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Lost Odyssey

Lost Odyssey

publié le 1er mars 2008
  • 29/02/2008
  • 12/02/2008



L'histoire de Lost Odyssey

Six mois après la sortie du très classique mais néanmoins très bon Blue Dragon dans nos vertes contrées, Microsoft et Mistwalker nous offrent en ce 29 février le fruit de leur deuxième collaboration avec Lost Odyssey, un jeu de rôle où audace et classicisme font bon ménage !Un scénario classique...Si le scénario de Blue Dragon en avait déçu plus d'un, celui de Lost Odyssey se montre, rassurez-vous, bien plus riche et tourmenté. Tout débute par une sublime scène en images de synthèse qui plonge le joueur au cœur d'une bataille opposant des milliers de soldats. Alors que chaque camp fait preuve d'ingéniosité pour essayer de piéger son ennemi, usant pour cela de sorts magiques, le conflit est subitement stoppé lorsque des cieux surgit une immense météorite qui détruit tout sur le champ de bataille. Personne ne peut survire à un tel carnage. Personne ? C'est en tout cas ce qu'ont cru les deux camps ! Pourtant, Kaim Argonar, un mercenaire engagé dans le combat, ressort indemne de la catastrophe, tout comme Satie Balmore. Particularité de ces deux personnages ? Ils sont immortels ! Avouez qu'avec un tel statut, il devient beaucoup plus facile de survivre aux plus terribles catastrophes ! Emmenés par des soldats dans la cité de Uhra, nos deux héros sont sommés par le conseil de la ville d'enquêter sur le grand sceptre, un immense édifice magique apparemment responsable de la chute du météore. C'est le début d'une épopée de longue haleine pour nos deux héros, très vite rejoints par d'autres camarades de combat...

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Si l'histoire s'annonce classique, elle reste néanmoins prétexte à nous dépeindre une société en pleine évolution depuis que la magie s'est répandue aux quatre coins du monde. En effet, depuis trente ans, le monde de Lost Odyssey est bouleversé par la Révolution Magique et Industrielle qui s'immisce dans la vie des gens pour en changer leur quotidien. Mais cette révolution attise d'autres convoitises et la course à la magie contribue à fragiliser l'équilibre mondial, rapidement plongé dans un conflit d'envergure internationale. C'est dans ce contexte géopolitique tendu que le joueur sera amené à parcourir le monde et à faire la rencontre de contrées et populations improbables.... Mais le plus souvent bouleversant !L'autre particularité du titre de MistWalker est de proposer un héros très travaillé, dont le passé douloureux se révèle à nous par le biais de souvenirs et rêves qui ressurgissent à mesure qu'il recouvre la mémoire et qu'il se trouve confronté à certaines scènes de la vie quotidienne, parfois même les plus anodines. Si l'on peut regretter la mise en scène assez austère de ces souvenirs, illustrés par de simples écrans fixes où viennent se greffer des pavés de texte, les histoires restent pour la plupart bouleversantes. Elles nous permettent ainsi de découvrir un personnage marqué par la vie, ou plutôt devrais-je dire la mort et la souffrance, ou l'immortalité devient un véritable fardeau plus qu'une bénédiction. Cette mise en scène un peu plate ne concerne cependant que les rêves, qu'il est d'ailleurs possible de zapper lorsqu'ils se présentent à Kaim, pour les lire plus tard lorsque l'on s'arrête dans une auberge voire carrément depuis le menu principal. Les autres cut-scene utilisant le moteur du jeu ou des images de synthèse sont heureusement bien plus dynamiques, les développeurs n'hésitant d'ailleurs pas à faire appel au split-screen pour dynamiter le rythme des cinématiques.

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C'est donc dans un univers riche et sombre que les développeurs de FeelPlus nous entraînent. Si Blue Dragon, de par son côté enfantin et son design minimaliste faisait irrémédiablement penser aux mythiques Dragon Quest, cette nouvelle production Mistwalker ne peut nier sa ressemblance avec l'autre saga historique du RPG, Final Fantasy, débutée il y a plus de 20 ans par l'homme derrière Lost Odyssey !


Bilan sonore, esthétique et technique

Une bande originale magistrale !Cette ressemblance avec Final Fantasy n'est d'ailleurs pas la seule puisque l'on retrouve aux commandes de la bande-son l'indétrônable Nobuo Uematsu, compositeur attitré de la dite saga et responsable de quelques uns des thèmes musicaux les plus marquants du jeu vidéo. Que l'on se rassure, l'homme n'a pas perdu la main et nous offre avec Lost Odyssey une bande originale remarquable. Tantôt épiques, tantôt mélancoliques, les nombreux thèmes musicaux se laissent écouter avec énormément de plaisir. Il suffit par exemple de se laisser bercer par le thème d'introduction ou encore par le sublime morceau que l'on peut entendre sur la carte du jeu pour se rendre compte de l'incroyable beauté des mélodies.

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Pour ne rien gâcher, les doublages se montrent tout à fait satisfaisants. Tout d'abord, et c'est assez rare pour être souligné : le titre propose les doublages japonais. Promis dans Blue Dragon puis remplacés au dernier moment par les voix italiennes, les doublages nippons ne manquent cette fois pas à l'appel ! Mais là ou le titre se démarque également de la première production estampillée Mistwalker, c'est au niveau de la qualité des voix françaises. Si l'ensemble ne peut prétendre au titre de meilleurs doublages de l'année, le niveau se montre tout à fait correct, même si certaines répliques ou voix ne peuvent s'empêcher de frôler la caricature tandis que l'on aura du mal, les premiers instants du jeu, à se familiariser avec la voix française de Kaim, qui colle très peu au physique du personnage. Cependant, ne vous y trompez pas, la bande son de Lost Odyssey respire le travail bien fait et c’est un véritable régal du début jusqu’à la fin pour nos oreilles.Esthétiquement audacieux, techniquement décevantEn revanche, si la partie audio du titre est une franche réussite, l’on ne peut malheureusement pas en dire autant pour ce qui est de l’aspect technique, graphique et esthétique du jeu. Tout d’abord, et bien qu’il s’agisse avant tout d’une question de goût, le design des personnages ne pourra plaire à tout le monde. Résolument adultes et originaux, ces derniers arborent des « gueules » comme on n’a pas l’habitude de voir souvent dans ce genre de jeux, à commencer par Kaim Argonar, pourtant héros principal du jeu et bénéficiant d’un design particulier, que je trouve, personnellement, très réussi. Le personnage de Kaim se détache ainsi de ces autres héros aux look plus improbables et pourtant si proches des uns des autres pour marquer de son empreinte l’histoire du jeu de rôle japonais. Les autres personnages font preuve également d’un travail artistique osé mais frisant parfois le ridicule.

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L’aspect graphique du titre nous laisse également sur une impression mitigée puisque le magnifique peut très bien côtoyer le franchement passable. Si la ville de Numara, la plage conduisant au grand sceptre ou encore la forêt rouge se montrent graphiquement très réussies, pour ne pas dire magnifiques, d’autres environnements déçoivent par la pauvreté de leur modélisation. De même, comment ne pas pester devant les nombreuses lacunes techniques qui viennent parasiter l’affichage du jeu, comme les ralentissements (assez discrets cependant), l’aliasing et les scintillements, ainsi que les temps de chargement, certes pas aussi longuets que certains confrères ont bien voulu le faire croire, mais vraiment trop nombreux ! Au final, alors que la bande son était parvenue à nous charmer, l’aspect graphique ne peut pas empêcher la déception de très vite faire son apparition. Lost Odyssey est beau, mais reste cependant très loin de ce que l’on était en droit d’attendre d’un tel blockbuster.


Combats et système d'évolution

Des combats classiques mais dynamiquesHeureusement, d’autres compartiments du jeu viennent faire pencher copieusement la balance du côté positif, comme le système de combats, qui sans faire preuve de grande originalité, se montre suffisamment technique et dynamique pour ne pas susciter la lassitude côté joueurs. En effet, comme Blue Dragon, le titre propose des batailles au tour par tour. Mais là ou le soft d’Artoon permettait d’apercevoir les ennemis directement sur la carte, donnant alors le choix entre l’affrontement ou la fuite, Lost Odyssey fait dans le classique mais efficace en faisant la part belle aux combats aléatoires. Pas de panique néanmoins, la fréquence de ces derniers est vraiment bien équilibrée et vous ne serez pas assailli de combats au moindre petit déplacement. Pire, l’on viendra même parfois à se demander si certaines zones ne sont pas volontairement appauvries en faune ennemie tant les combats se feront au final assez rares ! Ces derniers n’entendent d’ailleurs pas bouleverser les habitudes des amateurs de jeux de rôle et il sera donc question de choisir l’action à effectuer parmi une liste de possibilités, parmi lesquelles on trouve l’Attaque, la Défense, les Objets, les Compétences et la Magie.

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Heureusement, les combats de Lost Odyssey ne se contentent pas de ces choix assez limités et proposent quelques petites originalités, comme le système des anneaux ou encore la stratégie. En effet, il sera possible de confectionner à partir des objets, achetés ou récupérés à la fin de combats, toute sorte d’anneaux aux caractéristiques bien définies. Le port d’un de ces bijoux octroie alors automatiquement de nouvelles caractéristiques aux coups portés par les personnages, comme par exemple une puissance accrue. Cependant, pour que cet effet soit optimal, et les dégâts sur l’ennemi plus élevé, il vous faudra réussir une petit manip lors de la course du personnage vers son adversaire, en appuyant sur la gâchette droite puis en la lâchant au moment opportun pour que le ciblage soit optimal. L’autre aspect inédit des combats est qu’ils prennent en compte le positionnement sur le champ de bataille. Ainsi, selon que vous soyez au premier plan ou sur la défensive à l’arrière, les effets seront totalement opposés qu’il s’agisse aussi bien des dégâts portés que des dégâts subis. Pour achever les ennemis planqués derrière la première ligne offensive, vous n’aurez alors d’autres choix que de faire usage de magie ou d’anéantir cette première ligne protectrice. La stratégie s’immisce donc dans les joutes et ce n’est sincèrement pas plus mal !

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Enfin, et c’est suffisamment rare ces derniers temps pour être souligné, le degré de difficulté offre un véritable challenge aux joueurs. En effet, si les combats contre les ennemis de base ne posent généralement pas trop de soucis, ceux vous opposant aux boss se montreront souvent redoutables et de nombreux échecs viendront rythmer votre parcours au cours de l’aventure. Vous voilà prévenus !Un système d'évolution ambitieuxPour clore ce test, il me paraît indispensable de toucher quelques mots sur le système d’évolution du titre, qui se montre, là aussi, assez surprenant. En effet, si les combats permettent de cumuler de l’expérience, cet aspect n’apparaît pas prioritaire dans l’amélioration de vos personnages . D’ailleurs, le tableau récapitulant les gains obtenus à la fin de chaque affrontement ne fait même pas mention du nombre de points d’expérience acquis. Non, ce qui compte vraiment lors des combats, ce sont les points de compétences ! Ce sont en effet ces derniers qui vous permettront d’améliorer vos personnages en vous permettant de glaner de nouvelles… compétences ! Pour prendre un exemple, aucun personnage n’est magicien à la base et il vous faudra acquérir la possibilité de lancer des sorts en équipant la bonne compétence. Là où le titre parvient à se montrer original et finalement diablement prenant, c’est qu’il est fait une différence entre personnages mortels et immortels.

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Si les premiers gagneront automatiquement de nouvelles compétences à mesure qu’ils gagneront en expérience, ce ne sera pas du tout le cas des immortels, dépendants de leur équipement et aussi et surtout des mortels. Ainsi, le simple fait d’équiper un immortel d’un accessoire lui permettra d’acquérir la compétence liée à cet objet s’il parvient à récupérer un nombre suffisant de PC (pour points de compétence). L’autre façon de gagner de nouvelles compétences est de lier les immortels aux mortels, lesquels partagent ainsi leur savoir avec leurs camarades invincibles. Concrètement, l’on pioche parmi les compétences des mortels celle que l’on souhaite acquérir pour un personnage immortel. Bien évidemment, il est impossible d’équiper les personnages de toutes les compétences acquises et il vous faudra alors faire des choix, lesquels consisteront le plus souvent à spécialiser les personnages dans des domaines qu’ils maîtrisent mieux que d’autres.
test écrit par Olivier
Graphismes
7
Graphiquement réussi, esthétiquement audacieux mais techniquement perfectible, Lost Odyssey ne pourra laisser personne indifférent. Le titre tente de sortir des sentiers archi battus et le fait plutôt bien !
Jouabilité
8
Un jeu de rôle n'est jamais très difficile à prendre en main et Lost Odyssey ne fait pas exception. Seul le ciblage des ennemis lors des combats pourra demander un peu d'entraînement !
Son
8
Plutôt discret sur Blue Dragon, Nobuo Uematsu nous offre ici une bande sonore magistrale avec des thèmes vraiment magnifiques. Cerise sur le gâteau, les doublages français ne sont pas aussi mauvais qu'on pouvait le craindre, bien au contraire !
Durée de vie
8
Tenant sur 4 DVD bien remplis, Lost Odyssey propose une aventure frôlant la cinquantaine d'heures de jeu, à condition bien sûr de se prêter au jeu des quêtes secondaires.
Fun
8
Classique dans le fond, moins dans la forme, le titre de MistWalker propose une aventure haletante pour peu que l'on prenne le temps de s'immerger dans l'univers particulier imaginé par les développeurs.

• Les musiques de Nobuo Uematsu et dans une moindre mesure la VF
• Le personnage de Kaim, unique aussi bien par son physique que son histoire
• Le système de compétence très vite accrocheur

• Des choix esthétiques qui ne feront pas l'unanimité
• De nombreuses lacunes techniques
• Vraiment pour chipoter, le classicisme de l'aventure

Verdict :
8

En définitive, cette nouvelle production Mistwalker, exclusive à la machine de Microsoft, est largement parvenue à nous séduire, même si elle reste encore perfectible sur de nombreux points, comme le classicisme évident de l'ensemble ou encore l'aspect technique laissant parfois franchement à désirer. Heureusement, son esthétique audacieuse, sa bande son magnifique et son système d'évolution original parviennent à sauver Lost Odyssey d'une cruelle désillusion. Mature et adulte, souvent très sombre, notamment dans le récit du passé de son excellent personnage principal, Kaim Argonar, le titre de Mistwalker mérite largement l'attention de tous les amateurs de jeux de rôle !



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