![]() |
|
![]() Chromehoundspublié le 7 juillet 2006
Introduction
Bénéficiant de l’expérience acquise dans le développement des divers volets de sa série Armored Core, From Software fait son entrée sur Xbox 360 avec un nouveau jeu de méchas accommodé à la sauce next-gen. Chromehounds est-il un simple lifting ou une véritable évolution ?
Sorti en 1997 sur PlayStation, le premier Armored Core avait su séduire les foules en proposant au joueur d’incarner un mercenaire remplissant diverses missions aux commandes de robots surarmés. Fort du succès de ce premier essai, From Software décida de prolonger le plaisir en développant sa série principalement sur les consoles PlayStation. Alors que Armored Core 4 est prévu à la fois sur PlayStation 3 et Xbox 360 pour le troisième trimestre 2006, Chromehounds arrive à point nommé sur la console de Microsoft pour satisfaire les fans de méchas qui commençaient à s’impatienter.L’Histoire revisitéeLe scénario du jeu nous propose une réalité alternative dans laquelle l’opposition entre les USA et l’URSS durant les années 80 aurait débouché sur une Troisième Guerre Mondiale bouleversant l’organisation politique du monde. Vingt ans après, la nouvelle région de Neroimus, située au Moyen-Orient, est désormais occupée par trois nations qui se livrent une bataille sans merci. La République Démocratique de Tarakia est située à l’ouest de Neroimus et peut compter sur l’appui des pays occidentaux, et notamment des USA. La République de Morskoj se trouve à l’est de Neroimus et bénéficie du soutien de la République de Russie. Le Royaume de Sal Kar est quant à lui directement issu de l’ancien Empire Ottoman et a recouvré son pouvoir lors de la réorganisation du Moyen-Orient. Bien que chaque nation ait ses forces et faiblesses, toutes utilisent le même type d’engin pour livrer bataille : les hounds, de puissants robots lourdement armés disposant d’une puissance de feu dévastatrice.Pas un hound, mais six !Il existe six types de hounds, chacun d’entre eux ayant une tâche bien spécifique au cours des affrontements. Le Soldat est l’unité de combat rapproché par excellence. Le Sniper lui préfère se tenir à bonne distance de l’ennemi pour le prendre par surprise. Le Défenseur est chargé de défendre les installations alliées. L’Eclaireur est envoyé en terrain inconnu pour repérer les unités ennemies et collecter des informations. Le Canonnier dispose d’une puissance de feu incroyable lui permettant de détruire une large zone d’un seul tir. Le Commandant est quant à lui légèrement en retrait, détectant les mouvements ennemis et organisant les actions de ses troupes. La campagne solo de Chromehounds est ainsi divisée en six mini-campagnes, chacune comportant une mission tutorial suivie de six missions réelles. Les objectifs à atteindre sont en relation directe avec le type de hound choisi et permettent ainsi d’appréhender au mieux le rôle de chacun et les tactiques à adopter… ou à éviter ! Une fois déployée, votre unité reçoit ses ordres du leader de l’escadron, à condition toutefois d’être dans la Zone de Réception (ZR). Celle-ci est matérialisée sur la carte du terrain (disponible à tout moment en appuyant sur le bouton Y) et dépend directement des tours de communications (COMBAS) réparties sur le champ de bataille. Lors de votre progression vers l’objectif, il faudra parfois penser à prendre le contrôle d’un COMBAS afin de toujours recevoir les éventuelles alertes de votre leader quant à la présence d’ennemis. Chaque mission possède un objectif principal, vers lequel on progresse via plusieurs objectifs secondaires. Le problème est que ces tâches intermédiaires sont toutes très semblables : elles consistent en général en l’élimination de quelques patrouilles ennemies cherchant à vous freiner (ou plutôt vous stopper !) dans votre progression. On aurait aimé quelques évènements un peu plus diversifiés et surtout moins prévisibles ! En outre, les missions sont relativement courtes et s’enchaînent donc trop rapidement : la plupart des joueurs bouclera sans problème l’ensemble des six mini-campagnes en moins de dix heures… A la fin de chaque mission réussie, votre prestation est notée. Cette note prend en compte divers paramètres comme le temps mis à atteindre votre objectif et les dégâts subis. En outre, quelques bonus vous sont octroyés sous certaines conditions (finir en un temps donné, n’endommager sérieusement aucune pièce, garder tous vos partenaires en vie, …) et contribuent à vous faire atteindre le rang S, le plus haut de tous. Selon le rang obtenu, vous serez récompensé de une ou plusieurs pièces de hounds que vous pourrez ensuite assembler dans votre garage afin de construire votre propre machine de guerre.Un LEGO géantSi toutes les missions vous permettent d’emprunter un hound adapté aux objectifs qui vous attendent, vous pourrez toutefois décider d’utiliser votre propre robot, créé à partir des pièces obtenues lors de vos précédents exploits. Cet aspect de Chromehounds est particulièrement développé et il est possible de passer des heures à préparer son hound pour sa prochaine mission. Outre l’habituelle sélection des armes de votre machine, vous pourrez aussi choisir la base de votre hound (pieds, chenilles, aéroglisseurs, roues, …), son ou ses générateurs de puissance, ainsi que divers éléments de blindage. Là où le titre de From Software fait très fort, c’est dans l’agencement des pièces utilisées : chacune d’entre elle comporte en effet différents points d’ancrage permettant de l’attacher aux autres et c’est un véritable plaisir que de chercher les meilleures combinaisons possibles à partir d’un ensemble de pièces donné. Bien sûr, le module de création prévient le joueur dès que celui-ci tente d’assembler des pièces alors que l’espace disponible est trop restreint, mais la difficulté ne s’arrête pas là : il faut aussi veiller à ne pas surcharger la base du robot et à lui fournir suffisamment d’énergie pour que celui-ci reste performant une fois sur le terrain ! Terminons sur la possibilité de décorer son hound comme bon vous semble, et vous aurez compris que le garage de Chromehounds promet à lui seul des heures de jeu pour tout mécano en herbe. Sur le terrain
En route mauvaise troupe !Une fois sélectionnés votre mission et votre hound, il est temps de partir au combat. Première surprise, les cinématiques utilisées pour introduire chaque mission sont réalisées avec le moteur du jeu mais bénéficient de jolis effets supplémentaires comme la gestion de la profondeur de champ ou encore quelques voiles de chaleur troublant légèrement l’écran. Votre leader s’adresse à vous en Anglais mais le texte apparaît tout de même à l’écran dans la langue de Molière. Ces séquences d’introduction étant parfois un peu longues, il est possible de passer directement à l’action via le bouton Start.
Les commandes de votre hound se domptent rapidement : le mouvement du robot est affecté au stick gauche et la visée au stick droit. Une pression sur ce dernier vous permet de passer en mode viseur pour une meilleure précision dans vos attaques. Le zoom obtenu dans ce mode et la méthode pour aligner votre cible dépendent totalement de l’arme sélectionnée : une mitrailleuse n’offre pas une vision très étendue alors qu’un fusil de sniper permet de viser précisément des cibles éloignées. Les armes d’artillerie elles sont d’un genre différent puisqu’il faut évaluer la distance séparant le hound de son objectif puis élever son canon afin que les obus atteignent la bonne zone : un indicateur chiffré vous donne la distance à laquelle l’obus partira et votre réussite dépend donc de votre capacité d’évaluation. Lorsque vous êtes en vue normale, la caméra est située derrière le robot et une petite fenêtre en haut à droite de l’écran montre la vue viseur. Lorsque vous passez sur celle-ci, c’est la vue classique qui apparaît dans la vignette. On passe d’une arme à une autre grâce au bouton RB et on tire avec la gâchette LB, comme souvent pour ce type de jeu. L’autre gâchette RB sert quant à elle à activer certains modules annexes comme le détecteur de mines ou la vision nocturne. Les boutons Y, X, A et B sont eux destinés à la navigation sur la carte du terrain.Un champ de bataille trop propreAprès quelques minutes passées à explorer l’environnement, une constatation s’impose : si la géométrie du terrain et ses dénivelés sont convaincants, le manque d’arbres, rochers ou bâtiments nuit quelque peu à l’immersion. Certes nos méchas laissent leurs empreintes (chenille, roues, pas, …) sur le sol et les affrontements à coup de missiles donnent naissance à de splendides explosions, mais tout ceci se déroule dans un décor finalement bien vide. Plus grave, la carcasse des ennemis dont vous vous débarrassez se volatilise instantanément, empêchant ainsi de se développer le sentiment d’évoluer sur un champ de bataille… De la même manière, si les installations pétrolières de l’ennemi disparaissent dans d’impressionnantes explosions, la destruction des bâtiments classiques s’apparente plus à un glaçon qui fond qu’à un véritable carnage. Ne vous attendez pas à voir voler des éclats de bétons lorsque vous mitraillerez la caserne adverse : à la place, le bâtiment encaissera les coups jusqu’à ce qu’il s’écroule verticalement, laissant derrière lui un amas de débris… Malgré ces quelques défauts de présentation, Chromehounds parvient à susciter l’excitation, notamment lors de missions impliquant de nombreuses unités ennemies bien décidées à se débarrasser de notre hound. Il faut alors jongler entre les armes disponibles et en utiliser une alors que les autres refroidissent, tout en essayant de supprimer en priorité les adversaires les plus dangereux. De quoi faire monter l’adrénaline !Une guerre mondiale en LiveComme évoqué plus haut, la campagne solo se boucle rapidement et les joueurs connectés se tourneront alors vers l’option Xbox-Live offerte par le jeu. Après avoir parcouru les diverses options proposées et effectuée quelques missions en ligne, il paraît évident que le mode solo de Chromehounds n’est qu’un gros tutorial pour des affrontements online. Une fois connecté, vous devrez rejoindre l’une des trois nations en présence et pourrez ensuite participer à la Guerre Neroimus. Cette dernière se déroule sur les serveurs en temps réel et il est possible à tout moment de connaître l’état du conflit et de joindre la nation dominatrice pour accélérer sa victoire ou, au contraire, joindre celle qui se trouve en difficulté pour l’aider à redresser la barre. Chose curieuse, le mode Xbox-Live permet au joueur de participer à des missions en solo au cours desquelles il affronte l’ennemi en tentant de gagner un peu d’argent. On se demande bien pourquoi ces missions additionnelles n’ont été incluses au mode offline puisqu’elles auraient pu augmenter significativement sa durée de vie ! Mais le but de tout mode en ligne est de rassembler les joueurs, et cet aspect se retrouve dans Chromehounds avec l’existence des escadrons, similaires aux clans ou équipes connus dans les FPS. Vous pouvez donc rejoindre un clan ou créer le vôtre puis vous lancer avec vos partenaires dans des batailles sans merci contre les autres nations. Là, chacun devra tenir sa place et remplir son rôle, et la dimension tactique devient bien plus importante que lors des missions accomplies contre l’ordinateur. Le jeu étant sorti il y a peu de temps, il est difficile de se faire déjà une idée sur l’évolution de la Guerre Neroimus mais force est de constater que les perspectives sont prometteuses et que si une véritable communauté de joueurs parvient à s’installer de manière équilibrée et régulière, la bataille pour le pouvoir devrait donner lieu à d’épiques affrontements ! test écrit par Eric Graphismes
6 Des hounds joliment réalisés et bien animés qui évoluent dans un décor agréable mais plutôt vide. Dommage aussi que la plupart des bâtiments s’écroulent de manière peu crédible.Jouabilité
6 Une maniabilité intuitive quel que soit le type de hound choisi mais des missions tout de même peu nombreuses et de fait manquant de variété pour les joueurs ne disposant pas du Live.Son
7 Des musiques discrètes mais adéquates et des effets sonores convaincants qui rendent compte de la force des affrontements.Durée de vie
7 Un mode solo ridiculement court (enlevez 3 points à cette note si vous êtes dans cette situation !) mais un mode Live riche et prenant.Fun
7 Même si les affrontements manquent un peu de rythme, on prend plaisir à tirer sur tout ce qui bouge puis à préparer notre hound pour les affrontements online.
• Six types de hounds aux rôles bien définis
• Des décors trop lisses et vides Verdict : 7Chromehounds offre au final une prestation en demi-teinte. Par sa réalisation d’abord qui, bien que loin d’être catastrophique, n’est pas tout à fait au niveau de ce que l’on attend de la 360 : le fait que le jeu ait d’abord été prévu sur la première Xbox explique peut-être cette défaillance.<br/><br/>Plus gênant, le mode solo proposé ici est extrêmement court et les joueurs n’ayant pas d’abonnement au Live risquent de regretter leurs 70 euros lorsqu’ils auront complété toutes les missions en dix petites heures maximum… A l’opposé, les joueurs en ligne découvriront une Guerre de Neroimus prometteuse qui devrait leur donner toute satisfaction si une vraie communauté se met en place. |
|
Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles MICROSOFT sur www.XboxFrance.com et sur les sections XBOX et XBOX 360 | |