Evénement XBOXONE - On a joué à The Division

On a joué à The Division

On a joué à The Division

Pour clôturer sa conférence de presse de l’E3 2013, Ubisoft avait dévoilé The Division. C’était il y a éternité pour un monde du jeu vidéo où tout va souvent très, voir trop vite. C’est donc presque trois années après cette annonce que nous sommes allés tester le jeu à Malmö en Suède. Pas question de chasser le grand cerf en compagnie de notre Zlatan international mais bien de se rendre là où se trouve le studio en charge du projet : Massive Entertainment. L’occasion de tester en profondeur le jeu et de constater que les bonnes impressions laissées par l’Alpha sur Xbox One sont confirmées et plus encore.


Un univers réaliste et vraisemblable

Depuis son annonce, The Division s’est finalement montré assez discret. Le projet est ambitieux et le studio a donc eu le temps de peaufiner son jeu. Il faut rappeler qu’entre temps un certain Watch Dogs, a reçu un accueil assez mitigé. Pas question donc de reproduire les mêmes erreurs pour The Division qui partage, de prime abord, pas mal de point commun avec Watch_Dogs. Un jeu en Monde Ouvert et un thème d’anticipation politique assez sombre, voilà qui pourrait suffire à rapprocher les deux titres. Pourtant, manette en main on comprend très vite qu’il n’en est rien et que le Manhattan coupé du reste du monde car en proie à une épidémie incontrolée n’a rien à voir avec le Chicago ultra connecté d’Aiden Pearce.

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The Division est estampillé Tom Clancy, ce qui peut étonner puisque pour une fois on n’incarne pas un super soldat d’élite qui va sauver le monde à lui tout seul. Pas de Sam Fischer ni de commando Ghost à la rescousse, ici vous allez rentrer dans le costume de monsieur ou madame tout le monde. Un simple habitant de Manhattan qui va être enrôlé dans une milice officielle (La fameuse Division) pour rétablir l’ordre dans les rues. Le monde très sombre qui sert de décor au jeu s’inspire d’un scénario catastrophe simulé par les Etats-Unis au début des années 2000. Baptisé Dark Winter, cette simulation avait pour but d’évaluer la capacité du pays à réagir face à une attaque terroriste bactériologique. Évidemment le résultat fut effrayant et la conclusion sans appel : le chaos régnerait en quelques jours sur l’ensemble des grandes villes. Manhattan, particulièrement exposée et isolée est donc votre point de départ.

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L’un des points forts de The Division réside dans cette ville imaginée par les développeurs. L’ambiance de fin du monde et de déréglement généralisé impressionne dès les premières minutes. La sensation de parcourir une ville où plus rien ne bouge est entretenue par une reconstitution méticuleuse d’un quotidien qui s’est arrêté de fonctionner, où les déchets s’entassent, les voitures sont à l’arrêt et les salles de sport d’hier sont devenues des hopitaux de fortune. À l’écran, les rues de New York sont reproduites avec une précision étonnante que le cycle jour nuit et la météo dynamique viennent sublimer. Des changements spectaculaires qui viennent modifier les conditions de jeu comme lorsqu’une tempête de neige vous plonge dans un brouillard qui masque les ennemis à plus de 10 mètres. On s’arrête régulièrement pour admirer un panorama dévasté, on avance à pied entre deux couloirs d’immeubles pour finalement déboucher sur un bâtiment iconique de la ville, bref on parcourt cette ville avec le sentiment que tout cela est crédible. Un tour de force qui plonge le joueur dans l’aventure avant même d’avoir rencontré les premiers ennemis.



Un mélange des genres sans équivalent

Au fil des mois et des présentations les joueurs ont peut être eu du mal à cerner la proposition de The Division. Le décor rappelle les gros jeux d’action à la mode, on pourrait s’attendre à un TPS musclé ou encore à un GTA-like dans un New York contaminé.  Le jeu de Massive Entertainment est en fait un mélange sans équivalent qui s’appuie sur trois axes comme nous le rappelle Julian Gerighty, Creative Director sur le projet : Online / Open World / RPG.  

La partie Online vous plonge dans un jeu pensé comme un MMO mais que l’on peut parcourir en solitaire. Les parallèles avec Destiny sont nombreux, on retrouve cette même structure de missions scénarisées dans un monde plus ou moins persistant sur lequel se greffe une multitude de missions annexes et d’activités aléatoirement activées. Rencontres d’ennemis, civils à sauver, soldats à épauler, le tout ne brille pas forcément par son originalité mais une fois encore la cohérence de l’ensemble est remarquable. The Division propose une aventure à partager mais peut tout aussi bien être parcouru en solo. Les missions scénarisées vous invite à reprendre le contrôle des points vitaux de Manhattan pour petit à petit rétablir les services et faire reculer les zones contaminées. Les missions principales sont reliées aux trois axes de développement de votre base : Médical, Sécurité et enfin Technologie. Une dimension « Housing » là encore inspirée des MMO et qui rapproche The Division d’un autre jeu lui aussi inclassable : State of Decay. Le jeu d’Undead Labs, malgré toute la sympathie qu’on a pour lui, ne tient pas longtemps la comparaison avec celui développé par les studios d’Ubisoft. Techniquement la version Xbox One était remarquable et le gameplay était lui aussi d’une précision redoutable.

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Nous avions déjà pu parcourir Manhattan il y a quelques semaines lors de la phase d’Alpha confidentielle et l’aspect Open World (Monde Ouvert) nous avait déjà convaincu. Lors de cette nouvelle session, nous avons pu découvrir beaucoup plus de contenu, des missions et bien sûr des options de développement qui étaient verouillées pendant la phase Alpha. Le joueur aura progressivement accès à de nouvelles compétences, de nouveaux équipements en débarrassant progressivement l’île des gangs d’émeutiers, en repoussant les anciens prisonniers qui se sont regroupés pour établir une société parallèle en profitant du chaos généralisé et enfin en combattant un groupe qui a décidé d’éradiquer le virus sans faire de distinction entre la population infectée et les survivants qui sont coincés entre deux eaux. Les Cleaners, sont organisés et leurs lanc-flammes sont leur signature. Tous ces ennemis sont très agressifs dans leur comportement et la moindre escarmouche vous demande de rester organisé pour ne pas vous faire déborder. L’aspect tactique des combats est omniprésent et la signature Tom Clancy se rappelle ainsi à notre bon souvenir. Pas de bouton pour sauter dans tous les sens et un système de couverture très efficace qui rappelle celui de Ghost Recon  et qu’avait déjà repris Watch_Dogs avec succès.

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Les combats ne sont pas pour autant des escarmouches qui mettront vos réflexes à rude épreuve et c’est là qu’il faut insister sur l’aspect profondément RPG de The Division. Loin des affrontements d’un FPS multi-joueurs, les combats de The Division sont beaucoup plus posés. L’action est assez lente, réaliste, le joueur qui ne reste pas à couvert tombe en quelques rafales. Il faut donc utiliser à bon escient les décors, ce qui met en valeur un level design qui rend hommage à la reconstitution complexe des environnements où vous allez évoluer. On peut se planquer partout, contourner l’ennemi, profiter des étages accessibles, parfois rentrer dans les bâtiments. Les zones de Manhattan sont divisées en fonction du niveau des ennemis rencontrés et il sera impossible pour un joueur de niveau 5 d’espérer battre un groupe de simples vagabonds de niveau 15. Les tirs à la tête sont ici des dégâts critiques, bref, malgré un parti pris graphique ultra réaliste, le gameplay est en revanche un Action- RPG sans concession où l’action ne rime pas avec temps de réaction. Cet aspect RPG est bien sûr omniprésent dans la progression du joueur puisque l’on va petit à petit débloquer de nouvelles compétences mais aussi acquérir du matériel de plus en plus puissant pour se battre et encaisser les coups. Ces améliorations sont divisées en famille de rareté selon un code de couleur blanc –bleu –orange – violet qui ne laisse aucun doute sur les inspirations du jeu. On restera d’ailleurs impressionnés par le nombre de mods disponibles pour personnaliser votre arsenal. Chargeurs, viseurs, poignées, canons et autres peinture de guerre, le jeu permet de se constituer l’équipement selon votre style de jeu et en accord avec les compétences que vous allez équiper (maximum deux parmi celles débloquées dans votre base). On retrouve ainsi la possibilité de créer des soigneurs, des tanks et autres spécialistes du DpS pour ceux qui n’auraient pas encore compris la richesse du mélange des genres proposé par The Division.


Coopération et trahison

Seul ou accompagné d’un groupe de trois joueurs, vous allez donc devoir reprendre le contrôle de Manhattan. Votre rôle de sauveur et votre costume de défenseur de la veuve et de l’orphelin seront sans accroc dans le jeu qui vous oppose à des ennemis contrôlés par l’IA. Vous croiserez régulièrement d’autres joueurs en arpentant les rues de la ville avec lesquels vous pourrez faire équipe en créant à la volée des groupes de joueurs. Pour communiquer un système de chat de proximité s’active et si la langue est une barrière il vous restera les emotes accessibles via le D-pad de la manette. Une fois dans un groupe vous partagerez les missions et le leader pourra indiquer rapidement le chemin à suivre à l’ensemble de ses coéquipiers. Le pathfinding est très bien intégré aux environnements et, comme dans The Crew, il est au dessus de vos têtes, ce qui « force » naturellement le joueur à ne pas regarder ses pieds et donc à profiter des décors dans lesquels il évolue. Un détail en apparence mais au final une idée qui renforce l’immersion et l’aspect cinématographique de l’action déjà canalisé par le système de couverture très précis. Les combats sont tactiques et il sera par exemple impossible de sauter autrement que de façon contextuelle (contre un décor) tout comme vous ne pourrez pas faire le ménage à distribuant des coups de crosses.

Votre progression se fait donc main dans la main avec les autres joueurs ou bien façon loup solitaire. Deux façons de jouer contre l’ennemi en apparence mais une troisième voie se révèle quand vous pénétrez dans la Dark Zone. Sous cette appelation se cache certains quartiers clairement isolés sur la carte de Manhattan où le chaos règne encore plus qu’ailleurs avec des ennemis encore plus dangereux mais aussi et surtout où les joueurs peuvent, s’ils le veulent, s’affronter. Dans la Dark Zone les règles du jeu sont légèrement différentes puisque le danger peut venir également des joueurs humains que vous croisez. Ce danger n’est pas systématique et c’est là tout le sel de cette zone où règne en permanence un climat de suspicion. Les ennemis contrôlés par l’IA sont en effet très puissants et vous mettre à dos des joueurs en plus vous rendra la survie particulièrement ardue. D’autant plus qu’un joueur (et son groupe s’il est accompagné) sera automatiquement déclaré « Rogue » s’il ouvre le feu sur un autre joueur. Pendant la durée (limitée) de ce statut, sa position sera indiquée sur la carte aux autres joueurs présents qui pourront l’abattre sans devenir Rogue et obtiendront même un bonus pour leur action de justicier. En contre partie quand vous êtes Rogue (et que vous survivez) vous gagnez plus d’XP spécifique à la Dark Zone. Un modèle qui fonctionne assez bien finalement comme nous avions pu le constater pendant la phase de test alpha où naturellement les joueurs isolés ne prenaient pas le risque de se retrouver avec leur tête mis à prix. Cette mécanique qui instaure un climat presque paranoïaque produit en plus des relations inédites entre les joueurs qui, s’ils se croisent à nouveau, auront parfois le souvenir d’un coup de main ou d’un coup dans le dos ! On pourrait craindre un aspect très chaotique mais cela encourage cependant les joueurs à se regrouper pour survivre. Quand viendra l’heure de rejoindre un groupe, les adeptes des coups fourrés seront peut-être mis à l’écart. Un principe de gameplay qui développe un fonctionnement virtuel de société presque effrayant, un système en auto-régulation qui reflète bien l’ambiance du jeu. 


Nos Impressions

The Division propose un mélange des genres unique qui va puiser dans le MMMO une structure narrative qui fait cohabiter monde persistant en ligne et instances de missions que l’on peut parcourir en solo. Son étiquette Tom Clancy s’explique au-delà de son ambiance avec un gameplay de combat très tactique. Les ajouts typés RPG donnent une teinte unique aux combats qui se révèlent beaucoup plus riches et moins action que ce que les vidéos peuvent laisser penser. Il faut dire et même souligner que cette impression spectaculaire est portée par une direction artistique extrêmement soignée qui nous propose des environnements d’une vraisemblance et d’une cohérence sans faille. Le sentiment de parcourir une ville abandonnée où règne le chaos est à lui seul un moteur pour motiver le joueur. Au-delà de cette ambiance, la technique est convaincante avec en particulier de nombreux effets de lumière, des changements climatiques parfois brutaux et bien sûr un cycle jour / nuit qui vient renforcer l’immersion dans le jeu. Sur la durée, on peut noter que les options d’améliorations sont très nombreuses tout en restant très accessibles dans leur présentation. Ubisoft a d’ores et déjà annoncé de nombreux contenus supplémentaires pour soutenir le jeu « End Game ». On peut donc s’attendre à de nombreux DLC, certains gratuits, d’autres inclus dans le Sason Pass pour garantir sur la durée le plaisir de libérer Manhattan. Il ne reste plus qu’à attendre la sortie du jeu pour voir si les serveurs seront à la hauteur du jeu promis. En attendant le mois de mars, The Division sera en phase Bêta du 29 au 31 janvier sur PS4 et dès le 28 janvier sur Xbox One. 

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