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Spécial 360

Premières impressions sur Silent Hill : Downpour | le 23 février 2012 à 9h40, par

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Quelques semaines avant sa sortie nous avons pu plonger dans l’univers brumeux de Silent Hill. Même lieu mais nouveau héros et nouvelle intrigue pour un jeu qui respecte à la lettre les codes de la série. Une ambiance qui oscille entre rêve (ou cauchemar) et réalité, un village abandonné, des rencontres énigmatiques, cet épisode distille les ingrédients du malaise sans plonger le joueur dans la terreur des premiers épisodes. Voici donc nos impressions manette en main.Un prisonnier dans la brumeLa série Silent Hill a su, en l’espace de deux premiers épisodes terrifiants, se faire une place au soleil dans le petit univers embrumés des Survival Horror. Mais le temps use tout et par-dessus tout la force des sentiments, l’amour comme la peur. Ce qui était au départ l’un des jeux les plus angoissants de sa génération est devenu progressivement un diesel de la flippe. Pourtant la voie était dégagée (un comble dans l’univers de Silent Hill où tout commence par une sortie de route) avec la sortie de piste de Resident Evil qui bifurque désormais en ligne droite vers l’action. Mais la série elle-même n’a pas réussi à passer à la vitesse supérieure et en guise d’évolution on a parfois eu le sentiment que la série tournait un peu en rond.

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Bien décidé à remettre la série sur les bons rails de l’angoisse, Konami a donc confié cet opus au studio tchèque Vatra dont le seul fait d’armes aura été le reboot de la série Rusn’n’Attack Ex-Patriot sur le XBLA. Un reboot qu’il ne faut pas attendre pour cet épisode puisqu’il se situe dans la droite ligne de ses prédécesseurs. Doit-on être déçu pour autant? Bien au contraire, comme nous allons le voir. Vous incarnez pour la première fois Murphy Pendleton, un prisonnier sans aucun rapport avec les personnages déjà croisés dans la série. Après une introduction qui pose l’ambiance (et dont nous tairons volontairement le contenu) vous voici en route vers une nouvelle prison à bord d’un bus de prisonnier. Silent Hill, une route, et là, surprise, c’est l’accident. Vous reprenez vos esprits, les jambes en coton et l’esprit dans le brouillard.On n’y voit goutte ici !Fidèle à la série, ce Silent Hill nous plonge donc dans les brumes des alentours de Silent Hill. L’occasion d’apprécier le rendu graphique très particulier et franchement agréable. Tout est cotonneux et un peu flou, ce qui nous change de l’aliasing un peu trop agressif de nombreux jeux récemment sortis. Murphy se révèle un peu pataud mais très maniable. La musique si présente dans Silent Hill est à nouveau à l’honneur et cette fois c’est le talentueux Daniel Licht qui est à la baguette. Connu et reconnu pour son travail d’orfèvre sur la BO de Dexter, ce compositeur s’est déjà frotté aux ambiances horrifiques et aux endroits maudits puisqu’on lui doit également la BO de deux films Amityville. La rencontre de ces deux univers musicaux très fort est un régal pour les oreilles et participe avec classe à l’ambiance pesante du titre. Une ambiance qui ne vous fera pas non plus sursauter (tout du moins de ce que nous avons pu essayer) mais qui distille avec efficacité une atmosphère onirique et surnaturelle.

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Le jeu lui-même est très classique dans son gameplay et on appréciera de pouvoir choisir un niveau de difficulté séparé pour les combats et les énigmes du jeu. A peine remis de vos émotions, une lampe de poche pour meilleur allié, vous traverser un précipice sans fond, en équilibre sur un tronc d’arbre. Tronc d’arbre qui ne manquera pas de s’effondrer dans le vide, vous interdisant tout retour en arrière. C’est alors qu’entre en scène une femme en uniforme qui a survécu comme vous à l’accident. Elle vous tient en joue depuis le bord du précipice et décide de vous rejoindre au risque de tomber. Elle trébuche et vous voilà devant votre premier cas de conscience et choix moral à faire : allez-vous la sauver ou non. A vous de choisir, mais que l’on se prenne pour le bon samaritain ou bien que l’on s’en aille sans sourciller le résultat est le même, la miss finit par tomber et disparaître dans les limbes. Vous poursuivez alors votre exploration de la ville et vous devez rapidement vous rendre à l’évidence : toutes les maisons se ressemblent et il va falloir être très attentif pour ne pas tourner en rond.Le grand manègeUne vigilance de tous les instants qui sera d’ailleurs mise à mal par l’absence total d’aide à l’écran. Pas de boussole magique qui vous indique toujours la bonne direction ni même d’aide contextuelle pour vous révéler une interaction possible lorsque vous passez près d’un objet. Si les objets que l’on peut ramasser son en légère surbrillance, aucun indicateur ne vient troubler l’atmosphère du jeu. De même, aucune barre de vie ne vous indiquera votre état de santé, mais vous pouvez compter sur la dégradation de votre apparence physique pour vous informer de votre état général. Un choix qui permet au titre de jouer à fond sur son ambiance, définitivement le point fort de ce Silent Hill Downpour. Côté gestion de l’inventaire on peut porter un seul objet en permanence (sans compter les objets de quête) et pour vous simplifier la vie les développeurs ont pensé à vous permettre de fixer votre lampe à votre ceinture. Les armes se divisent d’ailleurs en deux catégories, les outils qui permettent en plus de briser les cadenas et les armes plus classiques (couteau, bâton).

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Votre exploration pour tenter de fuir cet endroit vous emmène dans un hôtel abandonné, puis dans une vaste pièce de cuisine. Le gaz fuit, vous fermez la vanne d’urgence mais déclenchez alors une alarme, le niveau de l’eau monte alors dangereusement dans la pièce. Le jeu bascule totalement dans le cauchemar quand vous parvenez à stopper l’eau (un élément qui semble avoir une relation particulière avec le héros, d’où le titre). Le décor explose sous vos yeux et se décompose pans par pans pour laisser place à un univers parallèle. Des structures métalliques géantes, des engrenages, des passerelles rouillées, vous voilà perdu. Les choses ne s’arrangent pas puisque vous êtes très vite poursuivi par un ectoplasme rouge dont le contact est fatal. S’en suit une course poursuite qui regorge de trouvailles graphiques comme ce coin de couloir qui fuit à votre approche ou encore cet escalier sans fin. Un coup d’œil par-dessus votre épaule (LB) et vous vous apercevez que vous êtes en bas de l’escalier, à deux pas d’une porte de sortie.

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A peine remis de vos émotions, vous devrez résoudre quelques énigmes assez simples dans des décors torturés. Votre quête d’un ticket de sortie (au sens propre puisque vous cherchez à emprunter un téléphérique désaffecté) vous emmène ensuite dans le sous sol inquiétant d’une énième bâtisse. L’ambiance descend également d’un palier dans le malsain puisque vous surprenez un autre évadé en train de rouer de coups une pauvre femme sans défense. Le temps de le repousser et vous comprenez trop tard qu’il était en fait en train de combattre une créature dotée de longues pointes en guise de doigts. Le combat qui s’en suit permet d’utiliser le lock et de parer sans trop de stress pour ensuite achever à coup de couteau la créature. Votre fuite s’accélère quand, de retour dans la rue, vous êtes entouré par trois de ces créatures. Murphy n’est pas un John Mac Lane en herbe et la meilleure option reste la fuite, ponctuée par les cris stridents des créatures et une vision qui se trouble à chaque fois. Une chose est sûre, Silent Hill se la joue survival et les amateurs du genre trouveront un jeu calibré pour entretenir le malaise et une certaine tension.

Avec sa réalisation correcte et surtout son ambiance toujours aussi particulière, mélange d’apparitions furtives, de séquences de poursuites et de passages dans un univers parallèle torturé, Silent Hill DownPour remplit déjà le cahier des charges de tout bon survival horror. Même si les énigmes ne nous ont pas paru très complexes, il est en revanche très facile de tourner en rond ou encore de rater un objet à récupérer pour avancer dans l’histoire. Des choix de gameplay qui contrastent avec le prêt à jouer de nombreux jeux plus orientés vers l’action mais qui feront le bonheur des amateurs de Survival Horror en général et de Silent Hill en particulier lors de sa sortie prévue pour fin mars.

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