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![]() Blue Dragonpublié le 8 octobre 2007
Histoire & Personnages
Fruit de l'association entre Artoon, Microsoft et Mist Walker, Blue Dragon est enfin disponible sur le Vieux Continent. A l'heure où les jeux de rôle nippons se comptent encore sur les doigts de la main sur Xbox 360, voyons en détail le résultat de cette impensable collaboration !Histoire & PersonnagesCe n'est un secret pour personne, l'échec de la Xbox première du nom au Japon résidait surtout dans l'absence de jeux de rôle spécialement taillés pour le marché nippon. Conscient de cette relative faiblesse, le géant américain a donc tenté de mettre toutes les chances de son côté et s'est assuré le développement de plusieurs RPG nippons en exclusivité sur Xbox 360. Cette exclusivité, Microsoft l'a principalement payée à Mistwalker, studio récemment créé mais qui comprend en son sein des personnalités qui ont marqué de nombreux amateurs de jeux de rôle. Ainsi le trio magique à la tête de Mistwalker n'est autre que Hironobu Sakaguchi, créateur de la saga multi-millionnaire Final Fantasy, Nobuo Uematsu, compositeur attitré de la dite saga pendant de très longues années (c'est à lui que l'on doit quelques uns des thèmes les plus marquants de la série) et enfin Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball mais aussi designer en chef de Dragon Quest, véritable institution au pays du soleil levant ! Avec un tel trio dans la poche, Microsoft disposait enfin d'arguments solides pour percer la carapace protectionniste des japonais. Encore fallait-il que le résultat soit à la hauteur. En attendant de découvrir Lost Odyssey, attardons nous donc sur Blue Dragon, premier jeu estampillé Mistwalker et actuellement l'une des meilleures ventes Xbox 360 au Japon. Événement ou simple feu de paille ?
L'histoire nous conte ainsi les mésaventures de trois enfants dont le village est plongé chaque année dans l'obscurité de nuages pourpres et attaqué par un requin terrestre, lequel ne laisse sur son passage que tristesse et désolation. Voilà donc dix ans que le village de Talta subit les dégâts de cette créature redoutable. Las de voir son village régulièrement ravagé et ses habitants terrorisés, le jeune Shu tente, aidé de ses amis Jori et Kluke, de mettre fin à cette catastrophe en défiant l'horrible monstre. Malheureusement pour eux, le plan ne se déroule pas vraiment comme prévu et après une course poursuite infernale qui les conduira au beau milieu de ruines très anciennes, le trio sera aspiré au coeur même du nuage pourpre et plus précisément au sein d'un énorme méca, apparemment responsable de tous les malheurs des villageois. C'est ainsi que Shu, Jori et Kluke font connaissance avec Néné, le méchant de l'histoire qui malgré un nom bien ridicule se révèle être un redoutable combattant. Contraint à la fuite, nos trois héros sont alors sommés par une mystérieuse voix d'avaler une sphère lumineuse, seul élément capable de leur venir en aide. Nos trois compères ne tarderont plus à découvrir l'effet de ces sphères, qui modifient l'apparence des ombres pour en faire de redoutables guerriers gavés de magie. Armés pour le combat, Shu, Jori et Kluke sont désormais prêts à se lancer à la poursuite de Néné et à lui faire payer ses ravages annuels sur Talta. ![]() On le voit, contrairement à la tendance actuelle qui voulait qu'un bon jeu de rôle nippon propose un univers réaliste, un scénario et des personnages torturés, Blue Dragon fait dans le sobre mais efficace en nous narrant le combat d'enfants courageux, qui soudés par une amitié réelle et profonde, sont prêts à renverser des montagnes pour sauver ceux qu'ils aiment. Si l'on reste bien loin de la richesse scénaristique d'un Final Fantasy, l'histoire se suit néanmoins avec passion, l'univers imaginé par les développeurs se prêtant sans mal au dépaysement. En effet, tout au long de leur quête, Shu, Jori et Kluke feront la connaissance de nombreuses tribus, souvent loufoques (les devees en sont un bon exemple) ainsi que de combattants qui n'hésiteront pas à rejoindre leur cause et à partir à leur tour à la poursuite de Néné. Préservons l'effet de surprise pour nous attarder sur les trois premiers personnages qui constitueront votre équipe : Shu, un jeune garçon impulsif qui est élevé par son grand-père ; Jori, plus âgé et mature et enfin Kluke, jeune orpheline calme et réfléchie. A chaque combattant correspond une ombre particulière, contrôlée par la pensée par chacun des personnages : un dragon pour Shu, un minotaure pour Jori et un phénix pour Kluke. D'autres personnages se grefferont à cette équipe d'origine, se distinguant là aussi par une ombre spécifique. Puisque l'on en vient à parler des ombres, il est désormais temps de nous attarder quelques instants sur les combats de Blue Dragon. Combats & Evolution
Combats & EvolutionSi la mode actuelle semblait condamner les combats traditionnels au tour par tour, Blue Dragon persévère en offrant des affrontements classiques, à la différence près que les combats ne sont plus désormais aléatoires. En effet, qu'il s'agisse de la carte du monde ou des donjons, les ennemis apparaissent sur la route de nos héros. Libre au joueur, donc, de choisir l'affrontement ou la fuite. De même, et puisque parfois les adversaires sont nombreux à vous attendre aux détours de vos pérégrinations, il est possible d'ouvrir avec la gâchette droite une sphère de combat, comprenez par là une zone limitée où il sera possible d'affronter dans un seul combat l'ensemble des monstres présents. Mieux, il sera même possible d'attribuer certaines compétences à la sphère pour changer la donne lors des joutes ! Le joueur gagne donc en liberté là ou le tour par tour traditionnel imposait des affrontements aléatoires, parfois trop nombreux et rendant du même coup les combats vite répétitifs. Autre petite nouveauté introduite par l'utilisation de la sphère : les duels de monstres. En effet, si les vilains pas beaux n'ont pas d'autre objectif que celui qui est de vous faire la peau, certaines espèces sont incompatibles entre elles. Ainsi, le simple fait de les sélectionner simultanément grâce à la sphère aboutira à un duel de monstres dans lequel un type précis d'ennemis attaquera jusqu'à ce que mort s'ensuive un autre type de monstre (par exemple, les loups qui ne peuvent s'empêcher de manger les os des squelettes).
Cependant, la grande majorité des combats, vous devrez la gagner à la sueur de vos efforts, ou plutôt de vos ombres. Ce sont elles en effet qui combattront à votre place, leur puissance étant sans égal. Si elles sont réduites au démarrage, les possibilités offertes s'étofferont considérablement à mesure que les personnages et ombres gagneront en expérience. En effet, le système d'évolution de Blue Dragon comporte deux chapitres bien distincts : l'évolution des personnages, qui se traduit par une augmentation du nombre de points de vie ou magie, agilité ou encore attaque / défense physique / magique. Ce sont ces données qui amélioreront votre efficacité au combat et votre résistance aux attaques ennemis. Cependant, pour exploiter les points faibles de vos adversaires, il faudra multiplier les possibilités d'attaque et de défense grâce à l'évolution des ombres. Ces dernières gagnent un nombre limité de points à l'issue de chaque combat, ce qui aura pour conséquence de débloquer de nouvelles compétences passé un certain nombre. Là ou le jeu gagne énormément en intérêt, c'est au niveau des classes offertes aux ombres. Il en existe neuf au total, chacune développant des compétences uniques. Si les classes ne sont pas toutes accessibles en début de partie, l'évolution des personnages permettra de remédier à ce problème et de débloquer les autres classes. Libre au joueur de choisir l'ordre dans lequel il souhaite les débloquer pour chaque personnage. L'intérêt est donc, pour lui, d'équiper chaque personnage d'une classe différente pour multiplier les possibilités en cours de combats et monter une équipe aux caractéristiques complémentaires. Ainsi, une classe s'attardera sur le développement de la magie noire, la magie blanche, la défense, l'attaque physique. C'est avec tous ces ingrédients que le joueur devra composer son équipe. Cependant les compétences ne sont pas liées à une classe en particulier puisqu'une fois débloquées, elles pourront être équipées quelque soit la classe équipée par le héros. Il convient donc d'en changer le plus souvent possible afin d'étoffer sa base de pouvoirs et profiter de possibilités nombreuses et complémentaires. Au final, si la forme des combats peut sembler classique et sonner comme un retour en arrière, Blue Dragon offre un système d'évolution riche en possibilités renouvelant sans cesse l'intérêt des joutes. Ces possibilités d'évolution certes primordiales dans la progression de l'aventure ne sont pas les seules à devoir être prises en compte pour lutter contre les nombreux ennemis et boss coriaces. Ainsi, il sera indispensable de passer par la case Accessoires afin de modifier les caractéristiques globales des personnages. Par défaut, quatre accessoires peuvent être portés simultanément, mais ce chiffre pourra grimper de quelques unités si la compétence adéquate est équipée. Ainsi, le joueur aura la lourde tâche de trouver la bonne combinaison afin d'augmenter l'attaque physique ou magique, la défense physique ou magique, l'agilité (permettant par exemple d'éviter certains coups) ainsi que le nombre total des points de vie ou points de magie. D'autres effets peuvent être introduits par les accessoires, créant des affinités entre les personnages et certains sorts magiques. S'il est possible d'en trouver dans les nombreux coffres répartis dans les environnements, la grande majorité des accessoires se récupèrent auprès des boutiques où moyennant finances, il sera possible de personnaliser les héros de la tête aux pieds. Tout cela peut sembler complexe de prime abord, mais le jeu fait toujours en sorte de ne jamais troubler le personnage. De nombreux tutoriaux ont ainsi été instaurés, visant à simplifier la tâche du joueur tandis que les différents menus (peu nombreux dans l'ensemble) restent parfaitement lisibles. Pas de soucis de ce côté là, les débutants devraient s'en sortir sans difficultés ! Réalisation & Durée de Vie
Réalisation – Bande Son – Durée de VieIdéal pour les débutants de par sa prise en main instantanée, Blue Dragon s'inscrit donc comme un incontournable du jeu de rôle sur Xbox 360. Pourtant, s'il est bien un domaine ou le titre déçoit, c'est au niveau de la réalisation graphique et technique. Tout d'abord, il convient de distinguer le character design, confié à Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball et dont l'on reconnaît sans mal la touche. Il en résulte donc un univers sympathique ou personnages humains côtoient des tribus plus loufoques comme les Sheeps, les Devees ou les Gogos. Les monstres ne sont pas en reste et sont là aussi très variés et colorés, ce qui pourraient d'ailleurs déplaire à certains joueurs peu friands devant ces fantaisies. Le character design est donc assurément l'un des points forts du jeu, ce qui n'est pas forcément le cas des environnements. Vastes, colorés et variés, les décors de Blue Dragon assurent le dépaysement. Seul hic : les nombreuses lacunes techniques. Si l'environnement est vaste, l'ensemble est souvent vide, seuls quelques monstres errent péniblement au milieu d'immenses plaines. De même, comment ne pas pester devant les traces d'aliasing ou encore le clipping. Les développeurs ont bien essayé de masquer ces faiblesses en plongeant les environnements dans le flou. Un choix graphique contestable qui trahit peut-être une sortie un peu trop hâtive, le jeu devant être disponible au Japon à tout prix avant les fêtes de fin d'année l'an dernier. Quoi qu'il en soit, Blue Dragon reste visuellement attrayant, mais ne peut s'imposer en vitrine technologique.
D'autant plus qu'à cette faiblesse graphique, il convient d'ajouter la médiocrité des doublages français. Les développeurs l'avaient pourtant annoncé, la version preview l'avait confirmé et pourtant, le doublage japonais est bel et bien absent de la version PAL du jeu, cette dernière ne proposant qu'un choix restreint limité au français, anglais et italien. Un revirement de situation assez incompréhensible qui n'est malheureusement pas compensé par la qualité des voix françaises, ces dernières étant d'une médiocrité affligeante. Les voix sont mauvaises et ne collent pas vraiment aux différents personnages. Pire, le jeu des acteurs est tout simplement inexistant, sans conviction. Il suffit par exemple de voir avec quelle conviction le roi Jibral, à la fin du premier DVD, invite ses troupes à se lancer dans la bataille. Risible ! Heureusement, le niveau est tout autre côté musiques ou Nobuo Uematsu, à défaut de proposer ses meilleures partitions, nous offre des thèmes sympathiques tantôt enjoués, tantôt épiques, selon les circonstances. En revanche, l'homme reste fidèle à sa réputation et les sons synthétiques répondent présents en masse. Une critique que l'on formulait déjà à l'époque où il travaillait sur les différents Final Fantasy... Mention spéciale néanmoins au thème de combat contre les boss, chanté et relativement surprenant ! Enfin, clôturons ce test en touchant quelques mots sur la durée de vie, extrêmement satisfaisante. Les trois DVD sont bien remplis et offrent une aventure de longue haleine qui devrait se boucler en 30 ou 40 heures, en fonction de votre façon de joueur. Pour ne rien vous cacher, j'en suis actuellement à 23 heures de jeu et je débute à peine le deuxième DVD. J'ai passé, il faut bien le reconnaître, beaucoup de temps à combattre par plaisir, recherchant les attaques arrières ou les duels de monstres. Pourquoi cela ? Pour essayer de débloquer l'un des cinquante succès, au final très exigeants. Si vous souhaitez débloquer la totalité des 1,000 points, autant vous dire tout de suite qu'il vous faudra être extrêmement patient et multiplier les sauvegardes, certains succès se débloquant après une situation bien précise. Si vous les loupez, vous n'aurez d'autre choix que de recommencer le jeu ou charger une partie précédant l'événement. Les quêtes annexes, comme la recherche des coffres scellés, rallongent également de quelques heures une durée de vie largement satisfaisante ! test écrit par Olivier Graphismes
7 Le style épuré d'Akira Toriyama fait encore des merveilles sur les personnages. Les décors en revanche sont certes variés et colorés mais manquent de détails et souvent très flous.Jouabilité
8 Classique mais efficace, soutenue par un niveau de difficulté relativement abordable, la jouabilité se maîtrise rapidement, d'autant plus que les développeurs ont épuré au maximum les nombreux tableaux de stats.Son
7 Il convient de distinguer les musiques de Nobuo Uematsu, très bonnes dans l'ensemble, des voix françaises catastrophiques. Durée de vie
8 Tenant sur 3 DVD, l'aventure devrait vous tenir en haleine un paquet d'heures, d'autant plus si vous souhaitez débloquer l'ensemble des succès, dont certains sont très exigeants !Fun
8 Classique dans le fond comme dans la forme, Blue Dragon reste néanmoins très attractif et il devient très difficile de lâcher le pad
• Trois grands noms du RPG réunis en un seul jeu
• La quête reste quand même relativement facile Verdict : 8Au final, Blue Dragon est un excellent jeu de rôle qui à défaut de surprendre par son originalité s'applique à bien faire les choses. Bien aidé par le design toujours aussi irréprochable de Toriyama, bercé par les composition de Uematsu, le titre de Mistwalker parvient à capter notre attention. Certes, les erreurs de jeunesse sont encore nombreuses (la progression est classique et linéaire, les lacunes graphiques encore trop nombreuses et le doublage français catastrophique), mais tout ceci n'est rien devant le pouvoir attractif du jeu. Malgré un scénario convenu, l'aventure de suit avec passion et il devient rapidement difficile de lâcher la manette. Assurément une belle réussite ! |
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