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![]() Enchanted Armspublié le 6 octobre 2006
Introduction
Genre indispensable pour espérer s’imposer sur l’archipel nippon, le jeu de rôle n’a jamais été l’apanage de la première console de Microsoft. Soucieuse de ne pas commettre deux fois la même erreur, la firme de Redmond entend bien s’entourer d’un maximum de RPG pour sa dernière machine, la Xbox 360. Enchanted Arms en est le premier exemple. Pari réussi pour Microsoft ?Le premier du genre sur 360 !Protectionniste et friand de jeux de rôle, le public nippon ne se laisse pas dompter facilement et Microsoft en a d’ailleurs fait les frais avec sa première Xbox, souffrant de deux défauts majeurs : la nationalité américaine de sa machine et surtout le grand manque de RPG dans sa ludothèque, indispensables pour capter l’intérêt des joueurs japonais. Si Microsoft ne peut nier la paternité de sa nouvelle machine, le géant américain peut néanmoins essayer de contourner cet incompréhensible « défaut » (la valeur d’une console ne se juge t-elle pas à la qualité de sa ludothèque plus que par sa nationalité ?) en corrigeant ce qui l’a le plus pénalisé au Japon : l’absence de jeux de rôle taillés pour le public nippon. Ainsi, la firme entend multiplier les exclusivités dans ce domaine depuis des mois, bien décidée à conquérir ce territoire qui résiste encore et toujours à l’envah.. (oups, je m’égare ; revenons-en à nos moutons). C’est alors que Microsoft frappait un grand coup en annonçant l’exclusivité de trois titres du jeune studio Mistwalker, fondé par le créateur de la saga Final Fantasy, véritable institution au pays du soleil levant, excusez du peu ! Néanmoins, les sorties de Lost Odyssey et Blue Dragon n’étant pas encore d’actualité, c’est le studio From Software qui dégaina le premier, offrant aux joueurs japonais le premier jeu de rôle dit « typiquement » nippon (contrairement à un Oblivion, dit de type « occidental ») avec Enchanted Arms. Plusieurs mois après la sortie du titre sur ses terres, Ubi Soft nous propose de découvrir ce premier jeu rôle en France. Verdict !
Il était une fois…Enchanted Arms nous narre les mésaventures d’Atsuma, un étudiant à l’université de Yokohama City, qui préfère l’école buissonnière au travail acharné et passe une grande partie de son temps à dormir en plein cours au lieu d’écouter l’enseignement de ses professeurs. Maladroit et finalement attachant, Atsuma est le personnage central de l’intrigue, et plus particulièrement son bras droit, qui lui confère de bien étranges pouvoirs. Mais avant de nous attarder quelques instants sur l’intrigue d’Enchanted Arms, plantons le décor de ce premier jeu de rôle. Une fois n’est pas coutume, le titre de From Software débute 1.000 ans après la Guerre des Golems. A cette époque, les hommes avaient appris à maîtriser la magie et mis au point des golems, sorte de machines, devenus des compagnons indispensables pour les aider dans leurs innombrables tâches. Seulement voilà, les créatures se détraquèrent et se retournèrent contre les hommes. La guerre fit rage pendant des années, laissant la Terre dans un état déplorable. 1.000 ans après cette catastrophe, la paix règne de nouveau sur le monde d’Enchanted Arms mais on le devine, elle ne sera que de courte durée. Alors qu’Atsuma et ses fidèles compagnons Toya et Makoto sèchent les cours pour se rendre au festival, une secousse sismique vient de nouveau semer le chaos sur Terre en altérant le contrôle des golems qui se rebiffent une fois de plus sur les humains. Alors que l’université semble être le point de ralliement des golems, une neige étrange fait sombrer les hommes dans un sommeil profond. Atteignant tant bien que mal le campus, ravagé par le tremblement de terre, le groupe s’aperçoit que le passage scellé par la magie est rompu. Poussé inexorablement par une voix intérieure à explorer la cavité ainsi ouverte, Atsuma conduira la ville de Yokohama à sa perte en réveillant avec son bras droit un puissant démon qui détruira aussitôt la ville et ses habitants. Mué par une force considérable, Atsuma sera le seul survivant du massacre et n’aura alors de cesse de se venger. Des combats originaux
My tailor is rich !Cette histoire classique en apparence saura vous surprendre tout au long de l’épopée d’Atsuma grâce à de nombreux rebondissements et une tension dramatique sans cesse grandissante. Pour ne rien gâcher, le scénario sera mis en valeur par un nombre considérable de cut-scenes utilisant le moteur de jeu, des scènes de dialogue avec incrustation des personnages (afin de visualiser leurs émotions) et enfin cinématiques en images de synthèse de toute beauté (comme par exemple la destruction de Yokohama City, véritablement poignante), loin de rougir face aux productions Square-Enix. Cependant, là où le bât blesse, c’est qu’Ubi Soft n’aura pas pris la peine de localiser le jeu dans la langue de Molière. Ainsi, c’est intégralement en anglais que l’on devra dévorer la destinée d’Atsuma. Un défaut certes majeur mais qui n’en est plus vraiment un pour quiconque possède quelques notions de la langue de Shakespeare tant la compréhension reste relativement aisée et les menus compréhensibles après seulement quelques minutes de tâtonnement. Enfin pour l’immersion, sachez qu’il sera possible de choisir entre dialogues en anglais ou mieux en japonais. Il semblerait que les éditeurs aient enfin compris l’intérêt des européens pour les doublages orignaux des jeux. Dommage que les sous-titres ne soient pas en français, ç’eut été parfait !
Des combats originaux !Bien évidemment, qui parle de jeux de rôle sous entend irrémédiablement combats en masse contre toute sorte de créatures. Enchanted Arms ne déroge pas à la règle et propose en plus un système de combats original. Si le titre de From Software propose des joutes au tour par tour (jusque là, rien de nouveau), le déroulement des combats s’apparente beaucoup plus à ce que l’on peut trouver dans n’importe quel Tactical-RPG ! En effet, l’arène de combat prend alors la forme d’un damier que l’on divise en deux camps (d'un côté, les bons, à savoir vous, et de l’autre les méchants, les ennemis) où l’on peut se déplacer à loisir à chaque tour, dans la limite de déplacement des personnages. Cette possibilité est alors à prendre en considération lors des attaques qui sont de trois types : corps à corps, sorts magiques et altération d’état (empoisonner un ennemi ou augmenter la défense des alliées par exemple). Ainsi, selon votre distance vis à vis de l’ennemi, vous ne pourrez accéder à la totalité des vos skills. De même, vous pourrez venir en aide à vos alliés mal en point en vous interposant entre eux et les ennemis. En faisant ainsi bouclier, vous diminuerez par deux les dégâts subis par votre camarade. Bien évidemment, ce qui est valable pour vous l’est aussi pour vos ennemis, alors attention à bien réfléchir vos attaques et déplacements. Chaque attaque, justement, utilise un certain nombre d’EP, des points précieux que l’on pourrait assimiler aux MP des autres jeux de rôle, à la différence près que chaque attaque en consomme. Il faut là encore intégrer cette donnée lors des combats et calculer la consommation des EP, indispensables pour mener à bien un affrontement. Autre élément original, les VP, points qui diminuent inexorablement à la fin de chaque combat et qui, une fois arrivée à 0, vous empêchent ni plus ni moins d’attaquer. Heureusement, il est possible de recharger son stock de VP auprès de cristaux mais il arrive souvent que quelques uns de nos personnages en manquent, nous obligeant alors à revoir notre dispositif d’attaque, en intégrant de nouveaux golems ! Un air de Pokemons…Des golems ? Oui vous avez bien lui, en plus de personnages humains, Atsuma peut s’aider des golems en cours de combats. Ces derniers gagnent alors en expérience et grimpent de niveau comme n’importe quel personnage humain, à la différence près que leur évolution reste assez rudimentaire comparée à celle des personnages faits de chair et de sang (nous y reviendrons). L’acquisition de nouveaux golems se fait auprès de cristaux noirs, indispensables pour synthétiser de nouvelles créatures, après acquisition des matériaux requis bien évidemment. La tâche est parfois simplifiée lorsque vous affrontez et battez les golems qui apparaissent sur la carte (et non ceux des combats aléatoires), vous octroyant l’élément indispensable pour se soumettre à vous via la synthèse. Le nombre de golems est vraiment important et à la manière d’un Suikoden, vous pourrez piocher parmi vos alliés ceux qui vous accompagneront lors de votre quête et changer à loisir votre équipe, pour un maximum d’efficacité. Spécificités et évolution
Spécificités et évolutionD’autres éléments sont également à prendre en compte lors des combats : la possibilité d’utiliser toute sorte d’items pour se venir en aide, de déclencher des attaques spéciales, quadrillant une bonne partie de la carte et faisant de gros dégâts ou encore, toujours à l’instar d’un Suikoden, de combiner les forces de ses personnages pour des attaques groupées bien plus efficaces (qu’il s’agisse des combos ou des attaques spéciales, il vous faudra remplir une jauge au préalable). Enfin, dernière donnée à prendre en considération lors des joutes, et non des moindres : les attributs des personnages, des ennemis et des skills. A chacun d’entre eux, il peut être associé un attribut spécifique : eau, feu, terre, vent, lumière et ténèbres… Bien évidemment, chaque attribut dispose d’un opposé (le vent et la terre, le feu et l’eau, la lumière et les ténèbres) et attaquer un adversaire dont l’attribut est l’opposé du votre fera beaucoup plus de dégâts, à l’inverse, s’il dispose du même attribut, les dommages seront moindres. Toutes ces données doivent donc être maîtrisées afin de profiter pleinement des joutes concoctées par les développeurs. Pas de panique si tout ceci vous semble insurmontable, là aussi les concepteurs ont introduit de nombreux tutoriaux parfaitement illustrés pour vous venir en aide !
Evidemment, combattre n’est pas sans conséquence pour vos personnages puisque en plus de changer de niveau dès que le nombre requis de points d’expérience est atteint, ils acquièrent à la fin de chaque joute des points SP, indispensables pour améliorer leurs attributs. Ainsi, c’est en utilisant les SP que vous pourrez améliorer les HP ou EP de votre troupe ainsi que d’autres paramètres comme l’agilité, par exemple. Mieux, les SP seront nécessaires pour apprendre de nouveaux skills et donc perfectionner vos personnages en leur attribuant par la suite des attaques plus puissantes. Enfin, la partie équipement reste limitée puisque vous n’aurez pas la possibilité d’équiper votre perso de babioles pour lui conférer de nouveaux pouvoirs, ni améliorer sa défense. Vous ne pourrez qu’intervenir sur ses armes, que vous devrez préalablement synthétiser auprès des cristaux noirs, à l’instar des golems ! Rien n’a envier aux meilleurs !Enfin, avant de conclure cet article, nous ne pouvons passer sous silence la réalisation graphique et technique de ce premier jeu de rôle nippon sur Xbox 360. Arborant des graphismes en Haute Définition, le titre de From Software parvient plus d’une fois à nous surprendre. Les environnements sont variés et gigantesques, la profondeur du champ de vision exceptionnelle et les effets de lumière particulièrement réussis. Certes, l’originalité n’est pas la qualité première d’Enchanted Arms, tant les contrées traversées donnent l’impression d’un déjà joué, mais l’ensemble est tellement bien réalisé qu’il serait dommage d’en tenir rigueur. Les cinématiques en images de synthèse ne sont pas en reste tandis que l’on appréciera la modélisation des personnages lors des cut-scenes. Seul petit regret sur le plan graphique : la pauvreté des arènes de combats. Certes ces derniers donnent lieu à de sublimes effets lumineux lors des attaques mais l’ensemble manque cruellement de détails tandis que la vue, bien trop lointaine de l’action, ne permet par d’apprécier le travail de modélisation des développeurs. Sur le plan sonore, From Software a également fourni de l’excellent travail. Si les musiques d’ambiance restent relativement discrètes, ces dernières sont plutôt réussies, collant à merveille aux lieux qu’elles illustrent. Les thèmes de combats, épiques et rythmés comme on les aime, sont également excellents, contribuant à l’immersion. Pour ne rien gâcher, les bruitages sont excellents (chose suffisamment rare dans un RPG pour être soulignée) tandis que les doublages, anglais ou japonais, se montrent le plus souvent convaincants, malgré quelques ratés au niveau de certaines voix ou intonations. Enfin, la durée de vie du titre n’a pas à rougir de la comparaison avec les mastodontes du genre. Ainsi, boucler la quête principale vous demandera facilement entre 30 et 40 heures (plus, selon que vous soyez ou non débutants dans le genre). RPG oblige, les développeurs ont inclus de nombreux mini-jeux secondaires via le casino tandis que la quête des golems contribuera à allonger la longévité, déjà excellente, du titre. Plus anecdotique, vous pourrez affronter vos amis sur le Xbox-Live pour des combats de golems loin de se montrer réellement palpitants. Signalons toutefois qu’Enchanted Arms n’est pas un jeu de rôle insurmontable. Les combats (dont la fréquence est correcte) ne sont pas très difficiles et la quête principale assez linéaire. Difficile donc de coincer bêtement dans le jeu d’autant plus que le titre est ponctué de tutoriaux à ne plus savoir quoi en faire. En effet, si apprendre le système de combats peut s’avérer très utile, avions-nous vraiment besoin de savoir comment fracasser une caisse en bois ou encore appuyer sur un bouton pour ouvrir une porte ? test écrit par Olivier Graphismes
8 Des environnements variés et gigantesques magnifiquement modélisés, des effets spéciaux splendides mais des personnages et créatures manquant néanmoins de personnalité et des combats visuellement assez pauvres !Jouabilité
8 Malgré l’absence de traduction, les menus sont très clairs et le jeu ponctué de tutoriaux. Pas de souci à ce niveau là !Son
7 Les musiques d’ambiance sont réussies bien qu’assez discrètes, les thèmes de combats rythmés, les bruitages réalistes, et le doublage (anglais ou japonais, au choix) plutôt convaincant.Durée de vie
8 Une quarantaine d’heures de jeu minimum avant de boucler l’histoire d’Enchanted Arms, beaucoup plus en tenant comptes des mini-jeux. Notons la possibilité, anecdotique, de faire s’affronter ses golems sur Xbox-Live.Fun
7 Certes Enchanted Arms n’est pas le plus original des jeux de rôle, mais ce qu’il fait, le titre le fait plutôt bien, d’où une immersion totale nous poussant inexorablement à vouloir en connaître le dénouement !
• Les graphismes tirent vraiment partie des capacités de la console
• Intégralement dans la langue de Shakespeare ! Verdict : 7.5Au final, force est de constater que ce premier jeu de rôle typiquement nippon à voir le jour sur Xbox 360 se montre vraiment convaincant. Techniquement et graphiquement réussi, Enchanted Arms parvient à nous tenir en haleine grâce à son système de combats et d’évolution original et son scénario, certes classique, mais diablement efficace. Long, beau, jouable, le titre de From Software ne souffre réellement que deux défauts majeurs : le manque de personnalité de son intrigue et de ses personnages et surtout, l’absence de traduction dans la langue de Molière. Fans de RPG, vous pouvez néanmoins vous laisser tenter, les aventures d’Atsuma devraient largement vous convenir ! |
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