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Kameo : Elements of Power

Kameo : Elements of Power

publié le 27 juin 2006
  • 02/12/2005
  • 22/11/2005



Introduction

La genèse de Kameo n'aura pas été de tout repos. Initialement prévu sur Gamecube, puis reporté sur Xbox suite au rachat de Rare par Microsoft, c'est finalement sur Xbox 360 que l'on découvre les aventures de Kaméo, jeune elfe partie à la recherche de sa famille, retenue prisonnière par sa sœur Kalus. Les changements successifs de machine n'auront-ils pas été préjudiciables ? Une naissance douloureuseBien avant leur sortie, certains titres parviennent à capter l’attention des joueurs par des images aguicheuses, des vidéos prometteuses, des articles de presse conquis ou des retards incessants ! Dernier représentant en date de cette catégorie : Kaméo Elements of Power qui aura eu l’énorme privilège de tourner sur trois consoles différentes et de connaître deux constructeurs. Petit rappel des faits : Kaméo était à l’origine prévu sur la Gamecube de Nintendo, réponse du constructeur japonais à la Playstation 2 de Sony. Parmi les premiers titres annoncés et principaux ambassadeurs de la 128 de la firme au plombier moustachu, Nintendo pouvait compter sur son principal allié sur Nintendo 64 : le studio anglais Rareware, mondialement reconnu pour la qualité de ses productions comme Donkey Kong 64, Perfect Dark, GoldenEye ou la série Banjo. Profitant de la puissance offertes par les 128 bits de la Gamecube, le développeur britannique était parvenu à séduire un grand nombre de joueurs avec principalement deux titres : Starfox Adventures et Kameo, un action-rpg coloré prometteur. La suite, tout le monde la connaît désormais. Alors que les aventures du renard de l’espace déçurent une grande majorité de joueurs, Nintendo décidait de se séparer de son ancienne poule aux œufs d’or, trop peu prolifique sur cette génération de console. Conscient du potentiel du studio, Microsoft fit sensation en s’offrant les services du développeur anglais, bien décidé à dynamiter la ludothèque de sa première console, en difficulté face à l’implacable PS2 de Sony. Logiquement porté sur Xbox, Kameo profitait alors des capacités techniques supérieures de la console pour s’offrir une seconde jeunesse mais Rareware piétinait toujours pour sortir ses jeux dans les temps et accoucha dans la douleur du moyen Grabbed by the Goulies et beaucoup plus tard du remake de Conker, lequel réclama d’énormes ressources portant préjudices aux autres productions du studio. Ainsi, présenté comme l’un des événements majeurs de la ludothèque GameCube, Kameo avait tout simplement disparu du catalogue Xbox. L’histoire voulait sans doute que les aventures de la jeune elfe ne voient pas le jour sur 128 bits.

Kameo : Elements of Power - 1  Kameo : Elements of Power - 2  Kameo : Elements of Power - 3  Kameo : Elements of Power - 4 Un conte virtuelFinalement, après avoir subi de nombreux reports, Kaméo est enfin disponible, profitant de la puissance de la nouvelle machine de la firme de Redmond pour nous en mettre plein la vue. Sans doute encore marqué par sa collaboration avec le géant japonais Nintendo, le titre de Rare propose un scénario et une ambiance que ne renieraient pas les fans du plombier moustachu. Mignon, coloré, parfois naïf, Kameo propose aussi une histoire simplette, prétexte idéal pour prendre part à une aventure onirique. Ainsi, le monde de Kameo voit cohabiter principalement deux espèces : les elfes et les trolls. Après un premier conflit perdus par ces derniers (avec à leur tête le terrible de Thorn), les trolls sont bannis du territoire sacré des elfes et toute collaboration technologique est rompue. Malheureusement, comme c'est souvent le cas, la paix est de courte durée et les trolls repassent à l'attaque, bien décidés à prendre possession du territoire et à chasser les elfes de leurs terres, à la différence près que cette fois, ils sont dirigés conjointement par Thorn, un troll gigantesque et terrifiant, et Kalus, une elfe appartenant à la famille royale et qui n'hésite pas à trahir les siens pour conquérir le pouvoir et maîtriser les éléments. Manette en main, le jeu débute tambours battants alors que la jeune Kameo se lance à l'assaut de l'immense forteresse de Thorn. Le combat est inégal et bien qu'aidée par trois guerriers élémentaires, Kameo est défaite lors d'un combat violent. Cependant, Kameo ne périt pas et se réveille dans le royaume enchanté où elle rencontre Mystique, une créature étrange, lui prodiguant de précieux conseils pour la mener à la victoire. Si Kameo a perdu contre Thorn, c'est tout simplement car elle était mal préparée et surtout mal entourée. Si elle veut défaire le roi des trolls et retrouver sa famille, la jeune elfe n'a pas d'autre choix que de retrouver le livre sacré et de partir à la recherche des 10 éléments de pouvoir, indispensables pour mener à son terme cette sinistre aventure.


Un enchantement visuel

Un enchantement visuel Avant de nous attarder en profondeur sur les qualités ludiques de Kameo, il est indispensable de toucher quelques mots de la réalisation graphique et technique du nouveau rejeton de Rareware. Si Perfect Dark Zero a déçu sur de nombreux points, à commencer par ses graphismes loin de justifier l'appellation Next-Gen, Kameo a semble t-il fait l'objet de plus d'attention et peut se vanter d'être l'une des premières vitrines technologiques de la Xbox 360. Certes, la machine fera beaucoup mieux dans un futur plus ou moins proche, mais pour un lancement, le rendu est déjà vraiment impressionnant. Les premières minutes de jeu suffisent à se convaincre que décidément, la Xbox 360 en a dans le ventre avec sa forteresse gigantesque et son ciel zébré de milliers de dragons, alors qu'un peu partout elfes et trolls se livrent une bataille sans merci. Cette débauche d'effets visuels est en plus renforcée par l'utilisation de textures dans l'ensemble magnifiquement reproduites, qu'il s'agisse de matières telles la roche, le feuillage, le bois, la pierre, ou du relief vraiment saisissant. En revanche, toutes les textures ne sont pas parfaites et certaines, semblant directement sorties de la génération précédente avec des couleurs fades et baveuses, déçoivent quelque peu. Petit grain de sable dans un océan de bonheur tant le nombre de détails affichés est hallucinant. Chaque élément est parfaitement modélisé et chaque écran de jeu affiche un nombre incalculable de détails : personnages non jouables, végétation, particules volant au gré du vent, certains tableaux laissent pantois d'admiration. Les heureux possesseurs de télévision haute définition profiteront d'un rendu encore plus impressionnant avec une image très fine et des couleurs resplendissantes. Les personnages ne sont pas en reste et jouissent d'une modélisation fine et précise tout comme les différentes créatures que l'on rencontre, qu'elles soient ennemies ou alliées. Cependant, cette débauche visuelle n'est pas parfaite et l'on peut regretter certaines textures au rendu plastique fort désagréable ainsi qu'un clipping parfois persistant sur certains éléments, principalement dans les vastes plaines du monde de Kameo. Des musiques dignes du 7e art L'ambiance sonore, sans atteindre le niveau de la réalisation graphique, s'en sort avec les honneurs. Premièrement, ce sont les musiques épiques qui surprennent le plus. Parfaitement orchestrées et soulignant à merveille les situations qu'elles illustrent, les musiques de Steve Burke paraissent sortir tout droit du septième art et plus particulièrement de longs métrages populaires comme la trilogie du Seigneur des Anneaux, avec ses rythmes percutants et ses chœurs donnant la chair de poule. Si la bande son de Kameo se résumait aux seules partitions de Steve Nurke, nous ne serions pas très loin de la perfection. Malheureusement, ce n'est pas le cas et, tout en restant convenables, les musiques d'ambiance sont bien loin d'instaurer le même climat alors que les doublages en français restent globalement réussis avec quelques voix bien choisies et d'autres plus énervantes.

Kameo : Elements of Power - 5  Kameo : Elements of Power - 6  Kameo : Elements of Power - 7  Kameo : Elements of Power - 8 Une aventure au déroulement classiqueAprès un rapide passage par la forteresse de Thorn servant de tutorial, l’aventure débute réellement au royaume enchanté. Les premiers pas de Kaméo sont agréables et les premières minutes de jeu posent clairement les bases de l’aventure : pour libérer sa famille et retrouver les éléments de pouvoir, la jeune elfe devra accomplir un cheminement linéaire se résumant à alterner villages et donjons. Le monde de Kameo est articulé autour d’une vaste plaine (que l’on pourrait comparer à l’immense plaine d’Hyrule dans Zelda Ocarina of Time, pour les connaisseurs) d’où on accède aux différentes régions du monde. Les grands classiques répondent présents avec des paysages enneigés, d’autres plus paradisiaques ou verdoyants. L’originalité n’est certainement pas la principale qualité du jeu, mais l’ensemble reste néanmoins suffisamment agréable pour oublier assez vite ce léger désagrément. Linéaire, le jeu l’est assurément, avec un cheminement classique qui ne changera pas du début à la fin de l’aventure. Après avoir traversé à pieds ou à cheval les badlands pour se rendre au point indiqué sur la carte, Kaméo débarque au beau milieu d’un village où elle fait la rencontre de nombreux autochtones, lesquels n’hésiteront pas à lui prodiguer de nombreux conseils, à lui vendre des objets ou mieux, à lui proposer quelques quêtes annexes, histoire de diversifier un peu plus le déroulement de l’aventure. De ce village, Kaméo doit ensuite trouver le moyen d’accéder aux temples environnants pour délivrer le ou les éléments de pouvoir retenus prisonniers (rien n’est plus simple, il suffit de suivre la créature démoniaque qui se manifeste à plusieurs endroits dans le village). Mieux entourée, récupérant de nouvelles compétences indispensables à sa progression, Kaméo peut ensuite se rendre dans le donjon pour affronter le boss et ainsi libérer le membre de sa famille retenu prisonnier.


10 compagnons indispensables

10 compagnons indispensablesHeureusement, si l’aventure peut sembler quelque peu rébarbative et répétitive, les développeurs sont parvenus à diversifier au maximum le gameplay de leur production en introduisant 10 créatures jouables, indispensables au bon cheminement de l’aventure. Si le but principal de Kameo est bien de retrouver sa famille et de défaire une bonne foi pour toute l’horrible Thorn, la jeune elfe n’a pas d’autres choix que de récupérer les éléments de pouvoir et ainsi gagner en compétences. Dès son départ du royaume enchanté et tout au long de la progression, Kaméo pourra compter sur Frappedur, une plante carnivore spécialiste du combat à mains nues, Chilla, une créature polaire maîtrisant les vents et la glace et un alpiniste hors pair, Gravas, un amas de pierres pratique pour déclencher mécanismes et attaques à distance, Major Ruine, une sorte de tatou à la carapace très dure et capable de se mettre en boule pour cogner les ennemis ou atteindre certains endroits surélevés, Cendre un dragon rouge dont les flammes seront indispensables pour contrer certains adversaires, Grand Bleu une espèce de pieuvre indispensable pour explorer les fonds marins, Flex une autre créature marine pouvant glisser sur l’eau et s’accrocher à certains éléments du décor, Moins 40, une bizarrerie perchée sur une énorme boule de neige et pouvant faire apparaître certains éléments enneigés, Piège un cousin très éloigné de Frappedur dont les racines permettent de faire d’énormes dégâts, et enfin Thermite, sans doute la créature la plus puissante du jeu, capable de déverser des tonnes de lave ou de balancer des bombes dévastatrices. Une durée de vie décevanteCependant, cette brève description n’est qu’un léger aperçu des immenses capacités offertes par les 10 éléments de pouvoir. En effet, par défaut, chacune d’entre elles possède quatre à cinq techniques, lesquelles pourront être doublées en débloquant les différentes techniques avancées. Pour ce faire, il faut tout simplement dépenser les fruits récoltés lors de la progression pour ainsi gagner en puissance et vitalité. Ce dernier point n’est pas à négliger puisque chaque action des créatures consomme de l’énergie, malheureusement en quantité limitée et qui se régénère avec le temps. Ainsi, l’une des premières dépenses que l’on peut faire dès l’acquisition de la créature est l’augmentation de cette barre de vitalité, indispensable pour ne pas se trouver en mauvaise posture lors des combats.

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La récolte des fruits est alors un passe-temps qui devient très vite indispensable. Le monde de Kaméo renferme ainsi 100 fruits élémentaires que l’on peut récolter directement sur la plante, dans des coffres ou mieux, en accomplissant quelques unes des quêtes annexes offertes par les autochtones. Il pourra s’agir de combattre certaines créatures, de retrouver sains et saufs des enfants égarés ou de suivre des indications laissées par les chasseurs de fruits auprès des marchands.

L’accomplissement de ces quêtes annexes est ainsi un excellent moyen d’accroître la longévité relativement décevante du titre. Si les développeurs annonçaient une aventure d’une trentaine d’heures, il en faudra un peu moins de la moitié pour voir défiler le générique de fin. La quête principale est relativement courte et la difficulté peu présente (même si certains passages mettent les nerfs à dure épreuve). Il faut ainsi une bonne dizaines d’heures seulement pour défaire Thorn et assister à la séquence de fin. Les quêtes annexes permettent alors de prolonger le plaisir et retrouver les 100 fruits éléments, les 12 élixirs de vie permettant d’augmenter la santé de Kaméo et les 4 Yeux aux caractéristiques jouant favorablement sur la défense ou l’attaque, entre autre, requiert aisément quelques heures supplémentaires de jeu. Enfin, pour les amateurs, les développeurs ont inclus un mode deux joueurs en coopération permettant de rejouer conjointement les niveaux préalablement débloqués. Un faux mode coopération en quelque sorte, sympathique, mais loin de relancer pleinement l’intérêt du titre sur la longueur…


Une jouabilité perfectible

Une jouabilité perfectibleManette en main, Kameo se dompte assez rapidement, les actions à accomplir sont peu nombreuses et utilisent plutôt bien la configuration de la manette. Bizarrement, ce sont les boutons situés sur la tranche de la manette qui ont été privilégiés pour accomplir des actions élémentaires comme sauter ou voler. La manipulation se complique en revanche dès qu’il faut appuyer simultanément sur les deux touches pour effectuer une autre action, comme donner un coup de pied lorsque l’on incarne Kaméo. Sur le papier, ces actions sont assez simples à réaliser, ce qui n’est pas toujours le cas lors des joutes où l’abondance d’ennemis fait parfois perdre ses moyens. De même, les techniques avancées des éléments de pouvoir réclament quelques manipulations sur les boutons de la tranche loin d’être évidentes à placer dans le feu de l’action.

La touche A permet de réaliser n’importe quelle action contextuelles, parler avec un indigène, ouvrir une porte ou ramasser un objet, tandis que B, Y et X permettront d’assigner l’élément de son choix pour se transformer en quelques secondes. Une autre manipulation permet également de faire appel brièvement aux autres créatures sans devoir repasser par le livre sacré, mais l’on constatera à plusieurs reprises quelques difficultés pour y accéder. Enfin bien qu’elle soit configurable manuellement à n’importe quel moment, la caméra laisse parfois à désirer en cadrant étrangement une scène. Un défaut malheureusement rédhibitoire que l’on trouve dans une grande majorité de jeux en 3D.

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test écrit par Olivier
Graphismes
8
Kaméo est incontestablement l’un des jeux les plus impressionnants du lancement. Malgré l’effet plastique de certains éléments du décor ou certaines textures floues, l’ensemble est modélisé avec soin et propose des environnements et personnages variés.
Jouabilité
6
Kaméo se dompte assez rapidement, tout comme les 10 créatures. Cependant, la jouabilité reste handicapée par une caméra parfois laborieuse et le choix discutable d’utiliser les gâchettes pour accomplir les actions.
Son
7
Les compositions qui accompagnent les cinématiques sont à tomber par terre, les musiques d’ambiance restent plaisantes tandis que les doublages français se montrent tantôt convaincant, tantôt insipides.
Durée de vie
6
On reste bien loin des 30 heures de jeu annoncées, il ne faudra qu’une douzaine d’heures pour voir défiler le générique de fin. Les développeurs ont essayé de contourner cette gageure en incluant un mode coopératif, sympathique mais pas transcendant.
Fun
7
Graphismes enchanteurs, univers féerique, personnages attachants, créatures variées, tout est réuni pour faire de chaque partie un véritable plaisir. Dommage qu’il soit si court !

• La réalisation graphique enchanteresse
• La beauté des compositions musicales lors des cinématiques
• 10 créatures pour un gameplay sans cesse renouvelé

• L’aventure principale est beaucoup trop courte et linéaire!
• Il persiste quelques soucis au niveau de la jouabilité et de la caméra
• L’ambiance sonore loin d’atteindre l’excellence des compositions musicales

Verdict :
7.5

Au final, malgré un développement chaotique et deux changements de consoles, Kameo tient en partie ses promesses. Si l’on peut regretter la disparition des éléments qui faisaient de lui un A-RPG prometteur, le titre de RareWare parvient à nous surprendre par la diversité de son gameplay et les compétences variées des dix créatures.<br/><br/>Pour ne rien gâcher, le titre offre une réalisation graphique d’excellente facture et une ambiance musicale épique. Malheureusement, malgré une genèse de longue haleine, le jeu est loin d’être parfait. On pourra ainsi regretter une jouabilité perfectible, une progression linéaire et sans surprise, un scénario finalement prévisible, quelques défauts d’ordre technique ou encore la relative facilité de l’ensemble et surtout la durée de vie ridicule. <br/><br/>Quoiqu’il en soit, malgré ces légers bémols, Kaméo Elements of Power reste l’un des meilleurs jeux disponibles à ce jour sur la nouvelle console de Microsoft et l’un des premiers titres à pleinement justifier l’appellation next-gen.



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