été faite, bien sûr – sont de qualité très moyenneDurée de vie
3 Cinq heures de jeu devraient être suffisantes pour venir à bout de cette superbe aventure… Et on dit merci aux développeurs de ne pas prolonger le supplice.Fun
5 Il faut reconnaître qu’on s’amuse bien à déchiqueter tout le monde au début. Au début...
• Les graphismes assez réussis
• L’I.A. des ennemis complètement risible Verdict : 4Ce Soldier of Fortune 3 : Payback est une honte et constitue un véritable déshonneur pour une série pourtant appréciée de nombreux joueurs. Les développeurs de chez Cauldron réussissent une nouvelle fois à nous pondre ce qu’ils savent faire de mieux : une immonde bouse. Malgré des graphismes sympathiques et un moteur physique qui amuse quelques temps, le titre se révèle bien trop faible en comparaison de la déferlante de FPS qui ne cessent de débarquer sur le marché. Un titre à éviter autant que possible, et ce malgré un prix « budget » fixé à 50 euros. Ridicule. |
|
Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles MICROSOFT sur www.XboxFrance.com et sur les sections XBOX et XBOX 360 | |