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![]() Splinter Cell : Chaos Theorypublié le 18 juillet 2006
Introduction
Alors que le genre infiltration était incontestablement régenté par la série des Metal Gear Solid, un agent inconnu au bataillon vint subrepticement chambarder l’ordre établi par la série de Konami Computer Entertainment Japan pour s’imposer comme l’un des grands pontes du genre au côté de l’inamovible Solid Snake. Tapi dans l’ombre depuis les évènements de Pandora Tomorrow, cet impassible membre de la National Security Agency connu sous le nom de Sam Fisher pointe une nouvelle fois le bout de ses night google pour nous apporter ses lumières sur la théorie du chaos.
Projet ChaosLe monde est un chaos, et son désordre excède tout ce qu'on y voudrait apporter de remède. Pierre Corneille 2008. Les forces Chinoises et Nord Coréennes décrètent que la création d’un Département Japonais de Renseignements pour la Défense est une transgression pure et simple de la constitution nippone d’après guerre et amorcent une guerre économique des plus virulentes. Suite à l’érosion grandissante de son économie, le Japon demande le soutien des Etats-Unis en vertu de l’article 9 de la constitution qui stipule que "le peuple japonais renonce pour toujours à la guerre en tant que droit national souverain […] Les forces terrestres, maritimes et aériennes, de même que tout autre potentiel de guerre, ne seront jamais entretenues ». Alors que l’archipel nippon doit faire face aux incessants assauts de cyberpirates et que la mobilisation internationale élabore un plan de subvention, les Etats-Unis activent le programme USS Clarence E. Walsh, une plate-forme mondiale entièrement destinée à endiguer les guerres électroniques et les guerres d’informations. C’est dans ce climat de tensions intenses que Third Echelon, un service spécial dont le gouvernement américain dément jusqu’à l’existence dépêche l’une de ses meilleures recrues afin d’enrayer ce déclin économique qui tend à prendre des proportions alarmantes. Derrière cette trame scénaristique parfois trop alambiquée pour s’avérer réellement prenante se cache l’inénarrable Tom Clancy qui comme à son habitude nous dépeint un contexte géopolitique et géoéconomique ébréché par des antagonismes entre de grandes puissances le tout dressé sur une toile d’espionnage. Toutefois, et à l’instar de ces brillants prédécesseurs, l’intrigue de ce Splinter Cell : Chaos Theory souffre d’un conformisme exacerbé qui escamote bien malgré lui toute forme d’implication dans l’histoire. Spy GameAlors que le développement du mode solo de Pandora Tomorrow fut confié aux équipes d’Ubisoft Shangaï, la partie offline de ce troisième volet des aventures de Fisher a été entièrement façonnée dans les studios d’Ubisoft Montréal à qui nous devons déjà l’excellent premier opus. Durant deux longues années, les développeurs québécois se sont donc affairés à ce que ce troisième opus atteigne un stade de maturité ludique et si ce Splinter Cell : Chaos Theory emprunte en grande partie la recette de ses précurseurs il n’en amoindrit pas pour autant son implacable et insolente efficacité. Au rayon primeur, une myriade d’éléments inédits viennent conforter la structure globale du gameplay qui ne cesse de se bonifier au fil des épisodes. En plus de ses nouveaux mouvements dignes d’un acrobate accompli, l’ami Fisher dispose désormais d’un couteau qui optimisera grandement ses performances au corps à corps. Ainsi, vous pourrez aisément vous défaire d’un garde en lui assénant un vif coup de lame au niveau du foie…bien plus efficace qu’un coup de coude, cette technique se révèle toutefois un chouia tapageuse, aussi faudra t’il vous assurer que les râlements de votre victime se fassent dans la plus grande discrétion possible. En parfait ambidextre, Sam pourra aussi bien utiliser son pistolet de la main droite que de la main gauche, cet ajout peut s’avérer anodin au premier abord mais saura démontrer sa réelle utilité lorsqu’un obstacle obstruera votre ligne de visée. Ces petits apports contribuent à leurs manières à ce que le dernier né des studios d’Ubisoft Montréal puisse offrir aux joueurs un éventail de possibilités sans pareil. On constatera cependant que notre brave agent aux trois loupiotes vertes n’est plus en mesure de siffloter pour attirer les gardes incrédules, dommage que cette trouvaille instaurée par son prédécesseur ne soit pas reprise ici. D’autre part il vous sera dorénavant impossible de profiter des angles morts des murs…il vous faudra donc redoubler d’ingéniosité pour surprendre un ennemi. KO Technique
Vision & Sound !Mais la grande nouveauté du titre réside bel est bien dans la présence d’une jauge sonore qui veillera désormais à ce que notre espion aux pattes de velours ne fasse pas trop de chahut. A l’instar du facteur lumière, le facteur son tiendra une place prépondérante quant au bon déroulement de votre mission. Le moindre bruissement, le moindre cliquetis sera sujet à éveiller l’attention des gardes qui jouissent d’une audition remarquable et seront tout à fait capables d’entendre vos faits et gestes depuis une pièce mitoyenne. Jusqu’alors trop machinales et prévisibles, leurs réactions gagnent ici en crédibilité au moyen d’une intelligence artificielle nettement revue à la hausse.
En effet, le schéma logique adopté par vos opposants se voudra bien moins scripté à savoir que leurs comportements varieront tant en fonction de l’environnement que de leur effectif. Le tour de force réalisé par les équipes d’Ubisoft Montréal ne s’arrête pas là puisque les gardes se remémoreront de vos actions antérieures : une ampoule brisée dans une chambre, un groupe électrogène court-circuité sans raison apparente attiseront la vigilance de vos adversaires. La pression stratégique franchit alors sur un nouveau cap et ne laisse plus place au hasard. Dans un autre registre, le déroulement global du titre se montrera bien moins dirigiste, le Splinter Cell nouveau laisse désormais place à l’improvisation non seulement grâce aux nombreuses possibilités d’actions mais aussi et surtout grâce à un level design bien plus ouvert et plus varié qu’auparavant. Une pléiade d’embranchements optionnels vient s’imbriquer au cheminement principal permettant ainsi aux joueurs d’aborder le titre sous plusieurs angles. Dans cette optique de diversification, les missions comportent maintenant des objectifs secondaires facultatifs qui viennent rompre la linéarité jusqu’alors bien trop palpable dans la série. KO TechniqueSur un plan purement technique, Splinter Cell : Chaos Theory bénéficie d’une version un brin ajustée du Unreal Warfare 2.0, un moteur particulièrement convaincant lorsqu’il s’agit de nous en mettre plein les mirettes. Déjà aperçu dans l’excellent The Chronicles of Riddick, la technique du « normal mapping » est ici exploitée à bon escient et offre un rendu des environnements confondant de réalisme. Le jeu de transparence et de distorsion avec le verre est absolument renversant et chaque parcelle de terrain comporte une myriade de détails tout bonnement ahurissants. La gestion de la lumière gagne encore en dynamisme et en crédibilité tandis que les flux stagnants n’ont jamais parus aussi palpables. Bref c’est du lourd, du très lourd même. Interlude technique : Le normal mapping est une version améliorée de ce qu’on appelle le bump mapping. Les normal Map sont en réalité des textures distinctes qui renferment des informations détaillées d’un objet tridimensionnel. Ce procédé est principalement utilisé afin d’améliorer le détail des objets sans pour autant demander des modèles de polygones rondement détaillés. Cependant, la surabondance d’effets visuels est telle qu’au final certains éléments du décor nous paraissent un tantinet trop chargés, le relief des surfaces rocailleuses est par exemple nettement trop luisant pour s’avérer authentique. Dans la foulée, les personnages souffrent d’un rendu plastique des plus disgracieux certainement du à l’utilisation excessive du normal mapping. Cette mouture Xbox surpasse allégrement ses homologues sur Playstation 2 et Game Cube de par sa réalisation qui pourrait bien faire figure de mètre étalon sur la console de la Firme de Redmont. Côté son, les samples d’Amon Tobin (artiste brésilien connu de la scène électro et ayant principalement œuvré sous le célébrissime label Ninja Tune) viennent discrètement s’immiscer dans l’action et accentuent avec panache la tension générée par le titre. Composé de 10 pistes toutes spécialement concoctées pour l’occasion par le maître de la drum’n bass, le soundtrack de ce troisième se marie merveilleusement à l’univers de la série. Le doublage est également assuré par des comédiens particulièrement à l’aise dans leurs personnages, toujours aussi cocasse, ce bon vieux Lambert vous balancera une petite galéjade entre deux briefings tandis que l’impassible Fisher jouera de son humour noir particulièrement cinglant. Fisher part en Live ?
Fisher part en Live ?Au-delà de son mode solo palpitant, Splinter Cell : Chaos Theory dispose d’un mode Versus Xbox Live qui, à l’instar de Pandorra Tomorrow, confrontera les mercenaires d’Argus aux espions de Shadownet. Le principe est ici fort simple puisqu’il s’apparente fortement au jeu du chat et de la souris. Shadownet est une unité d’élite semblable à Third Echelon, ses agents ne disposant pas d'armes létales, ils useront de leur extrême souplesse pour mystifier leurs adversaires. Les spy se contrôlent globalement comme Sam Fisher, avec une vue à la troisième personne qui passe en vue ¾ épaule lorsque l’on se sert du tazer (arme qui lance une vive décharge électrique qui immobilisera votre ennemi sans le tuer). Leur principal objectif sera d’atteindre un point de la map préalablement défini pour ensuite récupérer des données via un ordinateur ou pour intercepter une mallette.
Les forces d’Agus se contrôlent à la manière d’un First Person Shooter, leur champ de vision étant irrémédiablement tronqué, ils devront faire face à une menace qui peut surgir de toutes parts en usant à bon escient de leur détecteur de mouvement, vue radioscopique, mais aussi et surtout leur fusil. En depit de leurs spécificités bien différentes, aucune équipe n’est avantagée et l’équilibre des forces en présence est parfaitement respecté. Développé par les petits frenchies d’Annecy, ce mode Versus peut se targuer d’être aussi addictif que technique : une petite révolution dans l’univers de l’infiltration. Fort d’une campagne solo prenante et d’un mode Versus vraiment excellent, Splinter Cell : Chaos Theory ne s’arrête pas en si bon chemin et propose quatre missions annexes en mode coopération. Que l’on joue en LAN ou en XBox Live avec le headset, ces missions exigeront une communication et une collaboration de tous les instants entre vous et votre compère. Les développeurs ont d’ailleurs songé à ce que l’architecture des maps coop’ exige une coordination parfaite des joueurs. Certaines corniches ne seront accessibles qu’avec une courte échelle, certaines caméras ne pourront être désactivées qu’avec l’aide de votre ami...la coopération regorge de trouvailles ingénieuses de gameplay toujours exploitées pour un plaisir de jeu sans cesse renouvelé. test écrit par Nico 9 Graphismes8 Jouabilité8 Son8 Durée de vie8 Fun
• Réalisation globale divine et prise en main simple et intuitive
• Uniquement 4 missions en coop’ Verdict : 9Inutile de tergiverser d’avantage devant une telle démonstration de savoir faire. Sans révolutionner le genre, Splinter Cell Chaos Theory parvient tout de même à offrir une expérience de jeu unique et devient sans conteste la nouvelle référence en matière de simulation d'infiltration sur console. Doté d’une réalisation à couper le souffle, d’un gameplay riche et varié et de modes online tout simplement jouissifs, le dernier né des studios d’Ubi Montréal s’impose naturellement comme un must have absolu dans toute ludothèque qui se respecte. |
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