l'actualité PS2, PSP et PS3 de Sony

Prey

Prey

publié le 31 juillet 2006
  • 13/07/2006
  • inconnue



Introduction

Prey est un des rescapés de l’univers impitoyable du monde vidéo ludique. Pourquoi me diriez-vous ? Tout simplement parce que le jeu faisait son apparition pour la première fois en 1997, pour être rangé dans des boites un an plus tard afin de laisser place à des projets plus ambitieux. Déjà assez bluffant à l’époque, voici qu’il refait surface grâce à une nouvelle équipe de développeurs mais aussi dans un contexte technique beaucoup plus propice à sa réalisation en utilisant le même moteur graphique que Doom 3 ou Quake 4. Prey s’offre ainsi à nous avec d‘excellents concepts qui tentent d’innover dans le genre mais qui restent dans la plupart des cas trop souvent sous exploitésUn indien dans la villeTommy, indien Cherokee malgré lui, tente tant bien que mal de convaincre Jen, sa petite amie, de quitter la réserve pour rejoindre la ville. Mal dans sa peau, ce dernier ne croit en rien de sa culture indienne, se moquant des principes que ses ancêtres essaient tant bien que mal de lui inculquer. Mais c’est alors que Jen, son grand-père et lui sont enlevés par un vaisseau extra-terrestre. Emergeant d’un profond sommeil, ils se réveillent tous les trois au plein cœur de la « Sphère » où ils vont petit à petit se rendre compte qu’ils sont en passe, dans le meilleur des cas, de devenir les esclaves lobotomisés d’un peuple venu d’ailleurs ou dans le pire, leur festin. Grâce à une aide extérieure, Tommy parvient à se libérer de sa prison et se lance dans un périple ayant pour seul objectif de sauver Jen, sans se rendre compte qu’en même temps il sauvera également… la Terre. Si des éléments du scénario sont révélés au fur et à mesure de votre progression, on remarque bien vite que ce dernier s’effiloche et s’efface petit à petit pour laisser place à l’essence même du jeu à savoir les phases de shooting.

Prey reste somme tout assez classique dans son scénario. Profitant de la longue liste de titres du genre, ce dernier ne s’est pas risqué dans quelque chose de trop téméraire. Il préfère innover dans des éléments du gameplay et ce sont quelques excellentes idées qui lui permettent de tenir tête aux challengers de la catégorie. Premier élément à mettre du piment, les portails. Ces derniers sont des sortes de passage que vous ou vos ennemis ouvrez pour passer d’un endroit à un autre. Un portail peut donc s’ouvrir en plein milieu d’une pièce vide pour se retrouver subitement envahie par vos ennemis qui en sortiront. Agissant un peu comme une simple fenêtre sur un nouvel endroit, vous allez pouvoir tirer à travers pour abattre les ennemis qui s’y trouveraient de l’autre côté avant de l’emprunter. Mais, si dans un premier temps le concept de portails semble une excellente idée, à la longue, son utilité devient toute relative et vous allez l’emprunter comme une porte des plus classiques.

Autre élément, la gravité. Tout au long du jeu, vous allez vous retrouvez face à des chemins magnétisés qui vous permettront de marcher sur les murs ou encore sur les plafonds des niveaux. Combinez avec les portails, ces derniers vont conduiront dans une pièce que vous aurez déjà visitée, mais cette fois-ci en marchant sur les murs. De quoi en perdre le nord, surtout lorsque interviennent les modificateurs de gravité. Situé à des endroits stratégiques (et jamais sans raison) ceux-ci changeront le centre de gravité de place une fois que vous aurez tiré dessus. Pas commun donc que le plafond devienne le sol aussi facilement. Vos ennemis prendront également ces chemins, il sera donc commun de se retrouver avec des ennemis au dessus de soi, la tête en bas, en train de vous tirer dessus. Donc en plus de regarder en face de soi, il faut regarder sur les murs à gauche et à droite, mais aussi au plafond, de quoi augmenter notre dose de stress une fois que l’on pénètre dans une nouvelle pièce.

Prey - 1  Prey - 2  Prey - 3  Prey - 4 Suivez le guideMalgré ces deux éléments assez intéressants et qui pourraient élever la difficulté de progression dans le jeu, ce dernier reste assez linéaire et même si on a l’impression parfois d’avoir perdu son chemin, on fini par vite par le retrouver un peu malgré soi. De ce fait, votre aventure va se limiter à décimer tout ce qui se trouve sur votre passage, de retour donc au bon vieux principe du FPS. Vous voilà donc face à une horde d’ennemis qui n’ont que pour but de vous éliminer.

Il faut admettre que ceux-ci ne vous poseront jamais de grand problème. Malgré parfois des soupçons de tactique où ils pourraient se mettre en retrait, se mettre à l’abri ou encore vous lancez une grenade, ces derniers auront plus souvent tendance à se ruer sur vous, avec une arme qui est identique à la toute première que vous aurez eu dans le jeu. Même les plus impressionnants afficheront vite leurs limites et ne seront que très rarement challengeant.De plus, vos armes se révèleront d’une redoutable efficacité. Vous serez au départ équipé d’une simple clé à molette qui deviendra vite inefficace. Mais c’est grâce à celle-ci que vous allez pouvoir voler d’un cadavre votre première arme qui fera également office de fusil sniper. Toutes les armes que vous utiliserez auront une origine extra-terrestre et elles seront disponibles au fur et à mesure de votre progression. Au look particulièrement organique, votre équipement ira de la sulfateuse à un canon projecteur d’acide, mais aussi des grenades qui seront aussi disponibles sous forme d’araignées à trois pattes. Selon que vous la lancez dans un sens ou dans l’autre, la grenade deviendra une mine, efficace lors des attaques massives. Inutile de casser le mystère et de dévoiler toutes les armes disponibles dans le jeu. Sachez juste que celles-ci sont variées et que vous serez le seul à les utiliser, vos ennemis gardant précieusement la même arme tout au long du jeu.

Prey - 5  Prey - 6  Prey - 7  Prey - 8


Esprit es-tu là ?

Esprit es-tu là ?Le héros que vous incarnez possède, malgré son scepticisme, des pouvoirs mystiques issus de son héritage indien. Tôt dans le jeu, ce dernier va découvrir qu’il peut séparer son esprit de son corps, et arriver à passer des endroits qui lui sont normalement inaccessibles. Attention cependant à ne pas faire d’amalgame. Il n’est pas question ici de voler ou de traverser les murs. Armé d’un simple arc, le principe de l’esprit se révèle surtout lors des phases où un champ de force bloque votre progression. Votre mission est donc de traverser ce champ de force et de le désactiver grâce à une borne située juste après. Cet état second vous sera aussi utile pour vous aider dans votre progression où des passerelles invisibles à l’œil nu se révèleront. Et c’est à peu près tout. Une fois de plus, si le concept vient renforcer la bonne impression que l’on pourrait avoir sur le jeu, il y est malheureusement sous-exploité.

Cet état vous donne aussi un grand avantage : l’immortalité. En effet, une fois mort, votre esprit est envoyé dans un monde parallèle où vous aurez une vingtaine de secondes pour reprendre des forces, le tout sous la forme d’un mini-jeu. A l’aide de votre arc, vous allez devoir tirer sur des âmes flottantes rouges ou bleues vous donnant respectivement un regain de santé ou d’esprit. A la fin de cette épreuve, vous serez ramené à l’exact endroit où vous avez été tué. De plus, alors que le jeu se sauvegarde de lui-même à chaque début de niveau, vous aurez la possibilité de sauver votre progression où bon vous semble. L’un dans l’autre, ces principes enlèvent toute difficulté au jeu qui devient d’un coup beaucoup trop facile. Certes, un mode « difficile » est de la partie, mais ce dernier ne sera disponible qu’après avoir terminé le mode « facile », ce qui reste une pratique fort douteuse. Le jeu étant simple à la base, le fait de démarrer en mode « difficile » directement aurait été un peu plus challengeant. De plus, le jeu n’ayant pas vraiment de replay-value, seuls les fans des « succès xbox360» se laisseront tenter par recommencer l’aventure.

A noter aussi que la durée de vie en prend dès lors un sacré coup. Les novices mettront une grosse dizaine d’heures à terminer le jeu, les plus coriaces peuvent le boucler en moins de huit heures.

Prey - 9  Prey - 10  Prey - 11  Prey - 12 Plus on est de fous…Un FPS ne serait rien sans le multi-joueurs. Jouable jusqu’à huit, seulement deux modes sont disponibles : le deathmatch et le deathmatch par équipe. Les six cartes sont suffisamment grandes et bien construites pour que les portails et les chemins magnétisés se retrouvent enfin exploités à leur plein potentiel.  Mais les deux modes affichent vite leurs limites et on reste sur sa faim. Signalons que le multi-joueurs est accessible uniquement en liant plusieurs consoles ou via le Live, mais pas via l’écran splitté, dommage.

Le moteur graphique de Doom 3 reste toujours aussi efficace et il le prouve une fois de plus en rendant l’univers de Prey superbe visuellement. Le mélange organique/mécanique combiné à d’étroits couloirs voire même à de vastes hangars rend le monde de Prey fort angoissant, même si ces derniers deviennent redondants à la longue, et ce, au nom de la cohérence d’unité du lieu (tout se passe dans le même vaisseau). Les effets visuels, comme les explosions ou les apparitions de portail, restent aussi de grande qualité, et le jeu ne souffre quasi jamais de ralentissements. Côté son, les effets sonores sont dans la moyenne supérieure, et la bande son (qui reste à certaines occasions assez originales comme "You've Got Another Thing Comin' de Judas Priest) ne monte que très rarement au créneau et reste très discrète. A noter qu’une fois à l’état d’esprit, vous serez capable de comprendre vos ennemis, ceux-ci parlant un anglais basique.

Prey - 13  Prey - 14  Prey - 15  Prey - 16
Prey - 17  Prey - 18  Prey - 19  Prey - 20
test écrit par Arnaud
Graphismes
8
Le moteur de Doom 3 exploité tout en finesse nous donne un jeu graphiquement très réussi, et vous en profiterez d’autant plus sur une télévision HD.
Jouabilité
7
Dans un premier temps confuse avec le phénomène de gravité et les portails, la prise en main se fait rapidement. D’excellentes idées ont été semées dans le jeu, mais dommage qu’elles n’aient pas eu le temps d’être un peu mieux exploitées.
Son
7
Bande son et effets sonores dans la moyenne, mais c’est une évidence que Prey n’est pas une référence dans le genre.
Durée de vie
5
Immortel donc trop facile et donc trop court, le jeu peut se boucler en moins de 8 heures pour les habitués du genre.
Fun
7
Malgré un jeu vite linéaire, on plonge rapidement dans la peau de cet indien combattant pour sauver le monde. Les idées sont bonnes et mériteraient d’être exploitées ailleurs.

• Une qualité graphique digne de la 360
• Les portails...
• …combinés à la gravité

• La durée de vie trop courte
• Le challenge trop facile
• La progression linéaire

Verdict :
8

Paradoxalement malgré le constat dressé ci-dessus, Prey reste un excellent titre, mais on attendait sûrement un peu trop de lui. Sous ses airs de FPS sans vouloir l’être avec des idées originales comme les portails, le jeu avec la gravité et l’état second dans lequel le héros peut passer, il est regrettable que celles-ci ne soient que trop peu exploitées. Mais admettons que le jeu reste quand même hors norme par rapport à d’autres du genre, et vous ne vous ennuierez certainement pas une fois plongé dedans.



Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles MICROSOFT sur www.XboxFrance.com et sur les sections XBOX et XBOX 360