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Gears of War

Gears of War

publié le 17 novembre 2006
  • 17/11/2006
  • 07/11/2006



Introduction

Attendu comme le loup blanc par toute une communauté de joueurs encore émoustillés par les trailers consciencieusement délivrés au compte gouttes par un Microsoft conscient de son incroyable potentiel, Gears of War débarque enfin sous nos latitudes avec sa rutilante mais néanmoins pesante parure de Killer App. Programmé pour le 17 novembre, date qui n’est assurément pas anodine pour ceux qui suivent de près l’actualité vidéo-ludique, le titre d’Epic Games s’est peu à peu attiré les faveurs d’un public clairvoyant et impatient de pouvoir s’essayer à cette arme de destruction massive. La Guerre des MondesLa race humaine vit les plus sombres heures de son histoire. Précipitée dans une spirale guerrière contre les Locusts, un peuple d’aliens peu enclin à tailler le bout de gras dans d’inutiles tirades diplomatiques, l’humanité voit son avenir s’obscurcir d’un épais brouillard d’incertitude. Jusqu’alors soigneusement confinés dans les bas fonds de la planète Sera, les Locusts, animés par une inextinguible soif de liberté, semblent plus que jamais décidés à mettre fin à leur exil forcé. C’est dans ce contexte pour le moins chaotique que Marcus Fenix, un bidasse à la gueule cassée et au caractère trempé dans l’acier des grandes batailles entrera en jeu. Plus entêté qu’un troupeau d’ânes bourrus et plus résistant qu’un clou de cercueil, Marcus purgeait sa peine pépère dans une cellule aussi grande qu’un « chiotte pour Pigmé » dans laquelle il fut envoyé pour insubordination. Quelque peu récalcitrant à l’idée d’avoir à combattre aux côtés de ceux qui l’ont envoyé au trou, Marcus se laisse finalement convaincre par Dom Santiago, son ancien frère d’armes, et réendosse son armure de combat : il est l’homme de la situation …

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Les habitués aux secondes parties de soirées sur RTL 9 et donc les aficionados de série B se retrouveront assurément dans ce scénario convenu et maintes et maintes fois entraperçu. Ainsi, en dépit des scènes cinématiques et de la voix off qui soulignent tous deux le soin apporté par les développeurs à la narration globale, le joueur aura hélas toutes les peines du monde à s’impliquer dans l’histoire et n’assimilera que difficilement les tenants et aboutissants d’un script aussi épais que Kate Moss. Ce léger grief est principalement du à une mise en scène pataude et maladroite des cuts scenes qui ponctuent le déroulement de l’histoire. Au final, le joueur aura tendance à avancer sans trop réfléchir en occultant délibérément un scénario qui pêche par un manque d’envergure et de consistance. De ce côté, le titre d’Epic Games aurait assurément gagné à être peaufiné …

Gears of War - 10  Gears of War - 11  Gears of War - 12  Gears of War - 13 « On vit ensemble, on meurt ensemble »Si les premières vidéos laissaient présager d’un titre obstinément bourrin dans la pure tradition Epic, les premiers instants de jeux viennent quelque peu chambarder ces impressions préconçues. Souvent épaulé par un ou plusieurs coéquipiers, Marcus va devoir privilégier l’esprit de groupe aux moments de bravoure solitaire. Dans Gears of War, c’est en effet l’esprit de groupe qui prime et il vous faudra instaurer une cohésion dans les agissements de votre équipe sous peine de mordre la poussière en deux temps trois mouvements. Les apparences sont souvent trompeuses, car sous ses airs de char Panzer, l’ami Marcus s’avère être bien plus vulnérable qu’il n’y paraît à tel point qu’il lui faudra constamment compter sur le soutien de ses acolytes s’il ne désire pas finir en égouttoirs à nouilles. L’assistance de vos partenaires sera donc cruciale, qu’ils soient dirigés par le CPU ou par un de vos amis en mode coopération, vous devrez perpétuellement « penser en tant que groupe ». Pour appuyer au mieux ce concept, les développeurs ont vraisemblablement attaché un soin tout particulier à pourvoir les PNJ d’attitudes relativement crédibles.

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Tantôt aventureux, tantôt réfléchis dans leurs actions, ces derniers agiront en fonction des forces ennemies et alliées en présence ainsi qu’en fonction de la configuration des niveaux. Les Locusts, bien qu’un peu sclérosés dans leurs comportements sur le long terme, adopteront globalement le même schéma logique à savoir qu’ils sauront également profiter de l’environnement et tâcheront d’opérer en équipe pour vous rendre la tâche plus ardue. Si partiellement l’intelligence artificielle se montre concluante, elle connaît cependant quelques ratés notamment au niveau de la gestion des comportements ennemis. Ainsi certains Locusts ont un goût prononcé pour les pruneaux et vous le feront savoir en se jetant sur des salves de balles qui fusent tel un pet sur une toile cirée. Souvent trop statiques et stéréotypés, leurs agissements sont souvent calqués les uns sur les autres à tel point qu’il sera bien vite facile de déjouer leurs rares initiatives. Mais que l’on ne s’y trompe pas, l’I.A du dernier né de chez Epic demeure efficace même si on aurait aimé, en éternels insatisfaits, qu’elle soit encore plus poussée …

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Sortez couverts !

Sortez couverts !Si de prime abord le gameplay du soft paraît un tantinet « brute de décoffrage », il n’est fort heureusement pas dépourvu de subtilités puisque chaque environnement a été conçu de manière à être exploité le plus intelligemment possible. Le Level design est ici entièrement au service d’un gameplay bien plus finaud qu’il ne le laissait présager à l’origine. L’essentiel des affrontements s’effectuera à couvert, planqué dernière un tas de gravats, à attendre que les tirs ennemis s’apaisent pour pouvoir à son tour décocher quelques bastos … histoire de montrer que la race humaine a elle aussi un certain répondant. Votre salut résidera dans votre faculté à bien exploiter les environnements qui regorgent d’abris de fortune mais également à vous en extirper le plus vite possible lorsque la situation l’exige. Pour ce faire, les développeurs ont accordé à Marcus la possibilité d’effectuer toute une pléiade de mouvements qui dynamiseront l’action. En dépit de l’absence de saut, et de la masse qu’il trimballe sur son dos, Fenix dispose d’un éventail de mouvements qui lui permettra de profiter pleinement de chaque situation.

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Loin des affrontements statiques des guerres de tranchées, les batailles de Gears Of War s’avèrent être incroyablement musclées et admirablement bien rythmées. De la roulade au chevauchement d’obstacles en passant par un « Swat Swift » emprunté à Splinter Cell : Pandora Tomorrow, tous sont affiliés à un seul et unique bouton (A), ce qui facilite grandement leur utilisation surtout lorsque l’action fait rage. La bonne utilisation de ces actions peut toutefois exiger quelques temps d’adaptation quant à une application judicieuse et surtout efficace de leurs fonctionnalités. Aux « actions contextuelles » vient s’ajouter la possibilité de se friter au corps à corps avec les Locusts en leur assignant un bon gros coup de baïonnettes / tronçonneuse dans le buffet. Côté arsenal, Marcus ne pourra transporter que trois armes, une légère et deux lourdes ce qui l’obligera à opter adroitement pour la pétoire adaptée à la situation. Du fusil snipe au bon vieux shootgun des familles en passant par un canon surpuissant baptisé « rayon de l’aube » l’équilibre de votre force de frappe s’avère globalement respecté même si on aurait aimé plus de diversité.

Le système de régénération se veut quant à lui sensiblement proche de celui aperçu dans Call of Duty 2 ou Splinter Cell : Double Agent à savoir qu’une fois un certain seuil de dégâts atteint, il faudra prendre le temps de panser ses blessures en vous planquant quelques temps. Ce procédé se marie parfaitement avec le gameplay puisque ce dernier vous obligeant à rester à couvert, vous aurez alors l’opportunité de guérir puis de vous relancer corps et âme dans la bataille. D’aucuns accorderont à ce système la volonté de vouloir éviter de gérer une trousse de soin, d’autres pesteront devant la relative « facilité » que procure ce moyen de régénération du fait qu’il ne vous oblige pas constamment à vous soucier de votre vie, et donc d’avoir tendance à pouvoir vous permettre quelques facéties.

Gears of War - 26  Gears of War - 27  Gears of War - 28  Gears of War - 29 For Eyes OnlyS’il est un domaine où Gears of War excelle, c’est bien celui de la technique et à ce niveau, le soft d’Epic Games nous inflige une baffe monumentale qui nous laissera la joue chaude durant de longs mois. L’Unreal Engine 3 n’a naturellement pas de secrets pour ses pères fondateurs qui nous démontrent toute l’étendue de sa puissance à travers une réalisation proprement hallucinante. Le niveau de détails tout bonnement extraordinaire des textures marié à une foultitude d’effets ahurissants fait véritablement honneur à la machine de Microsoft qui crache ses trippes pour nous offrir un spectacle jamais vu. C’est bien simple, à l’heure où son écrites ces lignes, aucun titre ne peut prétendre  rivaliser techniquement avec Gears of War et ce, quelque soit son support. La modélisation des héros et des ennemis respire l’authenticité notamment grâce à des expressions faciales criantes de réalisme, les environnements déjà somptueusement façonnés sont sublimés par des effets de lumières célestes auxquels viennent s’ajouter une myriade de détails … chaque élément du décor a visiblement été le fruit d’un travail de titan de la part des graphistes et des level designers.

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L’ambiance apocalyptique dans laquelle baignent les environnements accorde un cachet particulier au titre, les graphistes se sont vraisemblablement inspirés du style architectural des villes d’Europe de l’Est en leur adjoignant des éléments purement fictifs propres au contexte pour un résultat final tout simplement divin. Tout tend ici à la démesure, de la majesté des décors aux innombrables détails qui fourmillent et transpirent la vie, tout est ici prétexte à émerveiller le joueur. Mais le véritable tour de force réalisé par les développeurs réside dans le fait que le framerate ne flanche à aucun instant, aussi bien en solo qu’en coop et ce malgré la multitude d’éléments à gérer simultanément. Bluffant tout simplement.


Live Free or Die Hard

Live Free or Die HardEn plus de sa campagne solo rondement menée, Gears of War profite naturellement d’une option Xbox Live qui permet à huit joueurs de se tirer joyeusement la bourre dans trois modes de jeux sensiblement voisins du Team Deathmatch mais qui comportent toutefois quelques nuances. On retrouvera ainsi les modes Assassinat, War Zone et Execution :
 Dans le mode Assassinat, chaque équipe dispose d’un leader dont la mort déterminera l’issu de la partie. Concrètement, il vous faudra couvrir au mieux celui qui joue le rôle du capitaine car sa mort serait synonyme de défaite immédiate. War Zone Mode s’apparente à du Team Deathmatch mais vous offre la possibilité de réanimer un de vos coéquipiers tombé sur le champ de bataille. Le mode Execution privilégie quant à lui le travail bien fait puisqu’il vous faudra achever votre adversaire au corps à corps pour l’envoyer définitivement dans l’au-delà … ce dernier aura en effet la possibilité de se relever en martelant comme un sourd le bouton (A) … alors autant abréger ses souffrances dans un élan de bonté non ?
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Dans son déroulement, le mode multijoueurs se veut étonnement plus tactique qu’il ne le laissait présager à l’origine. Le fait d’avoir à se couvrir constamment des salves ennemies combiné aux diverses variantes de jeux offre un rythme relativement lent. La vue à la troisième personne se prête merveilleusement bien aux gunfights et ne sera jamais handicapante pour une bonne visibilité globale de l’action.

Seules une petite dizaine de maps est disponible et bien qu’étant parfaitement adaptées aux rixes endiablées (Pour ceux qui l’ignorerait, Cliff Bleszinki, le père fondateur de jeu et accessoirement de la série Unreal, est passé maître dans l’art du level design) se révèlent au final un brin trop étroites. Gageons qu’un contenu téléchargeable débarque sous peu sur le MarketPlace pour rectifier la donne.

Gears of War - 40  Gears of War - 41  Gears of War - 42  Gears of War - 44 Veni, Vedi, Vici ?Dans ce tableau de maître dressé avec une virtuosité et un savoir-faire sans précédents résident toutefois quelques coquilles dont nous nous serions allégrement passés. En effet, de petits grains de sable viennent bien malgré eux enrayer la mécanique pourtant bien rodée du jeu et tendent malencontreusement à tirer son intérêt vers le bas. Ainsi, aussi impressionnant et immersif soit il, Gears of War souffre d’un mal quasi inhérent au genre : la répétitivité. L’exaltation jouissive des premiers frags laisse fâcheusement place à la désagréable impression de toujours répéter les mêmes actions et de dégommer toujours les mêmes ennemis …la faute à un bestiaire qui aurait gagné à être un chouia plus étoffé. Certains intervalles de jeux se montrent fort heureusement plus originaux et vous feront faire la connaissance du « Berserker », un Locust particulièrement robuste faisant passer un All Black pour un petit chanteur à la croix de bois qui ne pourra être décimé qu’avec « le rayon de l’aube ». L’utilisation contextuelle et ponctuelle de certaines armes, à l’image de celle précédemment citée s’avèrera quelque peu fâcheuse tant on aurait aimé pouvoir profité pleinement de notre arsenal dans la campagne solo … chose qui ne pourra arriver que lors des sessions multijoueurs.

Par la suite, même si nous nous attendions d’emblée à ce que le titre se focalise sur les affrontements « classiques » en ne disposant donc pas de nombreuses séquences à bord de véhicules tel un Halo, il est regrettable que les phases motorisées ne soient pas plus nombreuses. Mais le principal défaut du titre réside incontestablement dans sa faible durée de vie. Comptez en effet huit à dix heures de jeu pour en venir à bout sans trop de mal, aussi nous ne saurions que trop conseilleur ceux qui aiment en découdre d’entamer le jeu dans un niveau de difficulté plus élevé. On ne s’ennuie heureusement pas une seule seconde tout au long de ces quelques heures où l’intensité de l’action ne s’estompe pour ainsi dire jamais. Le mode coopération prenant couplé à un multi efficace bien qu’un peu trop bridé par le manque de maps permet de rallonger la durée de vie maigrichonne du titre.

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test écrit par Nico
Graphismes
9
On ne le répètera jamais assez Gears of War tutoie la perfection. Techniquement renversant, le moteur Unreal Engine 3 démontre toute sa puissance.
Jouabilité
8
Très instinctive, la prise en main nécessitera néanmoins un certain temps d’adaptation pour pouvoir maîtriser toutes les subtilités du titre.
Son
7
Les thèmes musicaux soulignent avec panache l’action tandis que les doublages, un tantinet extravagants, collent tout à fait aux gueules cassées des héros.
Durée de vie
6
LE gros point noir du soft, la campagne solo se boucle bien trop rapidement. La durée de vie est hélas sauvée par le mode coopération et par l’option Xbox Live.
Fun
9
Dès les premiers instants, on prend un pied monstrueux à dézinguer du Locust à tour de bras. L’immersion est immédiate et les échanges de plomb sont tout simplement jubilatoires !

• Une technique à toute épreuve au service d'une réalisation d'orfèvres
• Un rythme frénétique
• Les Modes Coop / Multi très efficaces

• Le scénario tout droit sorti d'une série B aura du mal à captiver
• La durée de vie de la campagne solo est assurément trop courte
• Le mode Multi ne comporte pas assez de maps

Verdict :
9

Malgré ces quelques erreurs de parcours, Gears of War réalise presque un sans faute. Véritable ode à l’action, l’intensité frénétique viscérale des affrontements permet au titre d’Epic d’entrer dans une nouvelle dimension. Techniquement parlant, il est certain qu’il y aura un avant et un après Gears of War, doté d’une réalisation à des années lumières de ce qui se faisait jusqu’à présent sur consoles et sur PC, le dernier né des créateurs d’Unreal s’impose sans trop forcer comme un incontournable sur la next gen de Microsoft. Certes le soft n’est pas exempt de tout reproche, à commencer par une trop faible durée de vie et un cruel manque de diversité qui sont allégrement compensé par sa réalisation « from outer space ». GOW est un jeu qui a des douilles et le fait admirablement bien savoir !



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