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![]() Bully : Scholarship Editionpublié le 31 mars 2008
Bienvenue à la Bullworth Academy
Alors que le très attendu Grand Theft Auto IV ne devrait désormais plus tarder à se montrer aux milliers de joueurs impatients de goûter à la série sur consoles nouvelle génération, Rockstar propose en guise d’apéritif l’adaptation sur Xbox 360 de Canis Canem Edit, renommé pour l’occasion Bully : Scolarship Edition. Bénédiction ou cadeau empoisonné ?
C’est le 29 avril prochain, soit dans un peu moins d’un mois que débarquera sur Playstation 3 et Xbox 360 le très attendu Grand Theft Auto IV, prochain opus de la célèbre saga de Rockstar qui devrait, à n’en pas douter, faire chavirer les foules et contribuer à faire franchir le pas de la nouvelle génération à quelques milliers de joueurs. Il faut dire que depuis la sortie de GTA San Andreas, les gangsters en herbe n’ont eu à se mettre sous la dent que de vulgaires copies, certes pas franchement mauvaises, mais bien loin de venir concurrencer le maître. Pourtant, dans le lot des jeux surfant sur la vague GTA, un titre est parvenu à tirer son épingle du jeu lors de sa sortie en octobre 2006. Son nom ? Canis Canem Edit. La particularité du titre ? En plus d’être développé par Rockstar, il transpose la recette des GTA dans un univers plutôt original : celui des pensionnats scolaires. C’est ce jeu que les développeurs américains nous proposent de découvrir dans une version « inédite ». Autant le dire de suite, l’école ne nous aura jamais paru aussi fun ! Habitués à proposer des héros originaux, les développeurs de Rockstar nous invitent donc à prendre le contrôle de Jimmy Hopkins, un adolescent d’une quinzaine d’années devenu hermétique à toute forme d’autorité. Mauvaise graine en puissance, Jimmy est envoyé par sa mère à la Bullworth Academy, un pensionnat réputé, capable de faire de l’enfant le plus turbulent ou le plus violent un adulte respectable. Tout débute ainsi par une cinématique dans laquelle on découvre Jimmy le jour de la rentrée scolaire, expédié sur les lieux par sa mère et son cinquième beau-père, plus intéressés par la croisière qui les attend en guise de lune de miel que par l’avenir plutôt sombre du gamin. La séparation n’est guère chaleureuse, tout comme l’accueil à l’Academy où Jimmy est très rapidement mis en garde par le proviseur : il a été envoyé à l’école pour étudier et devenir quelqu’un de bien et non un vulgaire voyou. Cependant, les apparences sont trompeuses et un rapide tour d’horizon du campus permet de voir que Jimmy ne sera pas dépaysé dans ce nouvel univers scolaire… Le concept de base est original et si l’on pouvait se demander comment les développeurs allaient bien pouvoir transposer la recette de GTA au monde de Bully, les premiers instants de jeu permettent très rapidement de répondre à nos interrogations. Il faut dire que les créateurs maîtrisent leur sujet et ont décidément pensé à tout. Le joueur est en effet lâché dans un univers vaste qu’il peut explorer à sa guise. Si la première année scolaire se limite à un espace de jeu assez réduit puisque composé uniquement du campus (suffisamment vaste néanmoins), la deuxième année permet de découvrir les environs de l’academy et plus particulièrement le centre ville, les quartiers pavillonnaires ou encore la foire. Des possibilités en pagaille
Ce qui surprend lorsque l’on essaie le jeu, c’est le nombre de possibilités mis à disposition du joueur. Pour les déplacements par exemple, en plus de vos deux jambes, vous pourrez utiliser votre skateboard, un vélo ou encore un scooter tandis que pour vous rendre en quelques secondes au campus, vous pourrez faire appel au bus scolaire. Jimmy étant âgé d’à peine quinze ans, il est inutile d’espérer conduire des véhicules motorisés comme des voitures, camionnettes ou encore motos. De même, si le jeu reprend à son compte la formule de la série GTA, il n’est pas question d’armes à feu pour venir à bout de vos ennemis. Vos poings feront très bien l’affaire, sans compter les nombreux objets que vous pourrez trouver, tels les extincteurs, les battes de base-balle ou encore des jeux en apparence anodins mais qui peuvent se révéler efficaces comme les ballons de foot ou un freesby. Mais votre arsenal ne se limite pas à ces choix secondaires puisque très vite, vous ferez l’acquisition d’un lance-pierres, précis et efficace, qui en plus de tuer les rats, vous permettra de détruire des objets en hauteur ou toucher un étudiant à distance. Plus amusant, votre arsenal se composera de différents projectiles comme les boules puantes, le poil à gratter, les œufs, les billes ou encore les bombes à eau, soit la parfaite panoplie de l’étudiant blagueur.
La parenté avec GTA ne se limite pas aux multiples choix offerts en terme de moyens de locomotion ou armes et vous vous apercevrez très vite, après avoir accompli un méfait, que les autorités ne sont jamais bien loin ; représentées par les pions dans l’enceinte de l’école et les policiers en ville. Ces derniers n’hésiteront d’ailleurs pas à vous poursuivre sans relâche afin de vous faire payer « vos crimes ». Heureusement, la jeunesse de Jimmy lui permettra très souvent de semer ses poursuivants par un sprint intense. Si toutefois vous venez à être chopé, une pression sans relâche de la touche Y permettra par exemple à Jimmy d’écraser le pied de son bourreau pour que ce dernier lâche prise sous l’effet de la douleur. Néanmoins, vous ne pourrez pas toujours échapper au passage devant le proviseur, en particulier si vous frappez une fille et que vous vous faites choper dans la foulée. L’autre élément présent dans la série GTA que l’on retrouve avec plaisir dans Bully, ce sont les gangs. Il n’est pas question de trafiquants de drogue ou de mafiosi mais plutôt de bandes d’étudiants très cliché que l’on sera amené à côtoyer tout au long de l’aventure. On retrouve ainsi les fayots, des élèves intelligents qui finissent le plus souvent coincés dans les poubelles ou enfermer dans les casiers ; les bourges, riches mais prétentieux ; les sportifs, musclés et coriaces mais guère intelligents et enfin les blousons noirs, les élèves les plus âgés du campus et qui n’aiment pas être dérangés, surtout par un première année. Un cinquième groupe fera son apparition lorsque vous pourrez sortir de l’academy : les zonards, nom donné à ceux qui ne vivent pas sur le campus et qui n’apprécient guère ses élèves. Il vous faudra donc composer avec ces différents clans, qui seront tantôt vos ennemis, tantôt vos alliés. En revanche, là où Bully se démarque un peu de son modèle, c’est au niveau du gameplay. Certes, il est toujours question d’accomplir différentes missions en se rendant à un endroit bien précis de la carte et ce afin de faire progresser la quête principale, mais à la différence que cette fois, le joueur est placé dans la peau d’un étudiant. Votre mère ne vous a pas inscrit à la Bullworth Academy pour mener la guerre des clans, mais pour étudier. Il vous faudra donc vous montrer assidu et vous rendre chaque jour aux différents courts qui vous attendent. En effet, comme GTA, Bully gère le cycle jour/nuit et demande au joueur de respecter un emploi du temps bien précis : lever tous les jours à 8 heures, coucher maximum à deux heures du matin (passé cette heure, Jimmy s’écroule de fatigue) et cours le matin et l’après-midi. Libre à vous de vous y rendre ou pas, mais attention à ne pas croiser de pions sur votre chemin si vous veniez à faire l’école buissonnière. Il y a au total dix cours différents, chacun proposant un mini-jeu assez sympathique permettant en cas de réussite de débloquer des bonus assez intéressants. Les cours de chimie par exemple vous permettront de confectionner directement dans votre chambre boules puantes ou poil à gratter. Ainsi, vous devrez faire vos preuves en mathématiques, anglais, biologie, dessin, musique, géographie, chimie, photographie, gymnastique et technologie. Pour chaque discipline, il vous faudra réussir cinq épreuves à la difficulté croissante afin d’être dispensé par la suite de participation aux cours. Les mini-jeux sont variés et certains ne sont pas évident du tout, comme le cours d’anglais qui place le joueur devant six lettres avec lesquelles il doit trouver un maximum de mots, ou encore la géographie qui vous met face à une carte vide où vous devez correctement placer pays, états ou provinces : plutôt facile pour l’Europe, beaucoup moins évident pour les Etats-Unis ! Durée de vie et bilan technique
En plus des différents cours et des missions propres au scénario, les développeurs ont imaginé plusieurs activités annexes. Les jeux vidéo par exemple auxquels on pourra s’essayer à la fête foraine ou dans les dortoirs, les jeux de foire et d’autres missions secondaires comme livrer les journaux, tondre les pelouses, participer aux courses de vélo ou de kart. Au final, on est vraiment surpris par la tonne de tâches qui attend ce pauvre Jimmy, ce qui aura au moins le mérite d’assurer une grande variété dans le gameplay et une durée de vie à la hauteur puisque frôlant sans mal la quarantaine d’heures de jeu, sans compter que l’on passera également de nombreuses heures à essayer sur nos camarades toute sorte de blagues, du lancer de boule puante au tirage de slip. Peut-être aussi parviendrez vous à séduire l’élu de votre cœur en lui offrant fleurs ou boite de chocolats…
La jouabilité se montre quant à elle à la hauteur, faisant une utilisation judicieuse de la manette Xbox 360 mais qui requiert cependant un peu de pratique. En effet, toutes les touches sont utilisées et il faudra plusieurs minutes de jeu avant d’assimiler l’utilité de chacune d’entre elles. Moins réjouissant, la jouabilité n’est pas totalement irréprochable (ça aussi, c’est un peu la marque de fabrique du développeur américain) et l’on constatera quelques soucis de caméra ou encore un système de ciblage automatique pas toujours optimal. Enfin, le plus gros point noir de cette adaptation Xbox 360 est de proposer une réalisation graphique n’exploitant pas du tout les entrailles de la machine. Les développeurs se sont en effet contentés d’une simple adaptation de la version PS2. Il ne faudra donc pas vous attendre à profiter de superbes textures, bien que le jeu gagne en visibilité pour son passage à la haute définition. Les textures restent souvent grossières et la modélisation des différents personnages souvent imprécises. Le bilan technique est complété par une fluidité défaillante et de nombreux problèmes d’affichage. Pire, le jeu, dans sa première version souffrait de nombreux problème de gel d’images, en partie résolus avec la sortie d’un patch correctif. En revanche, l’ambiance sonore est irréprochable, s’appuyant sur des musiques d’ambiance vraiment réussies et des doublages restés dans la langue de Shakespeare de très grande qualité. test écrit par Olivier Graphismes
5 Si l'on est rapidement charmé par la variété des lieux à découvrir ou encore la taille de la carte, difficile de passer sous silence l'incroyable retard technique qu'affiche cette production.Jouabilité
7 Toutes les touches sont réquisitionnées, ce qui réclamera un certain temps d'adaptation. Signalons également quelques soucis de caméra ou encore de visée automatique.Son
8 Difficile de prendre à défaut l'ambiance de sonore de Bully qui s'articule autour de musiques d'ambiance et de bruitages réussis et des doublages restés en anglais convaincants.Durée de vie
8 La carte est très grande, les missions nombreuses et les activités annexes en pagaille. Il vous faudra bien 30 à 40 heures de jeu avant d'en voir le bout !Fun
8 Si l'on est quelque peu déçu par la réalisation graphique et technique, on est rapidement séduit par ce portage audacieux de la recette GTA à l'univers scolaire !
• L'ambiance et le fun qui se dégagent à chaque partie
• Bilan technique pas très flatteur Verdict : 7.5En définitive, Bully n'a rien perdu de ses qualités lors de son passage sur la machine de Microsoft et les possesseurs de Xbox 360 trouveront là un excellent moyen de patienter jusqu'à la sortie de GTA IV. Incroyablement fun et varié, transposant avec brio le concept de GTA à l'univers scolaire, Bully Scolarship Edition ne souffre réellement que d'un seul défaut : son adaptation trop tardive sur le support. Difficile en effet de s'extasier aujourd'hui sur un rendu graphique aussi dépassé et des lacunes techniques trop nombreuses et ce à quelque semaines seulement de l'arrivée de GTA IV sur le même support ! Néanmoins, ne vous détrompez pas, le titre de Rockstar reste un excellent GTA-Like et devrait sans mal convaincre les amateurs du genre |
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