![]() |
|
![]() Need For Speed ProStreetpublié le 17 décembre 2007
Burn to be alive
Electronic Arts est de retour avec un nouvel épisode de Need For Speed, le troisième à voir le jour sur consoles nouvelle génération. Pour cet énième épisode de la licence, l’éditeur américain délaisse les courses clandestines et nous propose de prendre part à des événements officiels sur circuits fermés. Un virage brusque dans la série qui n’est pas sans effrayer certains puristes. Ce NFS Pro Street parviendra-t-il à s’imposer comme ont su le faire ses aînés ?Burn to be alivePlus de courses clandestines. Lors de l’annonce de ce changement de cap important dans la série, les avis ont été plus que partagés. D’un côté les adorateurs des épisodes Most Wanted et Carbon, dubitatifs devant la perte de liberté due à l’abandon de l’idée de proposer une ville entière, dans laquelle il était possible de piloter comme bon leur semble ; de l’autre, les joueurs plus classiques, espérant que ces courses sur circuits fermés permettent de redonner un nouveau souffle à une série que certains trouvent en perte de vitesse. Quoi qu’il en soit, Electronic Arts a fait ici un pari osé, et il leur aura fallu mettre les bouchées doubles pour parvenir à mettre tout le monde d’accord. Le titre propose alors un mode Carrière disposant d’un semblant de scénario – encore moins profond que dans un Fast & Furious et consorts, c’est pour dire – vous mettant dans la peau de Ryan Cooper, ancien pilote clandestin, et désireux de prendre part à la célèbre Battle Machine. Les courses sont désormais officielles et vous trainent un peu partout en Amérique, histoire de jouer la carte du dépaysement. Tout la carrière se décompose en différentes étapes, appelés Jours de Course, représentés sur une carte ultra mal fichue à l’arborescence complexe. Chaque Jour de Course est décomposé en plusieurs épreuves, de 5 à 10 en règle générale, la victoire dans une journée vous permettant de débloquer l’échelon suivant dans l’arborescence.
Comme à son habitude, Need For Speed propose de multiples types d’épreuves, à savoir le Grip, le Sprint et le Drift. Si le dernier réside dans de simples courses, les deux autres se révèlent un peu plus « originaux ». Le Sprint, comme d’habitude, vous propose une course en ligne droite dans laquelle vous n’aurez qu’à vous soucier du changement de rapports, essayant d’optimiser au mieux ces derniers. Petite nouveauté tout de même, puisqu’il vous faut désormais réaliser un beau petit burn de kéké avant de démarrer, afin de chauffer les pneus et ainsi d’obtenir une meilleure adhérence. Les Drifts, quant à eux, proposent une nouvelle fois de faire un maximum de dérapages pour enchaîner les points et ainsi ridiculiser vos adversaires. En plus de tout cela, on retrouve des défis plutôt comiques comme le concours du « j’suis sûr que j’arrive à aller plus loin que toi en restant sur les roues arrières de ma voiture ! ». Un petit brin de fraîcheur loufoque dans ce paysage bien trop classique pour être apprécié pleinement. Bref, ce mode Carrière n’est pas réellement top moumoute quoi… Les épreuves ont, en outre, la fâcheuse tendance à se ressemble, provoquant une certaine dose de lassitude qui vient s’installer bien trop rapidement. Les plus courageux tenteront de se tourner vers le mode multijoueur du titre, permettant de créer des Jours de Course personnalisés. Sympathique, mais sans plus. The kéké’s styleSi vous commencez la compétition avec une caisse relativement mauvaise, vous ne resterez pas longtemps au volant d’une poubelle sur roues. Très vite, et après avoir engrangé quelques menus deniers, vous pourrez faire l’acquisition de nouveaux bolides tous plus puissants les uns que les autres, comme d’habitude. Une habitude pas vraiment agréable ici, puisque l’on a la très vilaine impression de se retrouver systématiquement avec les mêmes voitures d’un épisode à l’autre. La plupart d’entre elles étaient en effet déjà présentes auparavant, et on aurait aimé un renouveau un peu plus conséquent à ce niveau. Bien entendu, un véhicule n’est jamais identique à un autre dans NFS, et vous aurez la possibilité de passer par l’atelier tuning à maintes reprises. Là encore, petite déception puisque ce dernier est un peu moins complet que celui présent dans l’épisode Carbon, pourtant paru il y a déjà plus d’un an. On peut toutefois se faire plaisir à de nombreux niveaux, aussi bien sur le plan visuel que purement technique. Chaque pièce peut en effet être modifiée séparément, à moins que vous ne préfériez opter pour l’un des kits complets proposés. Les joueurs les plus minutieux pourront alors passer de longues minutes dans les réglages de leur bolide, optimisant l’aérodynamisme du tout – un système de soufflerie a été intégré, plutôt sympathique –, et toutes sortes de petits détails sympathiques pour les puristes. Une fois votre bébé fignolé, vous aurez même la possibilité de sauvegarder la maquette et de la proposer aux joueurs du monde entier. L’un des succès du jeu réside d’ailleurs dans le fait qu’un des tous meilleurs joueurs mondiaux utilise l’une de vos créations. Classe. Beau comme un bébé malformé
Beau comme un bébé malforméSi Need For Speed ProStreet repense en profondeur la façon de jouer en supprimant l’accès total à une ville, les évolutions ne se limitent pas à cela. Le tout se ressent également d’un point de vue du gameplay, ce dernier ayant pas mal évolué depuis les précédents opus. Si une conduite aggressive – comprenez « je fonce tout droit comme un malade sans même ralentir dans les virages » - permettait de s’en sortir sans mal auparavant, ce nouvel opus se tourne vers davantage de simulation. Trois types de réglages sont alors disponibles, que l’on pourrait qualifier d’arcade, semi-arcade et simulation et qui définissent, en outre, le niveau d’aide apporté au joueur. Il est désormais possible d’afficher à tout moment la trajectoire idéale pour prendre chacun des virages, tandis que l’aide vous indiquera le moment le plus propice pour freiner, etc. De manière plus générale, la conduite des différents bolides se révèle diablement lourde, particulièrement lors des virages. On peine à enchaîner le tout avec fluidité et classe, ce qui se révèle quelque peu frustrant sur le long terme. S’il s’agit là d’un beau pari tenté par les développeurs, on regrette le manque de réussite, la série des NFS ayant déjà proposé beaucoup mieux par le passé. Pourtant, bon nombre de choses auraient pu faire pencher la balance en faveur du titre, comme un système de dégâts pas mal fichu, bien que pas foncièrement très réaliste. Malgré tout, le rendu visuel de ces derniers est très bon, avec des rétroviseurs qui pendent après un choc, des capots qui s’envolent après avoir percuté une rambarde, etc.
Gestion des dégâts qui est, d’ailleurs, l’un des seuls points fort du titre en termes de réalisation graphique. Pas franchement clinquants, les graphismes pêchent par leur manque de finition. En effet, si les décors des épisodes Most Wanted et Carbon se prêtaient magnifiquement bien à une réalisation réussie, les circuits fermés de ce nouvel opus se révèlent un peu moins permissifs. Résultat : on se retrouve bien souvent face à des décors vides, sans vie, et qui se payent même le luxe de s’afficher tardivement à maintes reprises. Pas franchement gênant, ces petits défauts viennent toutefois faire pencher la balance du mauvais sens à force d’accumulation. Des erreurs que l’on ne peut clairement pas se permettre tant on sait à quel point le nombre de titres de courses est important sur Xbox 360. Fort heureusement, quelques détails sympathiques sont toujours de la partie. Ainsi, en plus d’une modélisation des véhicules et des différentes pièces à ajouter à ces derniers toujours irréprochable, on note un travail monstrueux sur la fumée. On se prend à baver devant les burns de début de course, tant la modélisation est parfaite. Impression renforcée par les bruitages des moteurs et autres crissements de pneus, plutôt bien fichus également. La bande-son est effectivement de qualité, et on ne pourra que reprocher les discours gonflants des speakers entre les courses. Bref, côté réalisation, le titre s’en sort de façon très moyenne, comme un symbole de ce titre au potentiel fort mais mal exploité. Dommage. test écrit par Jonathan Graphismes
5 Les décors sont vides et sans vie, et se permettent même un sympathique clipping. Il n’y a que la modélisation de la fumée, bluffante, qui vient redresser la barre. MouaisJouabilité
5 Nettement plus orienté simulation qu’à l’habitude, le titre se révèle assez peu intéressant à jouer. La conduite est lourde, pas franchement intéressante… DommageSon
5 Si les bruitages sont tout à fait acceptables, l’idiotie des speakers met à peu près cinq minutes avant de nous taper sur le système. Au secoursDurée de vie
7 Les plus patients devraient pouvoir passer de longues heures afin de boucler le mode Carrière dans son ensemble. Reste à avoir cette motivationFun
5 Le cœur du problème : on ne s’amuse pas en jouant à ce NFS ProStreet. Et là, tout est dit…
• La modélisation de la fumée
• La conduite extrêmement lourde Verdict : 5Pas franchement mauvais, Need For Speed ProStreet n’est toutefois pas un bon jeu. Alors que les développeurs ont tenté un pari osé en ne proposant plus de se promener comme bon nous semble au cœur d’une ville entière, le nouveau mode Carrière ne parvient pas à nous accrocher comme il le devrait. On se lasse très vite du soft face à la redondance des épreuves, et ce n’est pas la réalisation technique à la traîne qui améliore le résultat. On attendait beaucoup de ce nouvel épisode de la licence, peut-être un peu trop même, pour se retrouver face à une énorme désillusion. Il faudra batailler pour redresser la barre. En attendant, ce NFS ProStreet est à éviter. Vous voilà prévenus. |
|
Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles Microsoft sur www.XboxFrance.com et sur les sections Xbox et Xbox 360 |
|